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Les 1000 saveurs de la Glacerie Coromoto : glaces à la sardine?

Mercredi 22 octobre 2008

Je sais, vous êtes un sacré gourmand, vous ne pouvez rien me cacher! :D

Connaissez vous la ville de Mérida, au Venezuela? C’est une ville de 300 000 habitants, la deuxième ville étudiante du pays avec son Université des Andes, perchée à 1600m de hauteur. Elle possède la particularité de posséder le plus grand téléphérique du monde : 12,5 km de longueur. Pour la petite histoire, Mérida, c’est également le nom de la ville d’Estremadure en Espagne, qui était la capitale de l’ancienne Lusitanie, Emerida Augusta. La Mérida du Venezuela est nommée ainsi en l’honneur de son fondateur, originaire de cette ville espagnole…

A votre avis, dans la ville la plus froide du Venezuela, avec seulement 19 petits degrés de température moyenne, quel est l’établissement le plus connu internationalement? Une boulangerie? Un restaurant? Non, non, une… glacerie! Oui oui, une boutique où on vend des glaces…

La glacerie Coromoto (« Heladería Coromoto ») à Mérida, au Venezuela, est donc internationalement connue : fondée par Manuel da Silva Oliveira, un émigré portugais dans ce pays d’Amérique du Sud, elle propose des centaines de saveurs différentes, qui peuvent parfois en dérouter plus d’un. Des glaces au saumon, au calamar, à l’ail… et au viagra (pollen et miel en fait, pour cette dernière). Au total, ce sont plus de 900 saveurs qui sont proposées dans sa glacerie vénézuelienne, par deux fois citée au guiness book des records. Il est devenu le glacier le plus fameux du monde : chaque touriste de Mérida se doit de passer dans sa glacerie, et gouter l’une de ses fameuses glaces, dont il conserve soigneusement les recettes dans sa… mémoire. Plusieurs fois contacté par des entreprises internationales de glaces, qui voulaient ses recettes et son prestige, il a toujours refusé de travailler avec ces multinationales. Il ne conçoit pas la glace avec des produits chimiques, et refuse, héroïquement par les temps qui courent, de vendre ses recettes. Les glaces de Dom Manuel da Silva Oliveira sont donc 100% naturelles, et, de l’avis des gens qui ont eu la chance d’y gouter, extraordinairement bonnes. Je ne sais pas d’ailleurs si vous pourrez en déguster ailleurs que dans sa boutique…

Reportage brésilien sur la Heladaria Coromoto

En l’an 2000, Manuel da Silva Oliveira fait la connaissance de son fils, de 47 ans, lui aussi nommé Manuel Oliveira. Il était resté au Portugal avec sa mère, qui n’avait pas voulu suivre son mari au Venezuela, parti alors qu’elle était enceinte. Ils ne se connaissaient donc pas. Ils se rencontreront finalement au Portugal, et notre Manuel découvrira qu’il est déjà arrière-grand père. Puis le fils suivra son père au Venezuela, pour découvrir la glacerie de son père, déjà consacré, et apprendra l’Art de la glacerie des mains du maître. Apparemment, le déclic que son père avait eu il y a bien longtemps s’est opéré également, et depuis, il existe une Glacerie Coromoto au Portugal également.

Tout comme son père, il est entièrement devoué à la recherche de nouvelles saveurs pour ses glaces. Initialement située dans leur ville natale de Santa Maria da Feira (proche de Porto), il déménagera à Portimão, Algarve, beaucoup plus touristique. Père et fils échangent depuis lors quasi quotidiennement leurs recettes de glace : à eux deux, les Glaceries Coromoto cumulent plus de 1000 saveurs de glaces. 1000 goûts différents. Je ne suis même pas sûr d’avoir déjà gouté à 1000 choses différentes dans ma vie, alors des glaces!

Alors, que choisir? Une glace au Bailey’s? Ou un « sexe à la plage » ? Ou bien une « soupe de cheval fatigué » ? Une glace à la crevette, glace au curry, glace à la sangria, etc etc etc ? La vidéo sur cette glacerie est éloquente!:D

Premier vol humain : Bartolomeu de Gusmão, inventeur de l'aérostat

Mardi 14 octobre 2008

En 1710, un prêtre Portugais né au Brésil fut le premier homme a avoir « volé ». Avec l’aide d’un engin de son invention, il sauta du Castelo São Jorge (Château Saint Georges) de Lisbonne, et « tomba » un kilomètre plus loin. Cet homme extraordinaire n’avait pas froid aux yeux, c’est le moins que l’on puisse dire !

Bartolomeu de Gusmão, par le peintre brésilien Benedito Calixto

Bartolomeu de Gusmão, par le peintre brésilien Benedito Calixto

Bartolomeu Lourenço de Gusmão, puisque c’est de lui qu’on parle, est né au Brésil en 1685. Il démontra très tôt ses immenses qualités d’inventeur, en ayant créé une machine pour son séminaire, qui permettait de transporter de l’eau jusqu’à l’édifice, situé sur une colline de 100 mètres de hauteur. Adolescent, il voyagea au Portugal, où il fut hébergé par le Marquis de Fontes. Il était à ce moment déjà reconnu pour son extraordinaire mémoire.

Il demanda le brevet pour son « invention pour faire monter l’eau à toute hauteur et distance que l’on désire », ce qui en fait de lui le premier des brésiliens à avoir déposé un brevet, en 1707. Mais il est surtout connu pour un brevet déposé en 1709, « l’instrument pour aller en l’air ». Ce brevet fit grand bruit en Europe, avec diverses représentations de l’invention, plus ou moins fantaisistes, en forme d’oiseau. L’invention serait connue sous le nom de « passarola », c’est à dire « oiseau femelle ». Cette représentation fantaisiste est en fait l’Å“uvre de son disciple, le fils du marquis qui l’hébergeait, une représentation nécessairement faussée pour protéger les principes de son invention. Ceci dans l’espoir d’éloigner les personnes qui demandaient sans cesse à voir l’objet volant. Il avait par exemple attribué la capacité de vol à son invention au magnétisme, principe « passe-partout » de l’époque pour expliquer à peu près tout et son contraire. Le véritable principe de son aérostat était celui de la poussée d’Archimède…

Il y avait déjà eu par le passé des approches d’aérostats, les chinois en parlaient déjà. Bartolomeu passe à un autre niveau avec sa « passarola », et fera donc en 1710 son premier vol. Ce n’est qu’au bout de plusieurs tentatives infortunées (plusieurs incendies de l’engin, qui utilisait la combustion d’alcool pour s’enlever dans les airs) qu’il réussit à faire un vol contrôlé de l’aérostat. Nous ne savons plus grand chose de ce à quoi pouvait ressembler le passarola, les documents originaux se sont malheureusement perdus.

Représentation fantaisiste de la Passarola

Représentation fantaisiste de la Passarola

Malgré plusieurs témoignages des plus grandes personnalités de l’époque (dont un futur pape, Innocent XIII), l’invention ne connu pas de suite, par manque de fins pratiques et dû à sa dangerosité. Bartolomeu de Gusmão, en proie à des démêlées avec la Sainte Inquisition suite à une campagne de diffamation contre lui, dû s’enfuir en Espagne. Il mourut à Tolède, emporté par une maladie contractée dans un hôpital qui l’avait hébergé. On était en l’an 1724, il n’avait pas fêté 40 ans, et on était encore à 59 ans du premier vol de la montgolfière…

C’est fou quand même le nombre de personnes extraordinaires que l’on peut rencontrer dans l’Histoire du Portugal, et qui ne sont pas du tout valorisées à leur juste valeur : il y a toujours quelqu’un pour mettre des bâtons dans les roues. Dieu sait ce qu’il aurait pu inventer ou créer de plus, s’il n’était pas tombé malade lors de son exil forcé… Il restera connu pour la postérité comme étant le « prêtre volant ».

La dernière 2CV a été produite au Portugal

Jeudi 9 octobre 2008

Je continue dans ma série d’articles du genre « le saviez-vous » ! :)

Aujourd’hui, un petit tour dans le monde automobile, pour vous parler d’une voiture mythique, la deux chevaux, de Citroën. Comme vous le savez sans doute, elle fête en 2008 ses 60 ans. En effet, sa production avait commencé en 1948, ne s’étant arrêtée que 42 ans plus tard, en 1990, au Portugal. Et oui, la dernière des deuches est portugaise !

Une deux chevaux (source : Wikipedia)

Une deux chevaux (source : Wikipedia)

Pierre-Jules Boulanger, son créateur, avait dans son cahier des charges pour consigne de créer une Très Petite Voiture (TPV, qui sera le nom du projet), et commença à travailler en 1936. Voici son cahier des charges :

Quatre roues sous un parapluie avec quatre places assises, 50 kg de bagage transportable, 2 CV fiscaux, traction avant comme les 11 et 15/Six, 60 km/h en vitesse de pointe, boîte à trois vitesses, facile d’entretien, possédant une suspension permettant de traverser un champ labouré avec un panier d’Å“ufs sans en casser un seul, et ne consommant que 4 à 5 litres aux 100 kilomètres.

J’adore :D

Le développement de la voiture sera interrompu pendant la Seconde Guerre Mondiale, et ne sera finalement présentée qu’au Salon Automobile de Paris de 1948.

5 millions d’unités ont été produites au cours de sa longue carrière, un succès largement mérité au vu de ses nombreuses qualités : économique, bien équilibrée et versatile.

Si le Portugal a été le dernier pays à en produire dans son usine de Mangualde, c’est sans doute à cause de l’amour que bon nombre de Portugais portent pour cette voiture économique et multi-fonction. De nombreuses concentrations de 2CV y sont réalisées, la dernière en date ayant eu lieu ce 4 octobre 2008 à Lisbonne, vous pouvez voir ici une vidéo de l’évènement filmé par un fan.

On peut admirer sur cette petite vidéo amateur les jolies voitures, dans la jolie ville de Lisbonne, Praça do Comercio. On aperçoit même les tramways.

Un maçon portugais trouve un trésor, son accent fait rire Cauet

Mardi 23 septembre 2008

Paulo Ferreira est un jeune homme de 27 ans. Il est venu en France pour travailler, en tant que maçon, comme tant d’autres Portugais avant lui. C’est une étape presque classique dans la vie d’un jeune sans formation au Portugal. En revanche, contrairement aux émigrés des années 60-70, les Portugais d’aujourd’hui ne restent plus en France que quelques années, le temps de se faire un peu d’argent.

Paulo a eu un coup de pot immense, c’est le moins que l’on puisse dire : il a trouvé un trésor faramineux, lors de travaux dans une maison du Loir-et-Cher. La Loi l’oblige a partager son « butin » avec le propriétaire de la maison (classée monument historique et datant du XVème siècle), mais il a quand même pu mettre aux enchères 285 pièces de monnaie françaises et espagnoles remontant à Louis XIII et la Renaissance.

Ces magnifiques pièces d’or et d’argent ont été adjugées 300 000 euros.

Pas mal. C’est un bon coup de pouce pour ce jeune papa, qui avait du démissionner pour ne pas avoir à subir les pressions de son patron, qui voulait toucher lui aussi le pactole… (et sans recevoir les indemnités chômage).

Bon, ok, et Cauet dans tout ça? Et bien figurez-vous que Paulo a été invité sur son plateau de télé, pour parler de son extraordinaire trouvaille, comme vous pouvez le voir sur la vidéo.

Paulo est un type sympa, et modeste et ça se voit, même sur cette vidéo. Il veut juste passer des vacances cet été avec la famille au Portugal, et se payer un petit voyage à Tahiti, après avoir remboursé ses dettes, et peut-être se construire une maison, pour lui et sa femme Amanda.

Donc la question que je me pose, c’est : pourquoi les gens autour de lui rigolent ? En quoi un accent prononcé est-il motif à la dérision ? Ne devrions-nous pas plutôt applaudir son effort de s’exprimer dans une langue qu’il ne connaît pas ? D’ailleurs, s’il continue ses efforts, il aura tôt fait de maîtriser la langue française, sauf si on le décourage avec ce foutage de gueule généralisé.

Mentalités de petits Français, connus à l’étranger pour être des chauvins imbus d’eux-mêmes : Cauet n’a pas arrangé les choses. Les commentaires sur Youtube sont pour la plupart assez démonstratifs également.

En attendant, c’est bien Paulo qui a empoché 300 000 euros.

Peut-on rire de tout ?

Oui, bien sûr, mais on ne peut pas se moquer de tout. Rire et se moquer, ce sont deux choses totalement différentes.

Duo musical : Lio et Dan Inger

Dimanche 21 septembre 2008

Tiens, c’est rigolo, c’est un blog de la Lusophonie, et Jori nous parle de musique française ?

Et bien en fait non. Ces deux chanteurs sont totalement inconnus au Portugal, mais si les Portugais de là-bas savaient qu’ils sont tous les deux d’origine portugaise, ils seraient mieux appréciés? Quoiqu’il en soit, ils ont chanté en duo et en Portugais, sur le plateau de « Thé ou Café ».

C’est joli comme ballade. On ne présente plus Lio née à Mangualde (ville du centre nord du Portugal, pas loin de Viseu), immigrée avec ses parents en Belgique à Bruxelles, à l’âge de 3 ans. Je tiens à préciser qu’elle chante avec un accent Portugais parfait. Quand à Dan, c’est en fait Daniel dos Santos, né en France, et lui oui chante avec un fort accent de guesh. Pour son nouvel album, d’un style musical qu’il intitule de fado-blues, il a fait appel à ses amis et d’autres franco-portugais pour chanter avec lui en guest-star.

J’aime bien, c’est très reposant, comme musique. Le single se nomme « noite e ressaca », ça veut quand même dire « nuit et gueule de bois »…