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Passeport portugais électronique : simple formalité au consulat

Vendredi 7 novembre 2008
Passeport électronique portugais

Passeport électronique portugais

Mon nouveau passeport portugais est arrivé jeudi matin. Je l’avais demandé lundi, au consulat du Portugal à Paris. Sans encombre, sans anicroche, et il est très beau :)

Emblème du Portugal en filigrane

Emblème du Portugal en filigrane

C’est le premier des documents administratifs portugais à répondre aux normes les plus modernes de sécurité. Il fait partie des documents européens aux normes internationales reconnues dans le monde entier, ce qui permet à un ressortissant portugais de ne pas avoir besoin de visa pour voyager aux États-Unis par exemple. C’est un petit bijou du savoir faire portugais, tant technique que – et surtout – artistique.

Intérieur du passeport

Intérieur du passeport

Détail de la couverture du passeport

Détail de la couverture du passeport

L’imprimerie nationale, l’INCM, Instituto Nacional da Casa da Moeda (Institut National de la Maison de la Monnaie) est en charge d’imprimer le passeport. C’est également la Maison de la Monnaie qui fait les billets de banque, par exemple. Pour l’anecdote, le directeur du cours de Design et Technologie des Arts Graphiques à Tomar (mes études) avait été le directeur auparavant pendant plusieurs dizaines d’années de l’INCM. Autant dire que je suis assez sensible à la question de l’impression et du design de ce document.

On distingue la célebre phrase de Pessoa : a minha pátria é a lingua portuguesa

On peut distinguer la célèbre phrase de Fernando Pessoa : "a minha pátria é a lingua portuguesa"

Aucun détail n’a été négligé. L’emblème de l’Etat Portugais en filigrane est splendide, c’est vraiment un très beau design. Et parlons en de ce design! Ce n’est pas moins que Henrique Cayatte, la plus grande sommité portugaise en design graphique (ou du moins le plus connu) qui a conçu ce très joli passeport. En tant que designer graphique issu d’une école de design portugaise, j’applaudis le choix du Portugal à faire des documents administratifs soignés, tant au niveau de la technique que de la présentation.

éléments de sécurité

Gros plan sur l'impression

Laspect visuel du passeport change selon la lumière

L'aspect visuel du passeport change selon la lumière

Henrique Cayatte a utilisé des illustrations de l’artiste Julio Pomar. On peut d’ailleurs voir la signature de l’artiste sur l’intérieur de la couverture. Les illustrations représentent deux des plus grands écrivains lusitaniens : Camões et Pessoa. Ce passeport regorge de détails de sécurité. Heureusement, vu le prix qu’il m’a couté (70 euros au Consulat, + les frais de port en urgence, soit 100 euros au total…).

Signature de Julio Pomar

Signature de Julio Pomar

Ce qui m’a le plus impressionné dans ce nouveau passeport, c’est surtout l’inclusion de la photographie, au sein même du papier. C’est franchement quasi impossible à falsifier, les faussaires vont avoir beaucoup de mal, à moins de réussir à développer le même type de machines et la même expertise que l’INCM : autant dire qu’ils peuvent oublier, c’est encore plus sûr que les billets de banque modernes.

Premières pages du passeport

Premières pages du passeport

Dernière page, avec une illustration de Julio Pomar

Dernière page, avec une illustration de Julio Pomar

Données du passeport, lumière normale

Données du passeport, lumière normale

On distingue, à lumière normale, plusieurs éléments de sécurité, et cette curieuse tâche jaune sur la droite, en dessous du lieu de naissance. Si on regarde la feuille contre une lumière banale, on s’aperçoit que cette tâche jaune est en fait notre photographie.

Feuille des données personnelles

Feuille des données personnelles

C’est assez bluffant je dois dire, c’est une formidable technique de filigrane évolué : la feuille est microperforée au laser. En bref : je vais pouvoir voyager en toute tranquilité avec mon tout nouveau passeport, qui n’est plus qu’une simple formalité. De nos jours, on en a de moins en moins besoin avec l’espace Schengen, quand je pense que la dernière fois que je me suis servi d’un passeport, je devais avoir 8 ou 9 ans, en passant la frontière espagnole en Renault 18 avec mes parents… que de souvenirs :)

Santos-Dumont, père de l'aviation

Vendredi 17 octobre 2008
Alberto Santos-Dumont

Alberto Santos-Dumont

Au début du XXème siècle, l’aviation en était à ses balbutiements. C’est grâce à la persévérance de quelques personnes si aujourd’hui nous pouvons tranquillement prendre un avion et voyager jusqu’à l’autre bout du monde en quelques heures. Un petit Paris – Lisbonne en avion de chez TAP en deux heures, ça dit quelque chose à quelqu’un?

Alberto Santos-Dumont était l’un de ces « illuminés ». Né en 1873 au Brésil dans une ville qui porte aujourd’hui son nom en son honneur, il était issu d’une riche famille brésilienne d’émigrés français par son père et portugais par sa mère. Lecteur assidu de Jules Vernes, il démontra très tôt beaucoup d’interêt pour la mécanique et le pilotage, conduisant les locomotives de la fazenda familiale (grande propriété agricole) pour transporter le café, ou en réparant différentes machines. Lors d’un premier voyage à Paris, en 1891, il observe pour la première fois de sa vie un moteur à essence. Il en rapportera un au Brésil, un moteur Peugeot, le premier de ce type au Brésil.

En 1897, déjà installé en France, il embaucha des instructeurs privés pour lui apprendre à manÅ“uvrer des ballons. Très vite il devint maître en la matière : en 1900, il avait déjà construit 9 ballons. Deux de ses ballons passeront à la postérité : le « Brazil » et le « Amérique ». Le premier fut le plus petit des aéronefs de l’époque jamais construit, et il obtint une honorable quatrième place avec le second lors de la coupe des Aéronautes qui eu lieu en 1899.

Mais tout ces vols n’étaient pas contrôlés, et Santos-Dumont cherchait le moyen de diriger ses ballons, de les transformer en ce qu’on appelle aujourd’hui des Dirigeables. Il créa donc une série de ballons motorisés et dotés de gouvernails. Il participera et remportera le Prix Deutsch de la Meurthe, un prix institué par une famille de mécènes de l’aviation. Il s’agissait de faire un aller retour entre Saint Cloud et la Tour Eiffel (environ 10 kms) en moins de 30 minutes. Santos-Dumont remporte le prix en 1901, un an après le lancement du Prix, avec son ballon n.°6, après plusieurs tentatives. Il répartira le prix, 100 000 francs (ce qui équivaudrait à 320 000 euros) entre les employés de son atelier et les pauvres de Paris. Ce prix lui apportera la gloire et une popularité mondiales. Il reçu les honneurs du président brésilien, Campos Salles qui lui donna le même montant que le prix Deutsch, du prince Albert I de Monaco qui l’invitait à venir travailler à Monaco et fut reçu par le président américain Théodore Roosevelt à Washingthon (il en profita pour visiter les labos de Edison…).

Ballon dirigeable numéro 9, de Santos-Dumont

Ballon dirigeable numéro 9, de Santos-Dumont

A la suite de cette période, il se remit au travail, avec un nouvel objectif : construire un appareil volant plus lourd que l’air, par opposition aux ballons et dirigeables. A l’issue de ce travail et de nombreuses tentatives, il fini par fixer le premier record de l’aviation mondiale, inscrit officiellement. Le 12 novembre 1906 au parc de Bagatelle (bois de Boulogne), il parcourt en vol 220 mètres en 21 secondes, à la vitesse de 41,3 km/h avec son 14 bis surnommé « l’oiseau de proie », un biplan à moteur d’une puissance de 50 CV. Il remporta par la même occasion le Prix de l’Aéroclub de France. Les vols accomplis par Santos-Dumont lors de cette journée furent également les premiers vols filmés par une compagnie de cinéma, Pathé.

Vidéo du premier vol d’un avion sans catapulte

Santos-Dumont est la première personne a avoir réussi à faire décoller un avion par ses propres moyens. Les frères Wright avaient utilisé une catapulte, pour leurs vols, et n’avaient pas été homologués. Santos-Dumont était effectivement la star internationale à l’époque de l’aviation moderne, et est, à juste titre, considéré comme étant celui qui l’a popularisé.

Le 14 bis

Le 14 bis

Son rêve était que tout le monde puisse un jour avoir un avion personnel : il développa en ce sens le « Demoiselle », visible sur la vidéo suivante, destiné à être l’avion de monsieur tout le monde. Il ne voyait donc pas d’un bon oeil la tournure que prit l’aviation commerciale, qui pariait de plus en plus sur de gros avions…

Santos-Dumont n’a jamais déposé de brevet pour le « demoiselle », son petit monoplan motorisé : il voulait que tout un chacun puisse réaliser son propre avion, afin de pousser à l’innovation. Il était donc également un pionnier de l’open source :D Ce fait augmenta encore sa popularité, et il commença même à vendre des versions améliorées de ces avions en kit! Roland Garros fera ses premiers vols avec un « demoiselle ».

La demoiselle de Santos-Dumont en plein vol

La demoiselle de Santos-Dumont en plein vol

Avec la première guerre mondiale et l’utilisation de l’aviation naissante à des fins militaires, Santos-Dumont fut profondément peiné et dégouté. En 1910, on lui diagnostiqua la sclérose en plaques, qui lui donnait une vision double et des vertiges. Il ne pouvait plus conduire une automobile, encore moins un avion. Sa maladie le mena à une depression toujours plus importante.

Ne pouvant plus se consacrer a sa passion, l’aviation, il se consacra à l’astronomie, à partir de sa résidence près de Trouville. En 1914, les habitants locaux, ne connaissant pas Santos-Dumont et trouvant bizarre son accent, qu’ils croyaient allemand, le dénoncent aux autorités, pensant que le télescope de notre ami aviateur était un instrument d’espionnage. Il fut emprisonné et sa maison perquisitionnée. L’état français s’en excusera formellement. Il continue toujours d’inventer, avec par exemple un moteur conçu pour les skieurs ou une douche spéciale d’eau chaude …

Il repartit dans son pays natal, le Brésil, en 1928, mais la série noire qui l’accablait allait continuer. Une douzaine de membres de la communauté scientifique brésilienne, voulant accueillir le héros Santos-Dumont firent un vol en hydravion en l’honneur de Santos-Dumont, mais l’aéronef s’écrasa sous ses yeux: aucun n’en réchappera, aggravant encore sa dépression. Il fut décoré de la légion d’honneur en 1930, mais se suicidera finalement en 1932, terrassé par le bombardement d’un soulèvement populaire à São Paulo.

Santos-Dumont en ballon

Santos-Dumont en ballon

La seule personne autorisée à piloter un des engins volants de Santos-Dumont était une jeune cubaine de 19 ans. C’est la première femme a avoir piloté un aéronef motorisé : Aida de Acosta, et  nous étions en 1903. Ses parents, affolés du comportement de leur fille, déciderent de l’éloigner du monde de l’aviation. Santos-Dumont ne l’oubliera jamais…

On doit également à Santos-Dumont la popularisation de la montre-bracelet. Santos-Dumont, lors d’une soirée en 1904 avec son ami Louis Cartier, s’était plaint qu’il ne pouvait pas regarder l’heure avec sa montre à gousset. Les montres-bracelet existaient déjà, mais étaient reservées au femmes. Cartier developpera le premier modèle masculin pour son ami Santos-Dumont, avec le succès qu’on lui connait. La prochaine fois que vous regarderez l’heure sur votre poignet, vous penserez à notre fou de l’aviation :)

Premier vol humain : Bartolomeu de Gusmão, inventeur de l'aérostat

Mardi 14 octobre 2008

En 1710, un prêtre Portugais né au Brésil fut le premier homme a avoir « volé ». Avec l’aide d’un engin de son invention, il sauta du Castelo São Jorge (Château Saint Georges) de Lisbonne, et « tomba » un kilomètre plus loin. Cet homme extraordinaire n’avait pas froid aux yeux, c’est le moins que l’on puisse dire !

Bartolomeu de Gusmão, par le peintre brésilien Benedito Calixto

Bartolomeu de Gusmão, par le peintre brésilien Benedito Calixto

Bartolomeu Lourenço de Gusmão, puisque c’est de lui qu’on parle, est né au Brésil en 1685. Il démontra très tôt ses immenses qualités d’inventeur, en ayant créé une machine pour son séminaire, qui permettait de transporter de l’eau jusqu’à l’édifice, situé sur une colline de 100 mètres de hauteur. Adolescent, il voyagea au Portugal, où il fut hébergé par le Marquis de Fontes. Il était à ce moment déjà reconnu pour son extraordinaire mémoire.

Il demanda le brevet pour son « invention pour faire monter l’eau à toute hauteur et distance que l’on désire », ce qui en fait de lui le premier des brésiliens à avoir déposé un brevet, en 1707. Mais il est surtout connu pour un brevet déposé en 1709, « l’instrument pour aller en l’air ». Ce brevet fit grand bruit en Europe, avec diverses représentations de l’invention, plus ou moins fantaisistes, en forme d’oiseau. L’invention serait connue sous le nom de « passarola », c’est à dire « oiseau femelle ». Cette représentation fantaisiste est en fait l’Å“uvre de son disciple, le fils du marquis qui l’hébergeait, une représentation nécessairement faussée pour protéger les principes de son invention. Ceci dans l’espoir d’éloigner les personnes qui demandaient sans cesse à voir l’objet volant. Il avait par exemple attribué la capacité de vol à son invention au magnétisme, principe « passe-partout » de l’époque pour expliquer à peu près tout et son contraire. Le véritable principe de son aérostat était celui de la poussée d’Archimède…

Il y avait déjà eu par le passé des approches d’aérostats, les chinois en parlaient déjà. Bartolomeu passe à un autre niveau avec sa « passarola », et fera donc en 1710 son premier vol. Ce n’est qu’au bout de plusieurs tentatives infortunées (plusieurs incendies de l’engin, qui utilisait la combustion d’alcool pour s’enlever dans les airs) qu’il réussit à faire un vol contrôlé de l’aérostat. Nous ne savons plus grand chose de ce à quoi pouvait ressembler le passarola, les documents originaux se sont malheureusement perdus.

Représentation fantaisiste de la Passarola

Représentation fantaisiste de la Passarola

Malgré plusieurs témoignages des plus grandes personnalités de l’époque (dont un futur pape, Innocent XIII), l’invention ne connu pas de suite, par manque de fins pratiques et dû à sa dangerosité. Bartolomeu de Gusmão, en proie à des démêlées avec la Sainte Inquisition suite à une campagne de diffamation contre lui, dû s’enfuir en Espagne. Il mourut à Tolède, emporté par une maladie contractée dans un hôpital qui l’avait hébergé. On était en l’an 1724, il n’avait pas fêté 40 ans, et on était encore à 59 ans du premier vol de la montgolfière…

C’est fou quand même le nombre de personnes extraordinaires que l’on peut rencontrer dans l’Histoire du Portugal, et qui ne sont pas du tout valorisées à leur juste valeur : il y a toujours quelqu’un pour mettre des bâtons dans les roues. Dieu sait ce qu’il aurait pu inventer ou créer de plus, s’il n’était pas tombé malade lors de son exil forcé… Il restera connu pour la postérité comme étant le « prêtre volant ».

Ordinateur Magellan : ordinateur pour écoliers et collégiens

Dimanche 28 septembre 2008
Computador Magalhães

Computador Magalhães

Le Portugal a une très forte volonté d’améliorer l’éducation de sa population, quel que soit son âge. C’est une priorité du gouvernement, qui au lieu de lancer des paroles vaines, concrétise réellement cet objectif, ou du moins essaie. D’importants programmes d’éducation pour adultes, et d’importantes initiatives modernes pour les plus jeunes démarrent cette année. Une de ces initiatives est le « Computador Magalhães« , Ordinateur Magellan. L’objectif de cet ordinateur est de faire en sorte qu’il n’y aie pas d’enfant de primaire qui ne sache pas se servir d’un ordinateur au Portugal.

Est-ce que le pari sera tenu? Seul l’avenir nous le dira, mais ce qui est sûr, c’est que l’Etat se donne les moyens de réussir son pari, avec cet ordinateur portable, le premier de fabrication nationale, à bas prix, pour tous. 500 000 ordinateurs ont été livrés pour les élèves de primaire, cette année ! Bas prix, cela veut dire « jamais plus de 50 euros ». Les enfants les plus pauvres ne paieront rien. Lorsque l’on sait qu’un élève coûte à sa famille environ 150 euros par an rien qu’en livres de classe, ce qui est énorme, il fallait bien que l’ordinateur soit à un si faible coût pour qu’il soit universellement adopté. Les modèles achetés dans le commerce peuvent coûter jusqu’à 285 euros : il existe dans le commerce le modèle « Descobrir » (découvrir), pour les enfants, et le modèle « 60 minutos » (60 minutes), qui est en fait adapté aux adultes qui font leurs premiers pas dans le monde de l’informatique. Le modèle distribué dans les écoles primaires pour une modique somme (qui varie donc suivant les revenus des parents) se nomme lui e-escolinha (e-petite école).

L’ordinateur est fabriqué à Matosinhos (banlieue de Porto), par l’entreprise portugaise JP Sá Couto, en partenariat avec Intel. C’est en fait l’évolution du Classmate PC d’Intel (donc bon, « technologie portugaise », c’est vraiment à mettre entre guillemets…). Il est tout petit et résistant ; il fallait bien, pour des enfants… Il possède des caractéristiques techniques tout à fait honnêtes, suffisantes pour accompagner l’enfant quelques années dans sa scolarité :

  • Processeur : Intel ULV 900Mhz
  • RAM : 1 Go
  • Disque Dur : 30 Go
  • Ecran : 9 pouces
  • Webcam, enceintes stereo, micro, 2 ports USB, port cartes SD, WiFi, ethernet.
  • Batterie : 3 heures
  • Système Opératif : Windows XP et Linux Caixa Magica (une distribution portugaise de Linux).

L’ordinateur est évidemment rempli de logiciels d’apprentissage, tous en Portugais. Sur Linux, ils ont installé Open Office, sur Windows, Microsoft Office.

Ordinateur pour enfants Magellan

Ordinateur pour enfants Magellan

Perso, je trouve que ce petit ordi est très bien équilibré, les enfants vont véritablement avoir un très bon outil entre les mains pour acquérir de bonnes bases en informatique, avec la part belle aux logiciels issus de l’open source (Linux, Firefox, Open Office), j’applaudis. Mais, comme partout, ce qui fera la différence au final, ce ne sont pas les outils, mais les professeurs chargés d’enseigner aux enfants à s’en servir…

Le Portugal, à travers le consortium constitué de JP Sá Couto, Prologica et Intel, a la volonté d’exporter dans le monde entier cet ordinateur. Et apparemment, ça a l’air de marcher, avec des commandes fermes d’un million d’ordinateurs de la part du Venezuela (info fraîche d’aujourd’hui).

Pour supporter les 180 euros de coût de fabrication à l’unité de chaque ordinateur, l’Etat compte sur les contrats d’internet mobile que les parents d’élève pourront signer pour leur Magalhães : les trois opérateurs de téléphonie mobile nationaux (TMN, Vodafone et Optimus) devront reverser une partie de l’argent à l’Etat.

Au final, avoir un ordinateur avec l’internet mobile est véritablement accessible à tous :)

Energie à partir de vagues : des pelamis au Portugal

Jeudi 25 septembre 2008
Logo Pelamis Wave Power

Logo Pelamis Wave Power

La première centrale de production d’électricité à partir de vagues exploitées commercialement au monde vient de voir le jour au Portugal, non loin de la ville de Povoa de Varzim, dans le nord du pays. C’est le Aguçadora Wave Farm. Près de 9 millions d’euros ont été déboursés pour pouvoir installer les trois pelamis qui vont générer les 2,25 MW de la « ferme à vagues ». De quoi alimenter 2200 maisons et économiser 2000 tonnes de CO2 par an ! C’est l’équivalent d’un générateur éolien (la technologie a donc encore des progrès à faire…).

L’investissement devrait d’ailleurs grandir très rapidement, avec l’acquisition de 28 machines qui pourront générer 525 MW, pour un coût de 70 millions d’euros.

Pelamis à Aguçadora

Pelamis à Aguçadora

Les pelamis, du nom d’un serpent de mer, sont des machines en forme de serpent de 150 mètres de long sur 3,5 de largeur qui permettent de produire de l’énérgie à partir de simples vagues, grâce aux mouvements des différents corps qui composent la machine. C’est une énergie renouvelable, contrairement aux énergies fossiles, non polluante, et à la portée de la grande majorité de l’humanité, qui vit sur le littoral. Les pelamis ont été développés en Écosse par l’entreprise Pelamis Wave Power Ltd (connue auparavant sous le nom de « Ocean Power Delivery »), avec les premiers tests concluants en 2004.

Logo energias de Portugal EDP

Logo energias de Portugal EDP

Le Portugal mise énormément sur les energies propres, et devient un acteur mondial de premier plan. La création du consortium « Ondas de Portugal », qui développe des projets expérimentaux dans l’énergie des vagues en est un exemple. Le consortium, de capitaux portugais (Energias de Portugal EDP à 45%, Efacec à 20%) et australiens (Babcock & Brown via leur filiale portugaise Enersis, 35%) se positionne comme une entreprise innovante. L’autre exemple, c’est que 35% de l’électricité produite par Energias de Portugal, (plus connue sous ses initiales EDP) provient d’énergies propres, et est devenue la 4ème plus grande entreprise au monde du secteur éolien, avec l’acquisition de l’entreprise américaine Horizon Energy Wind.

Maintenant, je me pose une question : pourquoi le pays n’a pas une seule centrale nucléaire ? Oui, on peut comprendre l’argument écologique, et la volonté de « faire propre », mais jusqu’à quel point ces énergies sont propres, justement ? Le pays est rempli de barrages et d’éoliennes, ce qui défigure énormément le paysage, et maintenant, on veut également remplir la côte de pelamis (même si c’est à 5 kms des côtes)… Une seule centrale nucléaire produirait la quasi totalité de l’électricité portugaise. Et permettrait à EDP d’arrêter d’acheter de l’électricité aux espagnols, qui la produisent justement à partir de centrales nucléaires proches de la frontière portugaise…

Logo Efacec

Logo Efacec

Quoiqu’il en soit, s’ils arrivent à augmenter le rendement des pelamis, le Portugal détiendra une technologie de premier ordre pour ceux qui veulent avoir une énergie écologique sans pour autant (trop) défigurer le paysage, avec un impact somme toute minime. Tiens, pourquoi pas Google, qui envisage justement de mettre une partie de ses centaines de milliers de serveurs en pleine mer, alimentés en électricité par des pelamis…
Un brevet a d’ailleurs été déposé en 2007, expliquant comment installer des serveurs sur « un ou plusieurs navires amarrés à un corps immergé à partir duquel l’énergie du mouvement naturel de l’eau peut être récupérée et transformée en électricité et depuis lequel de l’eau peut être pompée pour évacuer la chaleur ».

Quelques informations supplémentaires sur le fonctionnement des pelamis en vidéo :

Cette vidéo a été publiée par Greenpeace (c’est dire si c’est écolo comme technologie).

La suivante montre un pelamis en action.

Impressionant… :) Allez, faut que ça marche tout ça !

Internet au Portugal : Sapo, Clix, ADSL ou mobile ?…

Vendredi 12 septembre 2008
Logo de Sapo

Logo de Sapo

Il y a quelques années de ça, le Portugal était un peu en retard par rapport à l’offre ADSL d’Internet. Un seul gros opérateur avait le quasi monopole : Sapo. Sapo, entreprise de Portugal Telecom pratiquait des tarifs prohibitifs, mais la qualité était au rendez-vous. Un signal excellent, un service technique compétent. Je me souviens d’avoir eu un problème avec ma ligne téléphonique. Après un coup de téléphone, le technicien s’était déplacé jusque dans mon petit village perdu du district de Leiria le lendemain, et m’a illico réparé la connexion. Nous n’étions clairement pas nombreux à avoir l’ADSL à l’époque. Essayez de faire ça avec Free ou Neuf :)

Oui, je payais cher, bon passons.

Aujourd’hui, l’offre ADSL, et d’Internet en général, a bien changé. Sapo est toujours le leader national, avec le plus d’abonnés et la plus grande couverture, mais Clix, qui appartient au groupe privé de Belmiro de Azevedo (l’homme le plus riche du pays), SONAE , le talonne de peu. La concurrence apportée est venue améliorer de façon notoire la qualité du service au niveau des différentes offres, et les tarifs ont beaucoup baissé. Le seul problème qui réside en général aux connexions ADSL au Portugal, si on n’y fait pas attention, sont les limites de trafic : chaque opérateur limite la quantité de gigaoctets que l’ont peut télécharger. Les dépassements de trafic sont très coûteux, mieux vaut faire attention. Ah… que c’était difficile de télécharger les « photos de vacances » de mes amis sans se prendre une grosse pénalité financière !

Logo Clix

Logo Clix

Les entreprises sont partagées entre les deux grandes offres : Telepac, de Portugal Telecom, et Optimus, anciennement Novis. Optimus, c’est également la marque de téléphonie mobile de SONAE, ils ont dû trouver que c’était plus vendeur de regrouper les marques (un peu comme ce qu’a fait Wanadoo et Orange). L’opérateur Oninet, face au peu de succès obtenu près du grand public, s’est recentré sur le marché professionnel, et est un concurrent de poids pour les deux gros opérateurs Portugal Telecom et SONAE.

Les deux entreprises, Portugal Telecom et SONAE, avec leurs marques respectives, dominent ainsi la quasi totalité du marché, grand public ou pour les entreprises, mais d’autres acteurs sont en train de percer, avec d’autres technologies que l’ADSL. Il existe notamment beaucoup de petits opérateurs régionaux, ou de niche, qui vendent des produits spécifiques.

Logo de AR telecom

Logo de AR telecom

Simplesnet, par exemple, permet de payer à l’avance ce que l’on va consommer, sans abonnement. D’autres sont purement régionaux. AR Telecom propose un service innovant, basé sur la technologie Tmax, wireless : sans fil. Une offre triple play, d’internet, de téléphone et de télévision, mais qui ne dessert pas tout le territoire. Ils proposent également d’autres offres plus classiques, comme l’ADSL. L’entreprise est un acteur à surveiller pour les prochaines années. Pour 35 euros, si on choisit le payement automatique, nous avons également le trafic illimité. A priori, c’est ce que je conseillerais à mes parents si seulement ils étaient dans une zone couverte. Pour ceux qui ne l’avaient pas compris, « AR » veut dire « Air ».

Au sujet d’Internet mobile, il existe plusieurs offres alléchantes. Du fait de sa très bonne couverture en réseau 3G, le Portugal est à même de proposer un bon service d’Internet mobile, à prix accessibles. Le premier opérateur mobile qui nous vient à l’esprit, c’est Kanguru. Kanguru appartient à Optimus, et par conséquent, à SONAE, et fut le premier à pratiquer le net mobile à grande échelle. On se connecte n’importe où avec son ordinateur portable : la grande classe, mais, il faut croire que mes parents habitent une région très reculée : n’ayant pas le 3G d’Optimus, ils n’ont pas non plus l’offre internet mobile.

Logo Vodafone

Logo Vodafone

Vodafone, le célèbre opérateur international de téléphonie mobile, propose également le même type de service que Kanguru, en plus d’une offre ADSL classique. Il n’y a pas non plus de Vodafone mobile chez mes parents : les joies d’être à la frontière de deux concelhos (je précise que partout autour, il y a le réseau qui va bien). Ce type d’offres mobiles, comme en France, sont limitées au niveau du trafic. 6Go de téléchargement et 7Mo de vitesse pour l’offre la plus chère de Kanguru, pour 44,53 euros (ça, c’est ce qu’on appelle de la précision dans les prix). TMN, Le troisième opérateur de téléphonie mobile, qui appartient à Portugal Telecom et est leader du marché, propose également un service d’Internet mobile.

Logo TMN

Logo TMN

Finalement, après l’ADSL et l’Internet Mobile (sur réseau 3G), il faut également parler du Câble. Deux opérateurs historiques : Netcabo et Cabovisão. Netcabo, en agrandissant son offre en triple play (internet, téléphone et télévision), communique désormais sur une nouvelle marque : Zon. Zon a par ailleurs passé un accord récemment (juillet 2008) avec la plus grosse communauté WiFi du monde, FON : ce sont les foneros qui seront heureux, ça rajoute 2500 points d’accès en WiFi dans tout le pays pour tout ceux qui font partie de FON, et tout les abonnés de netcabo (450 000) deviennent automatiquement des foneros, comme en france ceux de neuf telecom. La nouvelle communauté wifi portugaise ZON@FON se donne pour objectif la création de 100 000 hotspots au Portugal, se qui couvrira la quasi totalité du territoire.

Cabovisão possède également une offre intéressante pour Internet… Le câble est à l’heure actuelle ce qui permet d’avoir les vitesses les plus performantes pour télécharger. Je pose toutefois une question : à quoi peuvent bien servir des vitesses supersoniques (on parle de 30 Mo), si les serveurs derrière ne sont pas capables de délivrer les informations à cette vitesse là ?

Logo Zon

Logo Zon

Les Portugais sont en général très friands de nouvelles technologies, il suffit de dire qu’il existe plus de numéros de téléphones portables actifs que de Portugais : il n’est pas rare d’avoir deux ou trois mobiles sur soi, un pour chaque opérateur. Les réseaux sont modernes et bien développés, et le Portugal sert de marché « test » pour les grands fabricants mondiaux et autres opérateurs de téléphonie. Beaucoup de services ont d’abord été lancés au Portugal, avant d’atteindre le reste du monde, notamment les services pré-payés. Ce qui explique, en partie, la non sortie de l’iPhone au Portugal : il était déjà trop vieux pour le marché portugais. En revanche, l’iPhone 2 est sorti, et bien parti pour être un leader de ventes. Et dispo sur deux opérateurs : Vodafone, et Optimus (regardez en France, seul Orange le propose…).

Vous l’aurez compris, vous avez l’embarras du choix en ce qui concerne les fournisseurs d’accès Internet au Portugal. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses :D