Articles taggés avec ‘politique’

Le Portugal est disponible pour héberger des détenus de Guantanamo

Dimanche 14 décembre 2008

Dans un souci de solidarité envers Barack Obama et sa décision d’en finir avec la prison de Guantanamo, le Portugal a proposé au président élu d’héberger des détenus provenant de cette prison, que certains qualifient d’inhumaine. 250 prisonniers y sont toujours détenus.
Les principales organisations humanitaires et des droits de l’homme, comme Amnesty, on salué cette décision du gouvernement portugais, la qualifiant de « courageuse », et exhortent les autres pays membres de l’Union Européenne à en faire de même.
Le Portugal accueillera les prisonniers qui ne peuvent plus revenir dans leurs pays d’origine, et dont la culpabilité n’a pas été fondée. 6 anciens prisonniers, représentés par l’ONG Reprieve, sont déjà prêts à arriver au Portugal.

Elections régionales des Açores : victoire du PS

Mardi 21 octobre 2008
Carlos Cesar, président du gouvernement régional des Açores

Carlos Cesar, président du gouvernement régional des Açores

Les Açores, tout comme Madère, sont une région autonome du Portugal. Comme tel, la région possède gouvernement régional, ainsi qu’une assemblée législative. Dimanche dernier, c’était les élections, aux Açores, pour savoir qui du Parti Socialiste (PS) ou du Parti Social Démocrate (PSD) allait remporter ce gouvernement régional.

C’était un test au Parti Socialiste, actuellement au pouvoir au Portugal, et son premier ministre, José Socrates. Test réussi, le président du gouvernement régional des Açores, Carlos César, a été reconduit pour 4 années supplémentaires à la tête du destin des Açores. Il aura une nouvelle fois la majorité absolue, lui laissant les mains libres pour mener à bien son projet, sans avoir d’excuses au final. Le PSD lui, enregistre le pire résultat de tout les temps. 49,96% des voix sont socialistes, 30,27% sont social-démocrates. Une ombre au tableau de ces élections régionales : jamais l’abstention n’aura été si forte lors de ces élections locales: 53,24%.

Ah les Açores… encore une destination de vacances de rêves où j’aimerais passer un bon séjour! Je me souviens des publicités qu’on voyait à la télé portugaise, avec le joueur de foot Pauleta (ancien capitaine du PSG et buteur de génie) qui courait dérrière un fromage des Açores : superbes paysages (ah ben oui, on a les réferences qu’on a, n’est ce pas :) ). En creusant un peu et en étant un peu curieux de ce que me racontaient mes potes étudiants originaires de là-bas, j’ai découvert des îles magnifiques, il va absolument falloir que j’y aille pour vous en parler ;)

Extrême droite portugaise : partido nacional renovador

Mardi 7 octobre 2008

Le PNR, Partido Nacional Renovador (parti national rénovateur) est, comme tout les partis d’extrême-droite, ridicule. Ridicule par ses idéologies racistes et passéistes, ridicule par ses idées fantaisistes sur l’économie, si elles ne sont pas absentes, ridicule par ses dirigeants, régulièrement appelés aux tribunaux.

Le PNR n’est qu’une pâle copie du Front National français, il suffit de regarder le logo, qui est une flamme. Pourquoi je parle de ce parti ridicule qui ne représente que 0,1% des voix (moins de 10 000 personnes ont voté pour eux lors des dernières législatives) ? Parce qu’ils ont mis une énorme affiche à Lisbonne !

Affiche du PNR

Affiche du PNR

Pâle copie de l’affiche suisse qui avait défrayé la chronique il y a quelques temps. Ce n’est pas un parti, c’est une bande mafieuse de gens rétrogrades. Je pense que Dieu merci, les Portugais se souviennent encore assez bien de Salazar pour pouvoir dire : « extrême-droite, on a déjà donné, non merci ».

  • Ils veulent expulser tous les étrangers (parce qu’ils volent le boulot des Portugais, tenez, un peu comme mes parents qui ont volé le boulot des Français ?).
  • Ils veulent renforcer la politique de natalité et criminaliser l’avortement : les femmes ne sont bonnes qu’à pondre des petits Portugais blancs.
  • Voila, c’est 99% de leur programme politique.

Pfff…

Lisboagate : scandale immobilier à la mairie de Lisbonne

Jeudi 2 octobre 2008

C’est ça aussi le Portugal, la corruption à tous les étages, hérités de la dictature. Cette fois, nous parlons d’un immense scandale, l’attribution abusive de logements sociaux de la part de la mairie de Lisbonne à des employés de la mairie, des politiques, des journalistes… un authentique « Lisboagate »…

Toits de Lisbonne

Toits de Lisbonne

Le scandale est de taille : 3000 logements sont concernés, avec un loyer mensuel qui serait en moyenne de 35 euros. Le cas le plus flagrant est l’occupation en plein centre ville d’un duplex pour 146 euros par mois de la part de la responsable à la mairie de l’habitation et de l’action sociale, jusqu’en 2007, pendant 20 ans. Elle a une pension de 3000 euros par mois, et pire, se dit avoir la conscience tranquille et ne démissionnera pas.

Les gens là-bas sont tellement habitués à ce système, qu’ils ne voient même plus à quel point ils peuvent être en tort. Comment, quoi, qu’est ce qui justifie une telle injustice, avec l’argent du peuple en plus?

L’actuel maire de Lisbonne, Antonio Costa, au début de son mandat, a établi de clarifier justement une fois pour toutes l’attribution des logements sociaux, avec des règles strictes, et un contrôle serré. Il a par ailleurs souligné que tous les cas de « fraude » qui ont été détectés datent d’avant son mandat. Autant dire que les autres maires de Lisbonne ont fait n’importe quoi, ou, n’ont pas eu dans leur priorités la régularisation de ces situations. João Soares, député socialiste et ancien maire de Lisbonne (et accessoirement fils de Mario Soares, ancien Président de la République) est venu immédiatement critiquer son confrère de parti (tous deux socialistes), pour lui reprocher le manque de solidarité envers ses prédécesseurs.

Vous voyez à quoi ressemble parfois la politique par là-bas ? Heureusement, ça change, et le fait que l’on sache maintenant, que l’on soit informé de ce genre de scandales permet d’améliorer le pays. Il change, en bien. En attendant, les sièges des partis à Lisbonne paient des loyers à la mairie qui varient de 4 à 75 euros…

Haut-commissaire pour les réfugiés de l'ONU, António Guterres

Mercredi 1 octobre 2008

Antonio Guterres est un ancien premier ministre socialiste du Portugal, de 1995 à 2002. Aimé des Portugais, la principale critique qui lui était faite était son manque d’autorité. Trop gentil. Pas de majorité absolue.

Ce furent 7 années où il était difficile de gouverner le pays, car pour le faire avancer dans un sens ou dans l’autre, il fallait que les décisions puissent être prises. Or, elles étaient souvent bloquées, précisément par un travail de l’opposition qui mettait des bâtons dans les roues à tout prix. Du moins c’est comme ça que je l’avais perçu à l’époque. Les guignols de l’info portugais, le « contra-informação » faisaient répéter à la marionnette de Guterres à chaque sketch « Ã© a vida« , « c’est la vie », dans un signe de résignation fataliste vis à vis de son impuissance. C’était effectivement le entiment qui se dégageait de cette époque du gouvernement.

Antonio Guterres. Source : wikipedia

Antonio Guterres. Source : wikipedia

On se souviendra également de Guterres en tant que catholique, dans un parti majoritairement constitué d’athées ou d’agnostiques, ce qui lui valait beaucoup d’opposition interne, en plus de l’opposition classique des autres partis. Le cas le plus flagrant dont je me souviens eu lieu lors du premier référendum pour ou contre l’avortement : le Parti Socialiste était pour l’avortement, tandis que lui, premier secrétaire, était contre. Le premier référendum fut donc négatif pour les femmes qui voulaient avoir le droit d’avorter, de très peu. Probablement que la position d’Antonio Guterres n’y est pas étrangère.

Il se démet de ses fonctions de premier-ministre le lendemain du résultat des élections municipales, où le parti de l’opposition, le PSD, avait clairement remporté la majorité des municipalités. Il avait dit à l’époque que c’était pour éviter la « jungle politique », le désordre : si le pays avait été difficile à gouverner jusque là, il serait carrément impossible de le faire désormais.

Voilà pour l’homme politique, qui fut également président de l’internationale socialiste de 1999 à 2005.

Élève brillant, diplômé en ingénierie électrotechnique avec une moyenne finale de 19/20, il fut élu meilleur élève des lycées du Portugal. Tandis qu’il était au pouvoir, il eu un grand malheur : sa femme mourut de maladie prolongée en 1998, d’un cancer. Il se remariera en 2001.

C’est en 2005 qu’il devint le Haut-commissaire pour les réfugiés de l’ONU, mandaté jusqu’en 2009. Et c’est clairement quelqu’un taillé pour le poste au sein de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), de par ses qualités humaines et son sens de la diplomatie. Cette institution a reçu à deux reprises le prix Nobel de la paix, en 1954 et en 1981. Pour attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes des réfugiés, de plus en plus nombreux, le haut-commissariat pour les réfugiés de l’ONU fait appel à des « ambassadeurs de bonne volonté », des personnalités très médiatiques. Angelina Jolie, Giorgio Armani ou Barbara Hendricks en font partie.

Jamais le rôle de l’agence de l’ONU n’a été si vital. Depuis 2006, avec l’Irak, l’Afghanistan, les conflits « oubliés » africains, il existe une recrudescence de guerres et de combats qui sèment la panique. Forte de ses 6300 employés, de sa présence dans 110 pays, elle protège et aide 32,9 millions de personnes ! Le budget 2007 a été de 1 milliard de dollars. Même budget réuni par l’Union Européenne pour venir en aide à la production agricole des pays pauvres, face à la crise alimentaire mondiale actuelle. Bien peu, si on pense à l’ampleur de la tâche, bien peu si on pense aux 700 milliards dont on parle pour sauver le système financier occidental de la crise actuelle… priorités pour le moins étranges. Immorales nous dit Antonio Guterres.

Le Haut-commissaire pointe lui même ces inégalités flagrantes et scandaleuses. Lorsque l’on parle des immigrés qui envahissent l’Europe, ce qui serait le résultat de ces guerres, il faut se souvenir que ce n’est qu’une infime partie de la population totale réfugiée, qui est dans son écrasante majorité dans des pays du sud et limitrophes des pays en conflit : Pakistan, Iran, Syrie….

Il ne nous reste plus qu’à souhaiter tout le bonheur du monde à Antonio Guterres dans sa lourde tâche de venir en aide aux réfugiés, qui n’a jamais été aussi difficile depuis la seconde guerre mondiale…

Fin du vote par correspondance pour les émigrés portugais

Samedi 20 septembre 2008

L’annonce a été faite, ça y est, l’assemblée a approuvé le texte de loi : les émigrés ne pourront plus voter par correspondance. Plus du tout. Avant ils ne pouvaient déjà pas voter pour les législatives, maintenant, ils ne pourront plus voter tout court.

L’ancien critère évoqué pour ne pas voter aux législatives étaient la faible information qu’un émigré pouvait avoir de son pays d’origine, mais ceci n’est absolument plus valable à l’heure d’Internet et de la télévision câblée. Alors ?

Le Parti Socialiste Portugais (PS) a voté cette loi, parce que selon lui, il existait trop de fraudes (plusieurs centaines de bulletins de votes avaient été « perdus » par exemple, lors des précédentes élections). Désormais, il faut être présent physiquement au bureau de vote.

Le PSD, le parti de l’opposition, lui, dit que le PS n’a rien trouvé de mieux pour bâillonner le vote des émigrés. Il faut dire que le peu d’émigrés qui votent le font massivement pour le PSD, et ce depuis toujours depuis que le Portugal est une démocratie. Le foot est bien plus intéressant que la politique, en terres étrangères.

Personnellement, je pense qu’il vaut mieux voter à l’ambassade du Portugal. C’est cool pour les Parisiens qui peuvent le faire.

élections en Angola 2008

Lundi 8 septembre 2008
Armes d'Angola

Armes d'Angola

L’Angola s’ouvre enfin à la démocratie. Du moins, c’est ce qu’on dirait.

Le parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1975, le MPLA (Movimento Popular de Libertação de Angola, mouvement populaire de libération d’Angola), a obtenu 81,72% des voix. Le principal parti de l’opposition, l’UNITA (União Nacional para a Independência Total de Angola, Union Nationale pour l’Indépendance Totale d’Angola), contre qui le MPLA a livré une guerre sanglante pendant presque toute l’indépendance du pays, n’a eu, lui, que 10,49%.

Face à un tel désequilibre, même si les élections ont été justes et transparentes comme le disent l’Union Européenne et tous les observateurs, on se doute bien que le pays n’est pas encore rentré dans une période de démocratie totale comme par chez nous, occidentaux.

L’UNITA a véritablement changé de visage, depuis la mort de son vieux leader Jonas Savimbi : c’est devenu un parti qui protège et défend la paix, contrairement à ce qui s’était passé en 1992, lorsque l’UNITA n’avait pas reconnu le résultat des premières élections libres du pays, qui donnaient la victoire au MPLA, replongeant une nouvelle fois le pays dans une guerre civile sans fin.

Localisation de l'Angola

Localisation de l'Angola

Espérons que pendant les 4 ans de mandat que le MPLA vient de décrocher, l’UNITA fera bonne opposition, ce qui permettra d’avoir un organisme vigilant vis à vis des politiques du gouvernement, qui a fait de la lutte contre la corruption son nouveau credo. Espérons également que les partis sauront voir au delà de leurs affinités ethniques comme il était de rigueur jusqu’à il n’y a pas si longtemps…