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Carlos Mar : pop, folk, rock en franco-portugais

Vendredi 24 octobre 2008

Connaissez-vous Carlos Mar ? Cet auteur compositeur interprète est un artiste luso-descendant qui chante en Portugais. Si vous voulez le découvrir, rien de mieux que de le voir en live. Il sera à l’Orient Express, 12 rue Claude Tillier, à Paris, samedi prochain dès 20h30 où vous pourrez entendre sa musique.

A caminho de Carlos Mar

A caminho de Carlos Mar

Avec les sept titres de son album « A Caminho », dont la chanson « San Sebastian » que j’aime beaucoup, il nous transporte dans un monde poétique et onirique. Écoutez quelques titres sur son myspace et découvrez l’entretien que Carlos Mar m’a accordé pour Lusitanie.fr :)

Lusitanie.fr : Tu habites en France, mais tu chantes en Portugais, pourquoi ce choix ? Est-ce que ça ne devient pas un handicap auprès de ton public français ?

Carlos Mar : Quand j’ai commencé à écrire mes premiers textes, je l’ai d’abord fait dans la langue de Molière. Mais le résultat ne me plaisait pas. La façon de structurer les phrases, les sonorités, les mots n’étaient pas en phase avec les émotions et les messages que je voulais transmettre.
J’ai donc commencé à écrire en Portugais et le lien s’est fait très naturellement.

Chanter en Portugais n’est pas forcément un handicap pour le public français, notamment le public parisien qui souhaite découvrir des univers un peu différents. D’ailleurs, aujourd’hui mon public est essentiellement Français même si des Portugais viennent régulièrement me voir en concert.

Carlos Mar en concert

Carlos Mar en concert

Un handicap est quand même bien présent lorsque j’aborde des structures professionnelles de la musique en France (labels, majors,..) car une niche de folk/rock/pop en Portugais est improbable et aura du mal à se faire une place dans les radios ou dans les bacs.

Pour finir, n’oublions pas que la communauté portugaise (sans parler de la communauté lusophone) est très importante en France et que de mon point de vue, le principal handicap pour moi et pour d’autres artistes lusophones c’est le faible appui et d’aide des structures culturelles portugaises en France.
A quand l’ouverture d’un café culturel qui ouvre ses portes aux artistes qui veulent s’exprimer ? La création d’un Festival Musical Lusophone ? Une aide financière pour que ces artistes s’expriment au Portugal ? etc, …

Affiche du concert à l'Orient Express

Affiche du concert à l'Orient Express

L : Comment les Portugais de France perçoivent ta musique d’influence folk, différente de ce qu’ils ont l’habitude d’entendre en Portugais ?

CM : Il m’est très difficile de connaître la part des Portugais de France qui ont pris connaissance de mon projet mais ceux qui m’ont vu en concert semblent apprécier puisqu’ils continuent à venir me voir régulièrement, à m’encourager en me laissant des messages sur mes sites, à acheter mon album,…
Ma musique semble plutôt plaire à la tranche 30-40 ans mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg. Les 20-25 ans semblent moins réceptifs car plus tournés vers du R&B, Hip Hop…

L : Tu travailles surtout avec des Français, as-tu déjà pensé à réaliser un album avec des Portugais ?

CM : Le fait de travailler avec des Français n’a pas été un choix délibéré.
D’ailleurs, lorsque j’ai commencé mon projet en solo, il n’y avait que des Portugais. La nationalité n’est pas une priorité pour moi. Ma priorité est de travailler avec des gens sérieux et motivés et avec qui je partage un certain nombre de valeurs musicales et personnelles. Mais pour répondre à ta question, oui, je pense inviter un ou deux Portugais sur mon prochain album, parce que j’admire leur parcours et que leur personnalité m’inspire.

L : Comment tes collaborateurs français perçoivent la langue portugaise?

CM : Mes collaborateurs apprécient le Portugais pour sa musicalité même s’ils ne le comprennent pas. Je dois dire que certains maîtrisent mieux l’accent que d’autres ;-).

L : Comment vois-tu le retour à la langue portugaise de la part d’artistes qui initialement chantaient en Anglais ?

CM : Le fait de chanter en Portugais ne va pas me faire dire que musicalement la musique sera meilleure. Par contre, ce que je peux dire c’est que le Portugal n’a jamais été un pays anglophone et que le Portugais est une belle langue qui mérite une meilleure place dans la musique.

Mais où en est-on des quotas radios pour la musique portugaise ?
Je me souviens déjà qu’à l’époque de sa mise en place, la polémique s’était installée dans le milieu (majors, radios,…) pour comprendre ce qu’on qualifiait de « chanson portugaise » : une chanson chantée en Portugais ? une chanson faite par des Portugais ? ou une chanson faite au Portugal ? etc.

Appuyées par les maisons de disques, les nouvelles générations de musiciens au Portugal ne parient que sur l’Anglais. Malgré l’existence de très bons projets en Anglais, je pense que la musique portugaise est aujourd’hui menacée. Donc, un retour au Portugais sera toujours profitable s’il s’inscrit dans une logique personnelle, culturelle, musicale.

L : As-tu un message à faire passer dans tes chansons, es-tu un chanteur engagé ?

CM : Il est évident que j’ai des messages à faire passer dans mes chansons. Je pense que c’est le besoin primaire de tout artiste qui rend sa musique publique, celui de partager. Dans ma chanson « Condenado », je parle de la drogue, et plus précisément des difficultés d’un individu à s’en sortir ; dans « Lutar até ao fim » sur une rythmique joyeuse j’aborde le thème du harcèlement moral, dans « Saudade » je parle du manque d’un être aimé,…
Je ne me considère pas un chanteur « engagé » comme on a l’habitude de l’entendre, mais j’écris et je chante des thèmes qui me touchent ou qui me révoltent.

L : Est-ce que des concerts sont prévus au Portugal ? Si oui, où et quand ?

CM : Pour l’instant je n’ai pas de confirmation pour des concerts au Portugal.
Je prévois d’y aller courant 2009 et faire une série de concerts à Porto, Braga, Famalicão et Lisbonne, voire dans d’autres villes.

Merci à l’équipe de lusitanie.fr et à très bientôt
Carlos MAR

Lusitanie.fr : merci à toi Carlos et bonne route :)

Chloé Deyme : une Française qui chante le Brésil

Mercredi 22 octobre 2008
Chloé Deyme au Habana Jazz

Chloé Deyme au Habana Jazz

Je viens de recevoir une invitation pour découvrir un « merveilleux répertoire de musique brésilienne » chanté par une française « brésilienne de cÅ“ur », Chloé Deyme, le dimanche 26 octobre, lors d’un concert au Habana Jazz, une salle parisienne.

Chloé sera entourée de Gerson Saeki à la Contrebasse, Philippe Baden Powell au Piano, et Mathieu Gramoli à la Batterie. Le concert sera l’occasion d’entendre une voix française interpréter des morceaux de Joao Bosco, Baden Powell, Chico Pinheiro, Djavan parmi d’autres, mais également écouter des compositions originales. Elle mélange jazz et bossa nova, un cocktail original :)

L’entrée est gratuite, il est donc conseillé de réserver si on veut y dîner.

Lequel des Ronaldo ira au PSG?

Lundi 13 octobre 2008
Ronaldo (source Wikipedia)

Ronaldo (source Wikipedia)

Le Paris-Saint-Germain, notre joli club de la capitale qui nous fait souffrir tant et tant et tant, attire toutefois pas mal de stars du ballon rond. Sans doute attirés par les charmes de la ville de Paris plus qu’autre chose. Le PSG avait déjà eu Ronaldinho, pourquoi pas Ronaldo, le célèbre attaquant brésilien, meilleur buteur de la coupe du monde de football ? En effet le joueur a exprimé son désir de venir jouer au PSG, ce qui en ferait un lusophone de plus à être passé au Parc des Princes. Trop de gens disent qu’il est fini, surtout après sa blessure de l’année dernière et les quelques scandales « people » le concernant (et surtout sa prise de poids…). Mais il n’a que 32 ans après tout. Le salaire demandé sera sans doute déterminant, ni Paul Le Guen, ni Charles Villeneuve ne semblent a priori contre l’idée de sa venue.

Plus fantaisiste, c’est la venue de Cristiano Ronaldo. Au sommet de sa forme et de son talent, il a toutefois exprimé son « rêve » de venir jouer à Paris, succédant ainsi à notre bon vieux Pauleta. Mais il a également dit que les Parisiens n’auraient probablement pas les fonds nécessaires pour le faire venir. Au moins, c’est clair, il ne viendra pas, pas avant longtemps en tout cas. C’est fou ce que le PSG aurait pu se servir du fait d’être le club de Paris pour attirer des bons joueurs de foot…

Collection Joe Berardo au Musée du Luxembourg

Lundi 13 octobre 2008
Téléphone Aphrodisiaque, Dali

Téléphone Aphrodisiaque, Dali

José Berardo (« Joe » Berardo), riche émigré en Afrique du Sud devenu milliardaire possède une collection d’Å“uvres d’Art impressionnante. Revenu au Portugal, il reprend le CCB, « Centro Cultural de Belem« , un espace d’exposition d’Art contemporain de premier plan, où il installe le « Museu Colecção Berardo« . La riche collection de Joe Berardo est venu donner un second souffle au centre culturel de Lisbonne. Ce n’est pas pour rien qu’il a été décoré de la légion d’honneur en 2005 ! Accessoirement, c’est aussi le 3ème homme le plus riche du Portugal…

Ce sont 70 Å“uvres originaires de sa collection (faisant partie des 10 plus grandes collections d’Art du monde) que le musée du Luxembourg à Paris nous propose de découvrir aujourd’hui, jusqu’au 22 février 2009. Vous pourrez y voir des Å“uvres de Miro, de Breton, d’Ernst, Dali, Mondrian, Warhol… et là, on mesure l’importance de sa collection d’Art moderne et contemporain, et de la projection que le nouveau (ouvert en 2007) musée collection Berardo à Lisbonne peut avoir, avec ses 862 Å“uvres de premier ordre…

Logo du Musée Berardo

Logo du Musée Berardo

Expo Illustration Jeunesse à la Maison du Portugal de la Cité U

Dimanche 12 octobre 2008

La Maison du Portugal, résidence étudiante pour les portugais à la Cité Universitaire de Paris (résidence André de Gouveia), expose jusqu’au 10 novembre les illustrateurs pour la jeunesse actuels du Portugal.

C’est sans aucun doute l’occasion de visiter la Cité U et son joli parc, et en profiter pour voir les jolis dessins. Étant moi même illustrateur, je suis curieux de voir qui sont les heureux exposés :)

Affiche de l'expo illustration pour les jeunes

Affiche de l'expo illustration pour les jeunes

Eglise des Portugais de Paris, Sanctuaire Notre Dame de Fatima

Dimanche 12 octobre 2008

Les Portugais ont une église qui leur est consacrée à Paris, comme je vous le disais lors d’un précédent billet sur la nouvelle église de Fatima. C’est le sanctuaire Notre Dame de Fatima, église Marie Médiatrice de toutes les Grâces. Cette basilique votive fut construite à l’issue de la libération de Paris en 1944, selon le souhait du Cardinal Suhard. Finalisée en 1954, elle est l’Å“uvre de l’architecte Henri Vidal.

Notre Dame de Fatima, église Marie Médiatrice

Notre Dame de Fatima, église Marie Médiatrice

Façade de la basilique votive

Façade de la basilique votive

Beau temps à Paris, boulevard Serrurier

Beau temps à Paris, boulevard Serrurier

Construite sur l’ancienne enceinte de Paris, cet espace abandonné était un quartier populaire et industriel du Paris qui se construisait. Comme on peut le voir sur cette photo de 1955 (provenant du site officiel de l’église), elle était isolée, construite sur des terrains vagues. Il était prévu que cette église desservirait les futurs quartiers résidentiels de la population ouvrière, mais il arrive un évènement imprévu pour cette église construite avec la générosité des catholiques de Paris : la construction du boulevard périphérique. L’église se retrouva ainsi isolée, vide de fidèles, qui préféraient se rendre dans d’autres églises plus proches de leurs demeures. Par manque de fidèles, elle fut fermée, et, comme tout endroit abandonné, fut envahie par des gamins et des rôdeurs. Son état était catastrophique, il fallut la murer, plus personne ne sachant que faire de ce pourtant si bel ouvrage.

Basilique au milieu des terrains vagues, 1955

Basilique au milieu des terrains vagues, 1955

Le projet pour un nouvel hôpital pour enfants dans le 19ème arrondissement (que vous pouvez voir sur les photos), l’hôpital Robert Debré, date de 1981, ce qui redonna espoir au Cardinal de Paris, feu Monseigneur Lustiger pour le renouveau de cette église. Mais cela ne suffisait pas. Lors d’un voyage en 1984 à Fatima au Portugal, Monseigneur Lustiger, voyant l’espace réservé aux migrants se rendit compte que l’église portugaise de la cité universitaire était trop petite pour tant de fidèles.

Derrière l'église

Derrière l’église

Vitraux, vus de dehors

Vitraux, vus de dehors

Beaucoup d'enfants viennent jouer sur le parvis

Beaucoup d’enfants viennent jouer sur le parvis

Jolie décoration de l'église

Jolie décoration de l’église

Il fut ainsi décidé que l’église abandonnée de Marie Médiatrice allait retrouver une nouvelle vie en la consacrant au portugais de Paris. En 1988, l’église rouvrit ses portes, le 13 mai, jour de Marie et de Notre Dame de Fatima. C’était il y a 20 ans déjà, je me souviens d’y être allé avec mes parents. Aujourd’hui, l’église fête ses 20 ans, avec des commémorations spéciales pour le 12 et 13 octobre, comme à Fatima. L’église est vivante, avec de nombreux enfants qui y vont pour le catéchisme, de nombreuses messes, c’est un formidable point de rencontre pour la communauté portugaise, certains venant de très loin pour y assister à la messe en langue portugaise.

Plaque inaugurale de l'église

Plaque inaugurale de l'église

Chapelle au sous-sol

Chapelle au sous-sol

Le catéchisme est donné dans le sous-sol, dans la chapelle de l’église. C’est un catéchisme donné en Portugais. On peut voir une classe sur la gauche. De nombreuses classes de caté ont lieu simultanément, ce qui explique la présence de nombreux parents dans l’église, alors qu’il n’y a pas de messe. Les prêtres en profitent pour être disponibles pour la confession.

Catéchisme portugais

Catéchisme portugais

Attente de confession

Attente de confession

On peut voir au fond à droite un prêtre qui parle à un paroissien, sur cette photo.

Statue de Saint Antoine

Statue de Saint Antoine

Santa Casa da Misericordia de Paris

Santa Casa da Misericordia de Paris

La décoration intérieure de l’église est, je trouve, plus jolie que celle de l’énorme nouvelle église de Fatima, malgré l’architecture typique des années 50. C’est sans doute grâce à la vie que les paroissiens ont su donner à cet endroit, avec des fleurs, des statues (ici celle de Saint Antoine) et de nombreux autres détails. On peut voir sur la statue un emblème bien connu des Portugais : celui de la « Santa Casa da Misericordia », ici la section de Paris. C’est une institution catholique de bienfaisance plusieurs fois centenaire. On y observe les « quinas », écussons bleus à points blancs, que l’on retrouve sur le drapeau national portugais. Je ne savais pas qu’ils avaient une section à Paris, le sanctuaire français de Fatima en étant le siège. C’est une institution riche, ils gèrent notamment les jeux de loterie au Portugal, les revenus du « totoloto » (loto portugais) ou d’euromillions leur revenant, par exemple. Tant mieux que cet argent serve à faire le bien et la paix, paix que nous pouvons lire sur le plafond de l’église, avec le mot latin « PAX ». L’église possède vraiment de beaux volumes, la communauté portugaise a une église digne de son importance à Paris.

Plafond avec l'inscription PAX

Plafond avec l’inscription « PAX »

Vitraux de l'église

Vitraux de l’église

Porte principale de l'église

Porte principale de l’église

On aurait pu éviter les lumières à boules...

On aurait pu éviter les lumières à boules…

Image de Sainte Marie

Image de Sainte Marie

La façade possède plusieurs motifs. L'espèce de balle de foot est en fait un haut-parleur.

La façade possède plusieurs motifs. L’espèce de balle de foot est en fait un haut-parleur.

Imposant clocher, séparé de l'église.

Imposant clocher, séparé de l’église.

Marches devant l'église

Marches devant l’église

L’église est bilingue, et propose de nombreuses messes dans les deux langues. Vous pouvez voir les horaires sur la photo.

Horaires de l'église portugaise de Paris

Horaires de l'église portugaise de Paris

Pour finir cet article, deux petites photos rigolotes, qui montrent bien que les Portugais de Paris sont peut-être loin du Portugal, mais qu’il reste toujours très présent dans les esprits. Regardez un peu ce qu’il y a sur le rétroviseur des voitures stationnées en face du sanctuaire, ou le petit coussin aux couleurs du Benfica sur la dernière image :D

Voitures de portugais

Voitures de portugais

Coussin de benfiquista, adepte du Benfica

Coussin de benfiquista, adepte du Benfica

Concert de Mariza à Paris, avec Tito Paris

Samedi 27 septembre 2008

J’aimais le Fado.

Désormais, je l’adore. Oui, je reviens du concert de Mariza au Cirque d’Hiver Bouglione. Je vous l’avais dit que j’irais, dans un précédent article. Et c’était fabuleux. Oui. La sublime Mariza, la digne représentante de la nouvelle génération du Fado, était accompagnée par de fantastiques musiciens.

Entrée du Cirque dHiver

Entrée du Cirque d'Hiver

En fait, j’utilise beaucoup de superlatifs pour Mariza, mais… ce sont juste des Vrais musiciens en fait. La musique moderne que nous écoutons – trop – souvent à la télé à donné la part belle aux amateurs, qui font de l’à peu près. Lorsqu’on se retrouve face à des gens qui savent vraiment jouer ou chanter, de par leur immense talent et surtout leur long apprentissage, on ne peut que ressentir une claque.

Lustre du Cirque, richement decoré

Lustre du Cirque, richement décoré

Mariza est un condensé de talent, avec une voix mélodieuse et puissante, pleine de sentiment. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le cadre du Cirque d’Hiver était somptueux à regarder, mais. Oui, parce qu’il y a un mais : nous étions mal assis. Ok, nous étions tout en haut derrière, dans des mini fauteuils (je me cognais les genoux contre la place de devant). De plus, un cirque, même somptueux, ne se prête pas à un Fado. Un Fado, c’est intimiste, c’est quelque chose de fort partagé entre les artistes, les fadistas, et le public. Le décor n’a pas à distraire de l’essentiel, c’est à dire la musique, et les stars de la soirée. De plus, ce soir, nous avions un son « Ã©trange », sur certaines musiques, on entendait que partiellement notre chanteuse Mariza. Dommage.

La piste du Cirque

La piste du Cirque

Le problème, c'est qu'on était trop loin pour admirer la guitare portugaise...

Le problème, c'est qu'on était trop loin pour admirer la guitare portugaise...

Le Cirque d’Hiver n’a pas vraiment une très bonne acoustique, il n’avait pas été prévu pour ça. Mais malgré tout, le talent des interprètes est si puissant qu’il arrive à faire oublier ces handicaps de la salle. Salle qui était, comme il est évident sur les photos, archi comble. Comble d’un public mixte, avec une bonne moitié de Portugais (ah ça, il y a même eu quelques « Ã© fadista! » dans la salle) :)

Mariza s’est adressée en Français au public, d’ailleurs, un Français qu’elle ne maitrise pas, mais elle fait l’effort de le parler. C’est un peu frustrant de la voir avoir du mal à s’exprimer, elle qui a l’élocution d’une diva… ah mais c’est une Diva, justement. Mais je vous rassure amis portugais, elle s’est également adressée en Portugais, en s’excusant de ne pas l’avoir fait plus tôt. C’est à ce moment là qu’on comprend que la moitié de la salle était portugaise. Mais, il fallait bien qu’elle se fasse comprendre par tout le monde, et donc, elle utilisait le Français, vu que a priori, les Portugais présents parlent également le Français.

Tito Paris, chanteur et compositeur Cap-Verdien

Tito Paris, chanteur et compositeur Cap-Verdien

L’invité très spécial de Mariza pour cette série de concerts, le Cap-Verdien Tito Paris, est resté pour trois chansons : un duo et danse avec Mariza (la chance *_* ), une musique originale que je vous mets en vidéo juste après, et la fameuse musique Cap-Verdienne que Cesaria Evora a immortalisé dans le marbre de la culture mondiale, « Saudade ».

Tito Paris danse avec Mariza

Tito Paris danse avec Mariza

Cette chanson qu’il nous a jouée pendant le concert se nomme « Danca Ma Mi Criola ». C’est trop entrainant, ça donne trop envie de bouger :) c’est vraiment dommage que Tito Paris ne soit pas plus connu, c’est dingue le nombre de perles qui nous passent à côté. Enfin, un petit peu moins avec Lusitanie.fr :D

Tito, pour parler encore un peu de lui, est venu au Portugal à l’âge de 17 ans, à la demande de Bana (une légende musicale du Cap-Vert), afin de jouer dans son groupe. Il connait donc bien le Portugal est le milieu de la musique portugaise. Un peu comme tout les autres Cap-Verdiens en fait, les deux pays continuent à entretenir de profondes relations d’amitié.

Lors de son interprétation de « Saudade », il a remplacé, pour faire plaisir à son public, l’endroit « São Nicolau » (patelin du Cap-Vert d’où est originaire le compositeur de la musique) par « Cabo Verde » ou, d’autres fois, par « Portugal ». C’est vrai que ça fait plaisir, mais bon, il y avait quand même derrière moi des gens qui chantaient avec le São Nicolau. Pas plus mal comme ça.

Toute la joie de chanter de Mariza

Toute la joie de chanter de Mariza

Il ne faut pas beaucoup de moyens pour jouer du Fado. Une voix, une guitare… et c’est tout. C’est limite si il n’y avait déjà pas trop de monde au concert ce soir, avec un guitariste acoustique, un bassiste, un percussionniste, et un pianiste / trompettiste, en plus de l’obligatoire joueur de guitare portugaise (mon dieu ce que j’adore cet instrument).

Le bassiste et le guitariste acoustique accompagnent Mariza

Le bassiste et le guitariste acoustique accompagnent Mariza

Ah la la… c’était vraiment dommage que je sois dos à la star des instrumentistes, le joueur de guitare portugaise, Angelo Freire. Je ne le connaissais pas avant ce soir, il me semble très jeune pour tant de talent : il nous a livré une « guitarrada » fabuleuse (c’est un solo de guitare). Il faut vraiment avoir des doigts de fée pour jouer comme il joue ! La guitare portugaise, c’est ce qui donne cette sonorité si spéciale au Fado !

Tonerre dapplaudissements

Tonerre d'applaudissements

La salle était vraiment enthousiaste, avec des applaudissements à tout rompre plusieurs fois pendant le concert. C’était magique. Toute la salle debout pour applaudir la Diva du Fado, Mariza, c’est pas tous les jours. Et dire que ce n’est que la première soirée, demain elle remet ça :)

Musique sans micro

Musique sans micro

Pour nous remercier d’avoir été un public si fantastique, Mariza et les deux guitaristes vont jouer, tenez vous bien, sans micros, sans amplis. Juste avec leurs voix et leurs instruments. Comme on en joue dans les rues de Lisbonne, quoi.

Fabuleux. Le son dont je me plaignais au début n’était plus un problème. Tout était parfaitement équilibré. La sublime voix de Mariza, malgré des problèmes flagrants de sonorisation de la salle, montait jusqu’à mes oreilles, les caressant de façon suave et mélodieuse… La salle observait un silence religieux pour l’écouter, la moindre personne qui toussait s’entendait. Ah oui, c’est clair que là, n’importe qui aurait pu gêner leur prestation.

Mais sincèrement, je préfère le Fado comme ça. Au naturel. Proche. Sans les artifices des micros, des hauts parleurs, des mauvais réglages sonores. Je suis encore estomaqué d’avoir entendu ça, c’est donc ça une vraie chanteuse… waouh.

La soirée touchait à sa fin. Mariza, après les multiples « encore », revient nous jouer, pour finir, « gente da minha terra ». Mon Dieu ce que cette musique est belle avec sa voix. Elle a tout au long du concert fait un juste milieu entre son nouvel album, « Terra », avec ses anciens morceaux. Ce nouvel album vaut vraiment la peine d’être écouté sans modération, j’aime beaucoup « Rosa Branca ». Mariza chante, mais elle danse aussi beaucoup, comme au début du Fado, qui n’est pas forcément une musique triste (du moins celui de Lisbonne).

Mercis et encores

Mercis et encores

De gauche à droite : Simon James, pianiste et trompettiste, Angelo Freire, virtuose de la guitare portugaise, Tito Paris, compositeur Cap-Verdien, Mariza, Diogo Clemente à la guitare classique, et une personne dont j’ignore le nom, je fais un appel ici. Le percussionniste aux cheveux longs, il s’appelle comment ? Mariza avait dit « Vicky » ou « Ricky », pas très bien entendu… il est très bon en plus, comme il l’a démontré lors de son solo. La dernière personne, le bassiste, Marino de Freitas.

Pour ceux qui regrettent de ne pas être venu au concert, je vous rassure, elle vient à peine de commencer sa tournée mondiale : elle fera plus de 100 concerts dans 21 pays, elle finira bien par passer près de chez vous :) Je vous laisse avec le premier clip officiel de « Terra », la chanson « Rosa Branca ».


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