Articles taggés avec ‘Musique’

Nuit de Fado à Vermoíl, Pombal

Dimanche 23 août 2009
Les musiciens de Fado

Les musiciens de Fado

Le Portugal est connu musicalement pour son Fado, sa musique chantée avec émotion, originaire de deux villes : Lisbonne et Coimbra, chacune avec son style qui lui est propre. Je suis parti l’autre soir à un dîner spectacle à Vermoíl, non loin de Pombal, ville du centre du Portugal, où l’on chantait le Fado.

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Rodrigo Leão, compositeur

Dimanche 14 décembre 2008
Rodrigo Leão

Rodrigo Leão

Est-ce que vous connaissez les Sétima Legião? Un des groupes mythiques des années 80/90 au Portugal, avec des musiques comme « Sete mares » ou « Por quem não esqueci », sera gravé à jamais dans la mémoire musicale portugaise. Est ce que vous connaissez les Madredeus? Bien sûr, avec des musiques comme « O pastor » ou « Alfama », le Fado a été rénové de fond en comble.

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Pronúncia do Norte : accent de Porto et du Nord du Portugal

Jeudi 11 décembre 2008

Le Portugal est un petit pays de dix millions d’habitants seulement, mais avec plus de 230 millions de lusophones dans le monde, c’est la 6ème langue la plus parlée de la planète. Avec autant de gens, éparpillés aux quatre coins du monde, il est naturel de retrouver une multitude de parlers Portugais différents.

Rien qu’au Portugal, avec une histoire si ancienne, et des régions si différentes malgré sa petite taille, le pays possède des caractéristiques très marquées suivant la zone géographique, avec plusieurs cultures bien marquées. Il existe bon nombre d’accents, tout aussi prononcés qu’en France par exemple, voire plus. L’accent du Nord du pays est l’un des plus célèbres. Si la ville de Porto, capitale du Nord peut se comparer à Marseille pour le Français, l’accent de Porto est l’équivalent au Portugal de l’accent marseillais. Il y a même la virgule (vous savez, si à Marseille on dit beaucoup plus souvent « put… » qu’ailleurs, à Porto on dit beaucoup plus souvent « caral… » qu’ailleurs).
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Radio Blog : écouter de la musique portugaise

Mercredi 10 décembre 2008

Je sélectionne pour vous les musiques incontournables du Portugal, avec Deezer. Ce site n’a pas toutes les musiques qu’il faudrait, et il existe pas mal d’artistes complètement absents, ce qui est dommage.

Je complèterais cette web radio régulièrement, avec de nouveaux titres. Connaissez-vous Paulo Bragança? Paulo Gonzo? Ou bien les Polo Norte? Non? C’est le moment de venir découvrir ce qui se fait musicalement au Portugal, mettez ça en ambiance sonore, ça pourrait vous surprendre :)

Linda de Suza : chanteuse immigrée

Jeudi 4 décembre 2008

Il y a de ces personnes qui représentent à eux seuls toute une période. Linda de Suza est de ces personnes. Elle représente, par son histoire et sa popularité, les « emigrantes », ceux qui sont partis du Portugal dans les années 60 et 70 pour la France, en quête d’une meilleure vie. Son parcours atypique en ont fait d’elle une icône de la culture française des années 80, grâce à son talent de chanteuse, et son vouloir, sa volonté de s’en sortir, si caractéristiques des « emigrantes », qui partaient du pays avec rien en poche. Ce n’est pas pour rien qu’elle remplit l’Olympia à Paris!
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"I'll see you in my dreams", de Filipe Melo : premier film portugais de zombies

Mardi 28 octobre 2008

Ses parents se sont endettés pour l’aider à financer son film. Il a eu un énorme succès d’estime, mais au niveau financier, il n’a gagné qu’un gros mal au crâne…

Filipe Melo est un jeune artiste pluridisciplinaire touche-à-tout. De son passé de geek pirate informatique, il ne garde pratiquement rien. Contraint par les autorités de ne plus toucher à un ordinateur après une sombre histoire de coups de téléphone gratuits pour accéder à internet, il se reconverti à son autre passion de toujours, la musique.

Une petite vidéo d’un concert à Angra do Heroismo (Açores), avec son trio de Jazz. C’est le pianiste.

Pas mal quand même, pour un ancien pirate informatique.

Un jour, Filipe Melo décide de tourner un film de zombies. Comme ça. Le premier film de zombies portugais. Ce court métrage (parce que bon, l’argent des parents n’est pas infini et qu’un court métrage, c’est quand même moins cher) est un petit bijou rempli d’effets spéciaux, avec un scénario… heu égal au genre.

Le film « I’ll see you in my dreams » a eu quand même pour le thème musical de sa bande annonce, la participation de Moonspell, le célèbre groupe de gothic metal (qui sont par ailleurs portugais). On se fait un petit plaisir et on regarde !

Superbe chanson, superbe film. Vous y découvrirez en acteurs des gens connus : la très belle Sofia Aparício, Manuel João Vieira (chanteur des Ena pá 2000), Rui Unas (un présentateur télé « cool »)… Filipe Melo sait s’entourer et embarquer dans ses projets pas mal de beau monde !

Plus récemment, Filipe Melo s’occupe du Super Héros du Jazz, Super Lócrio. Il vient à la rescousse de musiciens de jazz en leur donnant des conseils. Vraiment décalé.

Ce film lui aurait couté 150 euros à produire, et a été tourné pendant un après-midi de dimanche ensoleillé…

En ce qui concerne notre film de zombies, qui date de 2003 déjà, si vous voulez le voir, il va vous falloir avoir plus de 18 ans, et aller sur Youtube, ici et là.

Carlos Mar : pop, folk, rock en franco-portugais

Vendredi 24 octobre 2008

Connaissez-vous Carlos Mar ? Cet auteur compositeur interprète est un artiste luso-descendant qui chante en Portugais. Si vous voulez le découvrir, rien de mieux que de le voir en live. Il sera à l’Orient Express, 12 rue Claude Tillier, à Paris, samedi prochain dès 20h30 où vous pourrez entendre sa musique.

A caminho de Carlos Mar

A caminho de Carlos Mar

Avec les sept titres de son album « A Caminho », dont la chanson « San Sebastian » que j’aime beaucoup, il nous transporte dans un monde poétique et onirique. Écoutez quelques titres sur son myspace et découvrez l’entretien que Carlos Mar m’a accordé pour Lusitanie.fr :)

Lusitanie.fr : Tu habites en France, mais tu chantes en Portugais, pourquoi ce choix ? Est-ce que ça ne devient pas un handicap auprès de ton public français ?

Carlos Mar : Quand j’ai commencé à écrire mes premiers textes, je l’ai d’abord fait dans la langue de Molière. Mais le résultat ne me plaisait pas. La façon de structurer les phrases, les sonorités, les mots n’étaient pas en phase avec les émotions et les messages que je voulais transmettre.
J’ai donc commencé à écrire en Portugais et le lien s’est fait très naturellement.

Chanter en Portugais n’est pas forcément un handicap pour le public français, notamment le public parisien qui souhaite découvrir des univers un peu différents. D’ailleurs, aujourd’hui mon public est essentiellement Français même si des Portugais viennent régulièrement me voir en concert.

Carlos Mar en concert

Carlos Mar en concert

Un handicap est quand même bien présent lorsque j’aborde des structures professionnelles de la musique en France (labels, majors,..) car une niche de folk/rock/pop en Portugais est improbable et aura du mal à se faire une place dans les radios ou dans les bacs.

Pour finir, n’oublions pas que la communauté portugaise (sans parler de la communauté lusophone) est très importante en France et que de mon point de vue, le principal handicap pour moi et pour d’autres artistes lusophones c’est le faible appui et d’aide des structures culturelles portugaises en France.
A quand l’ouverture d’un café culturel qui ouvre ses portes aux artistes qui veulent s’exprimer ? La création d’un Festival Musical Lusophone ? Une aide financière pour que ces artistes s’expriment au Portugal ? etc, …

Affiche du concert à l'Orient Express

Affiche du concert à l'Orient Express

L : Comment les Portugais de France perçoivent ta musique d’influence folk, différente de ce qu’ils ont l’habitude d’entendre en Portugais ?

CM : Il m’est très difficile de connaître la part des Portugais de France qui ont pris connaissance de mon projet mais ceux qui m’ont vu en concert semblent apprécier puisqu’ils continuent à venir me voir régulièrement, à m’encourager en me laissant des messages sur mes sites, à acheter mon album,…
Ma musique semble plutôt plaire à la tranche 30-40 ans mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg. Les 20-25 ans semblent moins réceptifs car plus tournés vers du R&B, Hip Hop…

L : Tu travailles surtout avec des Français, as-tu déjà pensé à réaliser un album avec des Portugais ?

CM : Le fait de travailler avec des Français n’a pas été un choix délibéré.
D’ailleurs, lorsque j’ai commencé mon projet en solo, il n’y avait que des Portugais. La nationalité n’est pas une priorité pour moi. Ma priorité est de travailler avec des gens sérieux et motivés et avec qui je partage un certain nombre de valeurs musicales et personnelles. Mais pour répondre à ta question, oui, je pense inviter un ou deux Portugais sur mon prochain album, parce que j’admire leur parcours et que leur personnalité m’inspire.

L : Comment tes collaborateurs français perçoivent la langue portugaise?

CM : Mes collaborateurs apprécient le Portugais pour sa musicalité même s’ils ne le comprennent pas. Je dois dire que certains maîtrisent mieux l’accent que d’autres ;-).

L : Comment vois-tu le retour à la langue portugaise de la part d’artistes qui initialement chantaient en Anglais ?

CM : Le fait de chanter en Portugais ne va pas me faire dire que musicalement la musique sera meilleure. Par contre, ce que je peux dire c’est que le Portugal n’a jamais été un pays anglophone et que le Portugais est une belle langue qui mérite une meilleure place dans la musique.

Mais où en est-on des quotas radios pour la musique portugaise ?
Je me souviens déjà qu’à l’époque de sa mise en place, la polémique s’était installée dans le milieu (majors, radios,…) pour comprendre ce qu’on qualifiait de « chanson portugaise » : une chanson chantée en Portugais ? une chanson faite par des Portugais ? ou une chanson faite au Portugal ? etc.

Appuyées par les maisons de disques, les nouvelles générations de musiciens au Portugal ne parient que sur l’Anglais. Malgré l’existence de très bons projets en Anglais, je pense que la musique portugaise est aujourd’hui menacée. Donc, un retour au Portugais sera toujours profitable s’il s’inscrit dans une logique personnelle, culturelle, musicale.

L : As-tu un message à faire passer dans tes chansons, es-tu un chanteur engagé ?

CM : Il est évident que j’ai des messages à faire passer dans mes chansons. Je pense que c’est le besoin primaire de tout artiste qui rend sa musique publique, celui de partager. Dans ma chanson « Condenado », je parle de la drogue, et plus précisément des difficultés d’un individu à s’en sortir ; dans « Lutar até ao fim » sur une rythmique joyeuse j’aborde le thème du harcèlement moral, dans « Saudade » je parle du manque d’un être aimé,…
Je ne me considère pas un chanteur « engagé » comme on a l’habitude de l’entendre, mais j’écris et je chante des thèmes qui me touchent ou qui me révoltent.

L : Est-ce que des concerts sont prévus au Portugal ? Si oui, où et quand ?

CM : Pour l’instant je n’ai pas de confirmation pour des concerts au Portugal.
Je prévois d’y aller courant 2009 et faire une série de concerts à Porto, Braga, Famalicão et Lisbonne, voire dans d’autres villes.

Merci à l’équipe de lusitanie.fr et à très bientôt
Carlos MAR

Lusitanie.fr : merci à toi Carlos et bonne route :)

Chloé Deyme : une Française qui chante le Brésil

Mercredi 22 octobre 2008
Chloé Deyme au Habana Jazz

Chloé Deyme au Habana Jazz

Je viens de recevoir une invitation pour découvrir un « merveilleux répertoire de musique brésilienne » chanté par une française « brésilienne de cÅ“ur », Chloé Deyme, le dimanche 26 octobre, lors d’un concert au Habana Jazz, une salle parisienne.

Chloé sera entourée de Gerson Saeki à la Contrebasse, Philippe Baden Powell au Piano, et Mathieu Gramoli à la Batterie. Le concert sera l’occasion d’entendre une voix française interpréter des morceaux de Joao Bosco, Baden Powell, Chico Pinheiro, Djavan parmi d’autres, mais également écouter des compositions originales. Elle mélange jazz et bossa nova, un cocktail original :)

L’entrée est gratuite, il est donc conseillé de réserver si on veut y dîner.

Compositeur de marches militaires John Philip Sousa

Mercredi 8 octobre 2008
John Philip Sousa (source : Wikipedia)

John Philip Sousa (source : Wikipedia)

John Philip Sousa était un compositeur, né à Washington, en 1854. Ce nom vous dit quelque chose? Peut-être pas, mais il est extrêmement connu pour être le Roi des marches militaires américaines. Il a notamment été le chef d’orchestre de l’US Marine pendant de nombreuses années. Très doué, il avait dès  son plus jeune âge appris à jouer de tous les instruments à vent, ce qui couplé à son oreille absolue, ne pouvait qu’en faire un futur musicien de talent. En fait, si je vous parle de lui, c’est que son nom, « Sousa », n’est pas dû au hasard : oui, son père était portugais. Antonio Sousa, le père, jouait déjà du trombone dans la marine, et y inscrit son fils dès l’âge de 13 ans.

Écoutons donc sa plus célèbre composition, « Stars and Stripes Forever », qui n’est rien d’autre que la marche nationale des États Unis d’Amérique, par décision du Congrès.

On a tout de suite envie de donner sa vie pour la patrie, et de braver courageusement le feu nourri de l’ennemi.

Plus tard, il fonda le « Sousa Band », et se produisit un peu partout dans le monde, notamment en Europe. Ils auront joué pas moins de 15623 concerts de 1892 à 1931 !

Sousa, insatisfait avec les hélicons qu’il utilisait dans son orchestre, demanda à C.G. Conn de créer un nouvel instrument, le plus grand des instruments à vent : le Sousaphone.

John Philip Sousa (source : Wikipedia)

John Philip Sousa (source : Wikipedia)

Il en fallait pas moins pour quelqu’un qui écrivit pas moins de 136 marches! John Philip Sousa meurt en 1932, laissant derrière lui une oeuvre qui le gravera à jamais comme étant le Roi de la marche.

Hé, il était d’origine portugaise après tout ;)

Bana, le "monstre" de la Morna et de la chanson capverdienne

Samedi 4 octobre 2008

Vous connaissez tous probablement Cesária Évora, qu’on ne présente plus. Mais vous vous doutez bien que le Cap-Vert, malgré la petite taille de cet archipel au large de l’Afrique, regorge de talents musicaux ! Je vous avais déjà parlé de Lura, un peu de Tito Paris, mais pas encore de Bana.

Bana, c’est le monstre sacré de la musique là-bas. Comme la majorité de ses compatriotes, il a dû émigrer pour fuir la pauvreté de son pays, à Lisbonne en ce qui le concerne. Et bien lui en a pris si je puis dire : il a pu avoir le succès qu’il mérite, un succès qui lui permette de vivre de son Art. Et quel Art ! Il est véritablement doté d’un talent pour le chant, d’un talent pour la musique hors-normes. S’il est surnommé le monstre de la Morna, ce n’est pas uniquement à cause de sa très grande taille.

Il m’est impossible de ne pas bouger au son de cette musique, très justement intitulée « mexe mexe » (« bouge bouge »). J’adore.

Bana est également un ami avec un grand A, un cÅ“ur de la taille de son corps. Cesária Évora, même reconnue comme étant la reine de la Morna dans son pays, sombra dans 10 ans de misère et d’alcool : la musique ne payait malheureusement pas au Cap-Vert. Ce furent 10 années sans chanter, sans spectacles, rien. C’est Bana qui a finalement convaincu Cesária Évora de venir au Portugal, alors qu’elle venait de traverser les pires années de sa vie.

Elle fit plusieurs spectacles et concerts au Portugal, laissant le pire derrière elle. Puis un Français descendant de Cap-Verdiens nommé José da Silva ( \o/ c’est mon homonyme) découvre sa musique au Cap-Vert. Il la persuade de venir à Paris, où elle enregistre un album, album qui eu le succès que l’on sait…

Splendide duo avec Ildo Lobo : Bo Oio Preto , le créole portugais est vraiment beau à entendre avec de telles voix :)

Oui, je fais deux articles à la suite sur la musique du Cap-Vert, j’adore, pas vous ? C’est également le 50ème article de Lusitanie, champagne ! :p

Nèg'Marrons et Cesaria Evora chantent le Cap-Vert

Samedi 4 octobre 2008

Le groupe de dancehall français et la chanteuse capverdienne chantent dans une superbe musique, un véritable hommage au Cap-Vert, intitulée « Petites ÃŽles ». En effet, Jacky des Nèg’Marrons est originaire du Cap-Vert :D

Ils ont demandé à la « Diva dos pés descalços » (aux pieds-nus) du Cap-Vert, Cesaria Evora, s’ils pouvaient collaborer sur « Petites ÃŽles ». Cesaria, comme on peut le voir sur la vidéo, a été d’accord. Vous pouvez retrouver cette musique sur l’album des Nèg’Marrons « Les Liens Sacrés », sorti en juin dernier.

La musique est en fait une reprise de « Petit Pays ».

Personnellement, ça me fait bizarre d’écouter les Nèg’Marrons rapper sur « Petit Pays » de Cesaria. Je préfère la Morna (style musical capverdien) sans ajouts. Pour rappel, je vous mets Cesaria Evora en live, chantant justement « Petit Pays ».

C’est beau =’) Vivement un concert d’elle à Paris !

Concert de Mariza à Paris, avec Tito Paris

Samedi 27 septembre 2008

J’aimais le Fado.

Désormais, je l’adore. Oui, je reviens du concert de Mariza au Cirque d’Hiver Bouglione. Je vous l’avais dit que j’irais, dans un précédent article. Et c’était fabuleux. Oui. La sublime Mariza, la digne représentante de la nouvelle génération du Fado, était accompagnée par de fantastiques musiciens.

Entrée du Cirque dHiver

Entrée du Cirque d'Hiver

En fait, j’utilise beaucoup de superlatifs pour Mariza, mais… ce sont juste des Vrais musiciens en fait. La musique moderne que nous écoutons – trop – souvent à la télé à donné la part belle aux amateurs, qui font de l’à peu près. Lorsqu’on se retrouve face à des gens qui savent vraiment jouer ou chanter, de par leur immense talent et surtout leur long apprentissage, on ne peut que ressentir une claque.

Lustre du Cirque, richement decoré

Lustre du Cirque, richement décoré

Mariza est un condensé de talent, avec une voix mélodieuse et puissante, pleine de sentiment. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le cadre du Cirque d’Hiver était somptueux à regarder, mais. Oui, parce qu’il y a un mais : nous étions mal assis. Ok, nous étions tout en haut derrière, dans des mini fauteuils (je me cognais les genoux contre la place de devant). De plus, un cirque, même somptueux, ne se prête pas à un Fado. Un Fado, c’est intimiste, c’est quelque chose de fort partagé entre les artistes, les fadistas, et le public. Le décor n’a pas à distraire de l’essentiel, c’est à dire la musique, et les stars de la soirée. De plus, ce soir, nous avions un son « Ã©trange », sur certaines musiques, on entendait que partiellement notre chanteuse Mariza. Dommage.

La piste du Cirque

La piste du Cirque

Le problème, c'est qu'on était trop loin pour admirer la guitare portugaise...

Le problème, c'est qu'on était trop loin pour admirer la guitare portugaise...

Le Cirque d’Hiver n’a pas vraiment une très bonne acoustique, il n’avait pas été prévu pour ça. Mais malgré tout, le talent des interprètes est si puissant qu’il arrive à faire oublier ces handicaps de la salle. Salle qui était, comme il est évident sur les photos, archi comble. Comble d’un public mixte, avec une bonne moitié de Portugais (ah ça, il y a même eu quelques « Ã© fadista! » dans la salle) :)

Mariza s’est adressée en Français au public, d’ailleurs, un Français qu’elle ne maitrise pas, mais elle fait l’effort de le parler. C’est un peu frustrant de la voir avoir du mal à s’exprimer, elle qui a l’élocution d’une diva… ah mais c’est une Diva, justement. Mais je vous rassure amis portugais, elle s’est également adressée en Portugais, en s’excusant de ne pas l’avoir fait plus tôt. C’est à ce moment là qu’on comprend que la moitié de la salle était portugaise. Mais, il fallait bien qu’elle se fasse comprendre par tout le monde, et donc, elle utilisait le Français, vu que a priori, les Portugais présents parlent également le Français.

Tito Paris, chanteur et compositeur Cap-Verdien

Tito Paris, chanteur et compositeur Cap-Verdien

L’invité très spécial de Mariza pour cette série de concerts, le Cap-Verdien Tito Paris, est resté pour trois chansons : un duo et danse avec Mariza (la chance *_* ), une musique originale que je vous mets en vidéo juste après, et la fameuse musique Cap-Verdienne que Cesaria Evora a immortalisé dans le marbre de la culture mondiale, « Saudade ».

Tito Paris danse avec Mariza

Tito Paris danse avec Mariza

Cette chanson qu’il nous a jouée pendant le concert se nomme « Danca Ma Mi Criola ». C’est trop entrainant, ça donne trop envie de bouger :) c’est vraiment dommage que Tito Paris ne soit pas plus connu, c’est dingue le nombre de perles qui nous passent à côté. Enfin, un petit peu moins avec Lusitanie.fr :D

Tito, pour parler encore un peu de lui, est venu au Portugal à l’âge de 17 ans, à la demande de Bana (une légende musicale du Cap-Vert), afin de jouer dans son groupe. Il connait donc bien le Portugal est le milieu de la musique portugaise. Un peu comme tout les autres Cap-Verdiens en fait, les deux pays continuent à entretenir de profondes relations d’amitié.

Lors de son interprétation de « Saudade », il a remplacé, pour faire plaisir à son public, l’endroit « São Nicolau » (patelin du Cap-Vert d’où est originaire le compositeur de la musique) par « Cabo Verde » ou, d’autres fois, par « Portugal ». C’est vrai que ça fait plaisir, mais bon, il y avait quand même derrière moi des gens qui chantaient avec le São Nicolau. Pas plus mal comme ça.

Toute la joie de chanter de Mariza

Toute la joie de chanter de Mariza

Il ne faut pas beaucoup de moyens pour jouer du Fado. Une voix, une guitare… et c’est tout. C’est limite si il n’y avait déjà pas trop de monde au concert ce soir, avec un guitariste acoustique, un bassiste, un percussionniste, et un pianiste / trompettiste, en plus de l’obligatoire joueur de guitare portugaise (mon dieu ce que j’adore cet instrument).

Le bassiste et le guitariste acoustique accompagnent Mariza

Le bassiste et le guitariste acoustique accompagnent Mariza

Ah la la… c’était vraiment dommage que je sois dos à la star des instrumentistes, le joueur de guitare portugaise, Angelo Freire. Je ne le connaissais pas avant ce soir, il me semble très jeune pour tant de talent : il nous a livré une « guitarrada » fabuleuse (c’est un solo de guitare). Il faut vraiment avoir des doigts de fée pour jouer comme il joue ! La guitare portugaise, c’est ce qui donne cette sonorité si spéciale au Fado !

Tonerre dapplaudissements

Tonerre d'applaudissements

La salle était vraiment enthousiaste, avec des applaudissements à tout rompre plusieurs fois pendant le concert. C’était magique. Toute la salle debout pour applaudir la Diva du Fado, Mariza, c’est pas tous les jours. Et dire que ce n’est que la première soirée, demain elle remet ça :)

Musique sans micro

Musique sans micro

Pour nous remercier d’avoir été un public si fantastique, Mariza et les deux guitaristes vont jouer, tenez vous bien, sans micros, sans amplis. Juste avec leurs voix et leurs instruments. Comme on en joue dans les rues de Lisbonne, quoi.

Fabuleux. Le son dont je me plaignais au début n’était plus un problème. Tout était parfaitement équilibré. La sublime voix de Mariza, malgré des problèmes flagrants de sonorisation de la salle, montait jusqu’à mes oreilles, les caressant de façon suave et mélodieuse… La salle observait un silence religieux pour l’écouter, la moindre personne qui toussait s’entendait. Ah oui, c’est clair que là, n’importe qui aurait pu gêner leur prestation.

Mais sincèrement, je préfère le Fado comme ça. Au naturel. Proche. Sans les artifices des micros, des hauts parleurs, des mauvais réglages sonores. Je suis encore estomaqué d’avoir entendu ça, c’est donc ça une vraie chanteuse… waouh.

La soirée touchait à sa fin. Mariza, après les multiples « encore », revient nous jouer, pour finir, « gente da minha terra ». Mon Dieu ce que cette musique est belle avec sa voix. Elle a tout au long du concert fait un juste milieu entre son nouvel album, « Terra », avec ses anciens morceaux. Ce nouvel album vaut vraiment la peine d’être écouté sans modération, j’aime beaucoup « Rosa Branca ». Mariza chante, mais elle danse aussi beaucoup, comme au début du Fado, qui n’est pas forcément une musique triste (du moins celui de Lisbonne).

Mercis et encores

Mercis et encores

De gauche à droite : Simon James, pianiste et trompettiste, Angelo Freire, virtuose de la guitare portugaise, Tito Paris, compositeur Cap-Verdien, Mariza, Diogo Clemente à la guitare classique, et une personne dont j’ignore le nom, je fais un appel ici. Le percussionniste aux cheveux longs, il s’appelle comment ? Mariza avait dit « Vicky » ou « Ricky », pas très bien entendu… il est très bon en plus, comme il l’a démontré lors de son solo. La dernière personne, le bassiste, Marino de Freitas.

Pour ceux qui regrettent de ne pas être venu au concert, je vous rassure, elle vient à peine de commencer sa tournée mondiale : elle fera plus de 100 concerts dans 21 pays, elle finira bien par passer près de chez vous :) Je vous laisse avec le premier clip officiel de « Terra », la chanson « Rosa Branca ».

Lura : chanteuse du Cap-Vert

Dimanche 21 septembre 2008
Lura en concert

Lura en concert

Je voudrais vous parler de Lura. Lura, je l’ai découverte il y a un peu plus d’un an, par hasard, au détour du web. J’ai tout de suite été accroché par sa voix mélodieuse, par la musique au rythmes africains entrainants, par la passion qui s’entend et qui se dégage de cette formidable chanteuse.

Je ne sais pas comment le Cap-Vert fait, mais c’est un pays qui regorge de talents musicaux, il suffit juste de penser à Cesaria Evora, avec qui elle a débuté sa carrière…

Lura est née et a grandi à Lisbonne. Le Cap-Vert, ce sont ses parents qui le lui ont transmis, c’est pourquoi elle chante en créole dans ses chansons. Et puis… les cap-verdiens sont la première communauté étrangère du Portugal, elle avait donc beaucoup d’amis de la même origine, ce qui explique pourquoi aujourd’hui elle dit que le Créole est sa langue maternelle. Est-ce que les Cap-verdiens sont vraiment étrangers ? Pour ma part, non. De toutes façon ce concept « d’étranger » ne veut rien dire, ils ne sont pas plus étrangers pour moi qu’une personne des Açores.

Je me demande vraiment comment un si petit pays fait pour avoir autant de talents musicaux. Ils ne sont que 500 000 habitants, au Cap-Vert (et 700 000 ailleurs, oui, il y a plus de Cap-Verdiens en dehors du Cap-Vert qu’au Cap-Vert).

Lura, il faut absolument la voir en concert. Pour y être allé, je vous jure que ça vaut le coup. Et oui, ça change vraiment d’aller voir une vraie chanteuse, qui se sentirait insultée si on lui proposait le playback. Elle joue beaucoup avec le public, elle danse, elle transmet une émotion qui est palpable tellement elle est forte. Je vous laisse regarder cette vidéo d’un concert à Paris, avec la chanson « Na Ri Na ».

Et pour le plaisir, bien sûr que je vous laisse d’autres vidéos de musiques que j’adore  :

« Ponciana ». Cette chanson nous raconte l’histoire d’une jeune fille du Cap-Vert qui est tombée amoureuse d’un émigré aux Pays-Bas. Elle tombe enceinte mais ses parents l’avaient promise en mariage à un autre homme… « Ponciana » est un nom générique de femme, lorsqu’on ne veut citer personne en particulier.

Dans cette vidéo d’un live, elle joue du batuque (batuku en Créole du Cap-Vert), un style musical traditionnel et une danse du Cap-Vert. J’adore :D ! La chanson se nomme « Raboita Di Rubon Manel »

« Vazulina » : superbe vidéo clip :) Superbe musique :) Superbe Lura :)

Si jamais elle repasse à Paris, je vous tiendrais au courant, on s’y retrouve?

PS : Je vous avais déjà dit qu’elle dansait, aussi ?

Mariza au cirque d'Hiver à Paris, les 26 et 27 septembre

Mardi 9 septembre 2008

La diva du Fado, Mariza, sera présente en concert au Cirque d’Hiver de Paris, le 26 et le 27 septembre. Achetez vite vos billets, il y en avait plus beaucoup quand j’ai acheté les miens à la Fnac :3

Un petit extrait youtube d’un concert de Mariza à Londres. La chanson, chantée entre autres par la grande Amalia Rodrigues, est ici reprise d’une façon phénoménale. Le refrain de « Barco Negro » (bateau noir) nous parle d’un amour qui n’est pas parti, parce que tout autour nous rappelle cet amour.

Les fadistas (chanteurs de fado) sont avant tout des interprètes, il est donc très courant d’avoir plusieurs versions d’une même musique, chantée de façons différentes. Juste à titre de comparaison, je vous mets la version d’Amalia.

Le Fado, musique de Lisbonne et Coimbra

Samedi 16 août 2008

Le Fado est un style musical populaire portugais. Né de plusieurs influences au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle à Lisbonne, mais avec des racines beaucoup plus anciennes, il est caractérisé par un chant mélodieux et nostalgique.

L’origine du Fado est mystérieuse : pour beaucoup, c’est un chant qui date de l’époque de l’occupation musulmane (il y a tout de même 1000 ans), ce qui n’est pas réaliste d’un point de vue ethno-musical. Il faut plutôt chercher l’origine du côté de Lisbonne, ville mondialisée par excellence au XVIIIème siècle et qui était donc un creuset de cultures.

Le Fado n’a pas pour seules origines la ville de Lisbonne : il existe un autre genre, celui de Coimbra, la ville des étudiants (un tiers des étudiants portugais étudient à Coimbra). Le Fado de Coimbra est plus intellectuel, ce qui semble logique pour une ville étudiante. La majorité des thèmes abordés dans les chansons de Coimbra sont des balades, des peines de cÅ“ur ou la tristesse d’un départ, ce qui n’est pas le cas des musiques de Lisbonne, plus joyeuses en général (si je voulais caricaturer, je dirais que l’amour à Coimbra est mort, et l’amour à Lisbonne est parti).

Le Fado est très associé au Portugal, éclipsant totalement les autres genres musicaux, ce qui est dommage. Même au Portugal, on ne parle quasiment que de Fado : c’est, après tout, la musique de la Capitale. Or, cette musique est majoritairement triste, avec des paroles parfois à la limite du morbide. C’est un peu pour ça qu’on dit que les Portugais sont un peuple triste, tristes d’avoir perdus leur grandeur passée je ne sais pas (les paroles ne sont pas trop en rapport avec une éventuelle gloire passée, voire pas du tout), mais tristes tout de même, alors que, en pratique, c’est quand même un pays ensoleillé au bord de mer qui aime faire la fête comme tous les autres pays latins du sud.

Peut-être parce que les Portugais savent mieux que quiconque ce qu’est la Saudade, ce sentiment souvent assimilé à de la nostalgie, mais pas tout à fait. La musique d’un pays, sa culture, ce qui est passé à la télé ou qui passe dans les petites fêtes possède une responsabilité envers les gens qui l’écoutent : à trop écouter de la musique triste, on fini peut-être par être nous mêmes tristes.

Parfois, un peu d’émotion profonde ne peut pas faire de mal, écoutons Mariza, qui chante « Gente da minha terra » (peuple de mon pays) :

C’est du pur fado de Lisbonne, chanté avec toute l’émotion de la grande diva du Fado qu’est Mariza. T’écoutes ça, tu pleures d’émotion en repensant à tout ceux que tu as laissé derrière toi en partant de ta ville, de ta campagne pour aller vivre ta vie. C’est ça, la Saudade.

Le Fado possède son instrument : la guitare portugaise. Jouée par un Maître comme feu Carlos Paredes (Fado de Coimbra), elle nous fait revivre à nouveau ce sentiment spécial, la Saudade.

Les deux fados que l’on vient de voir, l’un chanté « de Lisbonne », l’autre instrumental « de Coimbra » n’ont rien à voir, et sont pourtant si proches au niveau du ressenti. On aurait pu croire que le Fado, en tant que musique populaire traditionnelle aurait pu n’avoir qu’un succès d’estime auprès des Portugais, mais ce n’est pas le cas.

Je vous dirais que le Portugal valorise beaucoup sa musique, le paysage musical est riche et varié. Très souvent, des chanteuses comme Mariza sont au top des hit-parades et ce n’est pas une « honte » pour un jeune de 16 ans dire qu’il écoute Mariza, ou Dulce Pontes, ou Mafalda Arnauth, ou Teresa Salgueiro…Il faut dire qu’il n’y a pas tant de pays que ça qui possèdent une si jolie musique purement nationale.

Je reviendrais évidemment sur le Fado dans d’autres billets du blog où je vous parlerais plus longuement de certains aspects de cette musique, à bientôt :)