Passeport portugais électronique : simple formalité au consulat
Vendredi 7 novembre 2008
Passeport électronique portugais
Mon nouveau passeport portugais est arrivé jeudi matin. Je l’avais demandé lundi, au consulat du Portugal à Paris. Sans encombre, sans anicroche, et il est très beau :)

Emblème du Portugal en filigrane
C’est le premier des documents administratifs portugais à répondre aux normes les plus modernes de sécurité. Il fait partie des documents européens aux normes internationales reconnues dans le monde entier, ce qui permet à un ressortissant portugais de ne pas avoir besoin de visa pour voyager aux États-Unis par exemple. C’est un petit bijou du savoir faire portugais, tant technique que – et surtout – artistique.

Intérieur du passeport

Détail de la couverture du passeport
L’imprimerie nationale, l’INCM, Instituto Nacional da Casa da Moeda (Institut National de la Maison de la Monnaie) est en charge d’imprimer le passeport. C’est également la Maison de la Monnaie qui fait les billets de banque, par exemple. Pour l’anecdote, le directeur du cours de Design et Technologie des Arts Graphiques à Tomar (mes études) avait été le directeur auparavant pendant plusieurs dizaines d’années de l’INCM. Autant dire que je suis assez sensible à la question de l’impression et du design de ce document.

On peut distinguer la célèbre phrase de Fernando Pessoa : "a minha pátria é a lingua portuguesa"
Aucun détail n’a été négligé. L’emblème de l’Etat Portugais en filigrane est splendide, c’est vraiment un très beau design. Et parlons en de ce design! Ce n’est pas moins que Henrique Cayatte, la plus grande sommité portugaise en design graphique (ou du moins le plus connu) qui a conçu ce très joli passeport. En tant que designer graphique issu d’une école de design portugaise, j’applaudis le choix du Portugal à faire des documents administratifs soignés, tant au niveau de la technique que de la présentation.

Gros plan sur l'impression

L'aspect visuel du passeport change selon la lumière
Henrique Cayatte a utilisé des illustrations de l’artiste Julio Pomar. On peut d’ailleurs voir la signature de l’artiste sur l’intérieur de la couverture. Les illustrations représentent deux des plus grands écrivains lusitaniens : Camões et Pessoa. Ce passeport regorge de détails de sécurité. Heureusement, vu le prix qu’il m’a couté (70 euros au Consulat, + les frais de port en urgence, soit 100 euros au total…).

Signature de Julio Pomar
Ce qui m’a le plus impressionné dans ce nouveau passeport, c’est surtout l’inclusion de la photographie, au sein même du papier. C’est franchement quasi impossible à falsifier, les faussaires vont avoir beaucoup de mal, à moins de réussir à développer le même type de machines et la même expertise que l’INCM : autant dire qu’ils peuvent oublier, c’est encore plus sûr que les billets de banque modernes.

Premières pages du passeport

Dernière page, avec une illustration de Julio Pomar

Données du passeport, lumière normale
On distingue, à lumière normale, plusieurs éléments de sécurité, et cette curieuse tâche jaune sur la droite, en dessous du lieu de naissance. Si on regarde la feuille contre une lumière banale, on s’aperçoit que cette tâche jaune est en fait notre photographie.

Feuille des données personnelles
C’est assez bluffant je dois dire, c’est une formidable technique de filigrane évolué : la feuille est microperforée au laser. En bref : je vais pouvoir voyager en toute tranquilité avec mon tout nouveau passeport, qui n’est plus qu’une simple formalité. De nos jours, on en a de moins en moins besoin avec l’espace Schengen, quand je pense que la dernière fois que je me suis servi d’un passeport, je devais avoir 8 ou 9 ans, en passant la frontière espagnole en Renault 18 avec mes parents… que de souvenirs :)


















