Articles taggés avec ‘Histoire’

Aveiro, plus belle ville du Portugal ?

Jeudi 8 juillet 2010
On respire dans cette ville!

On respire dans cette ville!

Du temps où j’étais étudiant, j’avais une fois posé une question à un ami, qui voyageait beaucoup dans le pays : je voulais savoir quelle était la plus belle ville du Portugal à ses yeux. Il n’a pas hésité une seule seconde : Aveiro. Pas besoin de plus pour que ça reste gravé dans ma mémoire : Aveiro est une ville à visiter et à apprécier comme il se doit. Se promener le long des quais, flâner sur les canaux sur un des « moliceiros » ou alors juste goûter aux traditions culinaires de cette ville du centre du Portugal sont tout autant de plaisirs uniques qui valent le détour et même le séjour.

Pavés décorés d'ancres marines

Pavés décorés d’ancres marines

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Voyage aux Berlengas, îles portugaises au large de Peniche

Lundi 23 novembre 2009
L'Archipel des Berlengas

L’Archipel des Berlengas

Au large de la ville de Peniche se trouve les îles des Berlengas. Ce petit archipel, à priori désertique, mis à part quelques petites maisons de pêcheurs et un Fort, regorge en fait de vie ! Nous sommes partis y faire un petit tour, histoire de voir à quoi pouvait bien ressembler ces rochers granitiques en plein océan atlantique.

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Château de Leiria

Mercredi 7 janvier 2009

Lorsque l’on arrive dans Leiria, une jolie ville du centre du Portugal, la première chose que l’on remarque, c’est son superbe château, perché sur la plus haute colline de la ville. Le château domine toute la région, et laisse imaginer une splendide vue des alentours de ses galeries, si caractéristiques. Je vous propose dans ce nouvel article, de découvrir le monument principal de la jolie ville de Leiria, avec comme d’habitude, de nombreuses photographies :)

Ville et Château de Leiria

Ville et Château de Leiria

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Musée du Verre de Marinha Grande

Mercredi 17 décembre 2008

Marinha Grande est une ville du centre du Portugal, sur le littoral. Si on parle de Marinha Grande à un portugais, la première chose qui lui viendra à l’esprit, c’est le verre. Marinha Grande est connue pour son industrie verrière, plus important centre de production du pays, avec un verre de très grande qualité. Ville dynamique et industrielle, c’est la capitale Européenne du moulage industriel, avec pas moins de 250 entreprises du secteur implantées dans la région de Marinha Grande.

Musée du Verre de Marinha Grande

Musée du Verre de Marinha Grande


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Vieille ville et château de Ourém

Vendredi 31 octobre 2008

Ourém, ville du centre du Portugal, est une très jolie petite ville. Lorsque j’allais de chez mes parents à Pombal à mon université à Tomar, je passais par Ourém. Ce qui impressionne le plus lorsque l’on arrive en voiture par la N113 à Ourém, c’est le château. Il se voit des kilomètres à la ronde, il surplombe toute la région, fier et dominant. Je n’y étais encore jamais allé, j’ai profité des vacances pour enfin visiter ce chef d’Å“uvre de l’architecture médiévale.

Tours du Château de Ourém. Source Wikipedia

Tours du Château de Ourém. Source Wikipedia

Château de Ourém, vue générale, source Wikipedia

Château de Ourém, vue générale, source Wikipedia

« Vila Nova de Ourém » est devenue « Cidade de Ourém » depuis 1991. Le titre honorifique est le signe du dynamisme de la ville, devenue l’une des plus importantes de la région. Avant 19ème siècle, la ville était limitée aux alentours immédiats du château, perché sur sa colline. C’est en 1841 que la mairie passe de la vieille ville à la vallée. La distinction est assez nette entre les « deux » villes, clairement séparées, la colline étant trop abrupte pour que l’on puisse y construire facilement. Cet état de fait à protégé la vieille ville, qui respire encore l’ancien, quasi intact. C’est un réel retour au passé lorsque l’on parcourt les anciennes rues de Ourém. Mais n’allez pas croire que la ville serait à l’état d’abandon : elle reste dynamique, elle est toujours habitée. J’ai par exemple entendu de la musique. Les membres de la sede filarmonica (orchestres de rue) étaient en train de répéter.

éoliennes sur l'horizon

éoliennes sur l'horizon

Aux alentours, perchées sur les montagnes que l’ont peut voir au loin sur l’horizon depuis la vieille ville, on distingue les éoliennes, présentes un peu partout dans la région autour de Leiria : ça fait longtemps que le Portugal parie sur les énergies renouvelables pour se fournir en électricité. Je les trouve assez esthétiques au loin, ces éoliennes (de près carrément moins…). Vous pouvez les voir sur la photo suivante, tel que je les voyais de la vieille ville. Cliquez sur la photo pour la voir en grande taille sur flickr, vous y distinguerez peut-être les éoliennes :)

cidade velha ourem panorama

Panorama de la vieille ville

cidade velha ourem panorama 1

Anciennes maisons de la vieille ville

Peut-être que ce qui les fait rester dans la vieille ville, c’est après tout la vue époustouflante qu’on y a. C’est extraordinaire de voir un tel panorama. On était en fin de journée comme vous pouvez le voir sur les photos, et malgré tout, notre regard portait extraordinairement loin. On comprend l’intérêt stratégique immense de l’emplacement, si on y ajoute en plus la proximité d’une rivière. Les petites maisons blanches, la ville moderne en contrebas, le soleil couchant, colorant les nuages de mille couleurs dorées, sans compter la forêt omniprésente : hum oui ça vaut le coup de devoir « grimper » sur la colline pour voir ça!

cidade velha ourem panorama 3

La vallée, avec la ville moderne

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Maison de la ville médiévale

La ville a connu deux énormes catastrophes dans son histoire, qui ont grandement endommagé son patrimoine : le tremblement de terre de 1755, et les guerres napoléoniennes, avec les invasions de Masséna de 1810. Il faut croire qu’ils ont fait un très bon travail de restauration, le château est toujours magnifique, j’aurais adoré le voir à l’apogée de sa splendeur.

Torre Castelo de Ourem

Tour du château de Ourém

Je tiens tout de même à m’excuser pour la faible qualité de certaines photos. Oui parce que lorsqu’on a plus de batterie sur on appareil photo normal (qui n’est qu’un vulgaire compact..) on doit se débrouiller avec son mobile. En fin de soirée, à la tombée de la nuit, c’est pas si mal, finalement. Mais la majesté des lieux y est pour quelque chose, faut avouer.

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Château de Ourém

castelo de ourem 6

Illumination du château de Ourém

Il est très joli, le château, à la tombée de la nuit, avec l’illumination. C’est assez magique de nuit. Il faut quand même faire attention lorsque l’on se promène sur les tours : il n’y a aucune protection, et la chute serait mortelle à coup sûr. D’autres parties du château, notamment le donjon, ne sont pas aussi bien conservées que les deux tours, construites autour de l’an 1450.

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Il n’y a plus de toit…

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Murs du donjon

Les toits en bois ont disparu, ça ne serait pas une fortune colossale d’en remettre, et de revaloriser l’espace avec un musée par exemple. Enfin je dis ça, mais il est vrai que je suis un partisan des reconstructions (en respectant l’architecture originale bien sûr) des anciens monuments, plutôt que de n’avoir qu’un tas de ruines bien entretenu.

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Donjon du château

Le donjon est tout de même splendide, je me perd en superlatifs depuis le début de l’article. Le passage que vous voyez à gauche était, à ce qu’il parait, un ancien passage secret. Ce château possède une caractéristique assez unique au Portugal : l’inclusion de briques rouges dans les murs, un peu au style vénitien.

castelo de ourem 2

Briques rouges du donjon

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Le château est majestueux

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Ancien passage secret?

Je n’arrivais pas à choisir quelles photos mettre du donjon, alors j’ai tout mis :D (ou presque). J’ai en revanche très peu de photos d’autres endroits du château, ce qui explique les photos wikipedia du début. Pour les prochaines fois, je serais armé en batteries d’appareils photo >_< !

castelo de ourem  10

Beaucoup d’escaliers, sur la colline…

C’est promis, aux prochaines vacances, je vais voir de l’autre coté de cette tour. La ballade dans la vieille ville était tout aussi fascinante, on ne pouvait pas tout faire en même temps :/ Ourém mérite vraiment que l’on s’y attarde. Si un jour vous allez à Fatima, sachez que le sanctuaire fait partie de la municipalité de Ourém : vous n’êtes vraiment pas loin, ça vaut le coup de faire un petit détour ;)

cidade velha ourem couves

Potager en pleine ville médiévale

Prenez par exemple cette petite maison juste à coté du château, avec le clocher de l’église au fond derrière l’arbre : ils font pousser leurs choux en pleine vieille ville, comme ça. Comme on devait le faire au moyen-âge. On se demande quel âge peut bien avoir le mur qui sépare du potager du voisin…

cidade velha ourem entrada

Entrée de la vieille ville médiévale

Une des portes principales de la vieille ville médiévale, qui semble si petite dans ses imposants remparts.

cidade velha ourem placa rua

Plaque de rue

Le nom des rues, toujours aussi fièrement posées sur leur plaques de pierre.

cidade velha ourem entrada 2

L’entrée de la vieille ville, qui ici est en fait la sortie :)

La porte de la vieille ville, vue de l’intérieur. Les voitures passent par là, sans problème. Les gens viennent ici sans problème avec leur véhicule, malgré la pente extrêmement raide (on est obligés d’enclencher la première vitesse!). La porte de garage de l’immeuble l’atteste d’ailleurs très bien.

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Petite place de la ville médiévale

Dans la vieille ville se dresse l’église de la Colegiada. Je n’ai pas pu rentrer dedans, fermée en cette heure tardive. Dommage, elle est reconnue pour sa crypte. Encore une chose à faire aux prochaines vacances donc. j’admirerais toujours autant l’effort impressionnant qui a du être mis en Å“uvre pour bâtir ces édifices, si hauts perchés.

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Igreja da Colegiada

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Eglise de la Colegiada

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Entrée du cimetière

L’entrée du cimetière, avec ses murs qui étaient blancs. C’est assez amusant de penser au corbillard qui doit grimper la colline avec le cortège derrière… on se demande comment ils font? On peut s’attarder sur les détails de la porte de fer du cimetière, où l’on voit différents outils qui ont servi à torturer Jésus.

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Les instruments de torture

cidade velha ourem cemiterio 2

Cimetière et son antenne relais de téléphonie mobile

Le cimetière est parfaitement entretenu, ça change des vieilles pierres du Père Lachaise qui sont parfois en ruines à Paris. En revanche, je ne suis pas vraiment sûr au sujet de l’antenne des opérateurs de téléphonie mobile juste à coté du cimetière, que vous pouvez voir sur la photo. On sait bien que les morts ne risquent pas d’avoir un mauvais cancer, mais… c’est moche et surtout hors sujet. Enfin, peut-être pas pour ceux qui veulent téléphoner.

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Vieille maison dans les remparts

Mais il existe tout de même pas mal de vieilles maisons délabrées, dans la vieille ville de Ourém. Si j’ai bien compris, elle a été construite à même la muraille?

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Urinoirs publics

Petit interlude au milieu de toutes ces vieilles pierres : voici un urinoir dans la plus pure tradition salazariste des biens publics. Ils sont en marbre, abondant dans la région. Fin de l’interlude sur les toilettes publiques masculines de la vieille ville de Ourém :D (mon Dieu je crois que plus personne ne me lit).

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Petite rue moyen-âgeuse?

Sur les murs, la présence discrète d’azulejos. Les volets des fenêtres se trouvent à l’intérieur des maisons, contrairement à ce qui est habituel de voir en France. Ce n’est pas plus mal finalement, on est pas obligés d’ouvrir les fenêtres pour fermer les volets, inutile de faire rentrer le grand froid à la maison, n’est ce pas?

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Petit jardin au beau milieu de la vieille ville

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Calme et tranquillité de la fontaine

Cette petite place, avec sa fontaine et le superbe panorama qu’on devine sur la photo invite à la détente et au repos, c’est sûr. C’est rigolo les allées en zig-zag, mais un peu frustrant lorsqu’on est habitués au plus court chemin. Faut jouer le jeu ;)

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Ancien arbre sur la place face à l’église

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Une porte d’entrée…

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Les réverbères donnent une atmosphère très agréable à la vieille ville

Si vous voulez venir voir cette ville, et profiter de l’immense calme qui y règne, je vous conseille la Pousada de Ourém, l’hôtel de la vieille ville médievale, construit dans une vieille demeure médievale, mais avec tout le confort moderne. On y voit du mirador le sanctuaire de Fatima et le splendide Vale (valée) da Ribeira do Rio Seiça, ça vaut le coup!

Santos-Dumont, père de l'aviation

Vendredi 17 octobre 2008
Alberto Santos-Dumont

Alberto Santos-Dumont

Au début du XXème siècle, l’aviation en était à ses balbutiements. C’est grâce à la persévérance de quelques personnes si aujourd’hui nous pouvons tranquillement prendre un avion et voyager jusqu’à l’autre bout du monde en quelques heures. Un petit Paris – Lisbonne en avion de chez TAP en deux heures, ça dit quelque chose à quelqu’un?

Alberto Santos-Dumont était l’un de ces « illuminés ». Né en 1873 au Brésil dans une ville qui porte aujourd’hui son nom en son honneur, il était issu d’une riche famille brésilienne d’émigrés français par son père et portugais par sa mère. Lecteur assidu de Jules Vernes, il démontra très tôt beaucoup d’interêt pour la mécanique et le pilotage, conduisant les locomotives de la fazenda familiale (grande propriété agricole) pour transporter le café, ou en réparant différentes machines. Lors d’un premier voyage à Paris, en 1891, il observe pour la première fois de sa vie un moteur à essence. Il en rapportera un au Brésil, un moteur Peugeot, le premier de ce type au Brésil.

En 1897, déjà installé en France, il embaucha des instructeurs privés pour lui apprendre à manÅ“uvrer des ballons. Très vite il devint maître en la matière : en 1900, il avait déjà construit 9 ballons. Deux de ses ballons passeront à la postérité : le « Brazil » et le « Amérique ». Le premier fut le plus petit des aéronefs de l’époque jamais construit, et il obtint une honorable quatrième place avec le second lors de la coupe des Aéronautes qui eu lieu en 1899.

Mais tout ces vols n’étaient pas contrôlés, et Santos-Dumont cherchait le moyen de diriger ses ballons, de les transformer en ce qu’on appelle aujourd’hui des Dirigeables. Il créa donc une série de ballons motorisés et dotés de gouvernails. Il participera et remportera le Prix Deutsch de la Meurthe, un prix institué par une famille de mécènes de l’aviation. Il s’agissait de faire un aller retour entre Saint Cloud et la Tour Eiffel (environ 10 kms) en moins de 30 minutes. Santos-Dumont remporte le prix en 1901, un an après le lancement du Prix, avec son ballon n.°6, après plusieurs tentatives. Il répartira le prix, 100 000 francs (ce qui équivaudrait à 320 000 euros) entre les employés de son atelier et les pauvres de Paris. Ce prix lui apportera la gloire et une popularité mondiales. Il reçu les honneurs du président brésilien, Campos Salles qui lui donna le même montant que le prix Deutsch, du prince Albert I de Monaco qui l’invitait à venir travailler à Monaco et fut reçu par le président américain Théodore Roosevelt à Washingthon (il en profita pour visiter les labos de Edison…).

Ballon dirigeable numéro 9, de Santos-Dumont

Ballon dirigeable numéro 9, de Santos-Dumont

A la suite de cette période, il se remit au travail, avec un nouvel objectif : construire un appareil volant plus lourd que l’air, par opposition aux ballons et dirigeables. A l’issue de ce travail et de nombreuses tentatives, il fini par fixer le premier record de l’aviation mondiale, inscrit officiellement. Le 12 novembre 1906 au parc de Bagatelle (bois de Boulogne), il parcourt en vol 220 mètres en 21 secondes, à la vitesse de 41,3 km/h avec son 14 bis surnommé « l’oiseau de proie », un biplan à moteur d’une puissance de 50 CV. Il remporta par la même occasion le Prix de l’Aéroclub de France. Les vols accomplis par Santos-Dumont lors de cette journée furent également les premiers vols filmés par une compagnie de cinéma, Pathé.

Vidéo du premier vol d’un avion sans catapulte

Santos-Dumont est la première personne a avoir réussi à faire décoller un avion par ses propres moyens. Les frères Wright avaient utilisé une catapulte, pour leurs vols, et n’avaient pas été homologués. Santos-Dumont était effectivement la star internationale à l’époque de l’aviation moderne, et est, à juste titre, considéré comme étant celui qui l’a popularisé.

Le 14 bis

Le 14 bis

Son rêve était que tout le monde puisse un jour avoir un avion personnel : il développa en ce sens le « Demoiselle », visible sur la vidéo suivante, destiné à être l’avion de monsieur tout le monde. Il ne voyait donc pas d’un bon oeil la tournure que prit l’aviation commerciale, qui pariait de plus en plus sur de gros avions…

Santos-Dumont n’a jamais déposé de brevet pour le « demoiselle », son petit monoplan motorisé : il voulait que tout un chacun puisse réaliser son propre avion, afin de pousser à l’innovation. Il était donc également un pionnier de l’open source :D Ce fait augmenta encore sa popularité, et il commença même à vendre des versions améliorées de ces avions en kit! Roland Garros fera ses premiers vols avec un « demoiselle ».

La demoiselle de Santos-Dumont en plein vol

La demoiselle de Santos-Dumont en plein vol

Avec la première guerre mondiale et l’utilisation de l’aviation naissante à des fins militaires, Santos-Dumont fut profondément peiné et dégouté. En 1910, on lui diagnostiqua la sclérose en plaques, qui lui donnait une vision double et des vertiges. Il ne pouvait plus conduire une automobile, encore moins un avion. Sa maladie le mena à une depression toujours plus importante.

Ne pouvant plus se consacrer a sa passion, l’aviation, il se consacra à l’astronomie, à partir de sa résidence près de Trouville. En 1914, les habitants locaux, ne connaissant pas Santos-Dumont et trouvant bizarre son accent, qu’ils croyaient allemand, le dénoncent aux autorités, pensant que le télescope de notre ami aviateur était un instrument d’espionnage. Il fut emprisonné et sa maison perquisitionnée. L’état français s’en excusera formellement. Il continue toujours d’inventer, avec par exemple un moteur conçu pour les skieurs ou une douche spéciale d’eau chaude …

Il repartit dans son pays natal, le Brésil, en 1928, mais la série noire qui l’accablait allait continuer. Une douzaine de membres de la communauté scientifique brésilienne, voulant accueillir le héros Santos-Dumont firent un vol en hydravion en l’honneur de Santos-Dumont, mais l’aéronef s’écrasa sous ses yeux: aucun n’en réchappera, aggravant encore sa dépression. Il fut décoré de la légion d’honneur en 1930, mais se suicidera finalement en 1932, terrassé par le bombardement d’un soulèvement populaire à São Paulo.

Santos-Dumont en ballon

Santos-Dumont en ballon

La seule personne autorisée à piloter un des engins volants de Santos-Dumont était une jeune cubaine de 19 ans. C’est la première femme a avoir piloté un aéronef motorisé : Aida de Acosta, et  nous étions en 1903. Ses parents, affolés du comportement de leur fille, déciderent de l’éloigner du monde de l’aviation. Santos-Dumont ne l’oubliera jamais…

On doit également à Santos-Dumont la popularisation de la montre-bracelet. Santos-Dumont, lors d’une soirée en 1904 avec son ami Louis Cartier, s’était plaint qu’il ne pouvait pas regarder l’heure avec sa montre à gousset. Les montres-bracelet existaient déjà, mais étaient reservées au femmes. Cartier developpera le premier modèle masculin pour son ami Santos-Dumont, avec le succès qu’on lui connait. La prochaine fois que vous regarderez l’heure sur votre poignet, vous penserez à notre fou de l’aviation :)

Vimara Peres, premier comte de Portucale

Vendredi 3 octobre 2008

Il y a eu, avant le pays que l’on nomme aujourd’hui le Portugal, un comté, le Comté de Portucale, ou Comté de Portugal. Ce nom correspond en fait à deux comtés, qui ont existé à deux périodes distinctes de l’Histoire. Pour faire la distinction entre les deux comtés, il est usuel de nommer le premier comté par Condado de Portucale, et le deuxième de Condado Portucalense. Je vais donc vous parler du Condado de Portucale et de son fondateur, Vimara Peres.

Statue de Vimara Peres à Porto. Source : wikipedia

Statue de Vimara Peres à Porto. Source : wikipedia

Vimara Peres est né en Galice, en l’an 820. La péninsule ibérique était alors pratiquement toute entière sous contrôle musulman, hormis le petit royaume des Asturies. Devenu seigneur de guerre et vassal du Roi des Asturies, Léon et Galice Alphonse III, il fut envoyé combattre les occupants musulmans. C’est lui qui repris définitivement aux Maures les villes actuelles de Porto et Gaia, connues à l’époque sous le nom de Portucale. On était alors en l’an 868, et il devint cette même année le premier Comte de Portucale. Il fonda une petite ville, non loin de Braga, nommée Vimaranis, dérivée de son propre nom, et en fit sa capitale. C’est la ville moderne de Guimarães, éternelle rivale de Braga ! Guimarães est surnommée par les Portugais « berceau de la nation ». C’est à partir du comté que Vimara organise le repeuplement chrétien de la région, avec beaucoup de succès.

Vimara mourut en 873, laissant le pouvoir à son fils, Lucidio Vimaranes. Une dynastie était fondée, qui allait durer jusqu’en 1071, avec pour dirigeants des comtes, (comite), des ducs (dux) ou des princes (princeps), n’existant pas véritablement de hiérarchie entre ces différents titres pour le comté.

Le dernier comte mourut donc en 1071, à la bataille de Pedroso, qui l’opposait au roi de Galice, Garcia II. Le comte, Nuno Mendes, tentait lors de cette bataille perdue, d’obtenir une plus grande autonomie pour son comté. Avec la défaite, le comté revint intégralement à Garcia II, devenu roi de Galice et Portucale.

Mairie de Porto

Mairie de Porto

Monastère de Alcobaça, patrimoine de l'Unesco

Mercredi 1 octobre 2008

La région de Leiria est riche en Histoire. Une de ces marques de l’Histoire réside dans ses nombreux monuments, qui enrichissent le paysage portugais. L’un de ces extraordinaires monuments se situe dans la ville de Alcobaça : le « Mosteiro Santa Maria de Alcobaça » ou « Real Abadia de Santa Maria de Alcobaça« , visité chaque année par 250 000 personnes.

Monastère de Alcobaça, façade principale

Monastère de Alcobaça, façade principale

Vue en contre-plongée de la façade

Vue en contre-plongée de la façade

La grande rosace

La grande rosace

Statue de la façade

Statue de la façade

Détail des marches

Détail des marches

Sur votre gauche, le monastère. Sur votre droite, un édifice à l'abandon :(

Sur votre gauche, le monastère. Sur votre droite, un édifice à l’abandon :(

C’est le premier édifice de style entièrement gothique a avoir été construit au Portugal. Nous le devons au moines de l’ordre de Cister qui débutèrent sa construction en 1178, ce qui est relativement peu de temps après la fondation de la nation (1143) : à ce moment-là, la Reconquista, la reconquête de la péninsule ibérique aux musulmans n’était pas encore tout à fait achevée. Le premier roi, Dom Afonso Henriques l’avait établi en 1148. En 1152 commencèrent les travaux pour le monastère provisoire, qui allait donner place à l’Å“uvre grandiose d’aujourd’hui. Les moines avaient un rôle social de premier plan : ils fondèrent la première école publique dès 1169.

Une petite pause pour admirer l'église

Une petite pause pour admirer l’église

Les bâtiments du monastère ont du charme, malgré les travaux tout proches

Les bâtiments du monastère ont du charme, malgré les travaux tout proches

La ville et le monastère sont en harmonie

La ville et le monastère sont en harmonie

On voit pourquoi c'est le patrimoine de l'UNESCO

On voit pourquoi c’est le patrimoine de l’UNESCO

Le puissant ordre de Cister s’était installé au Portugal en 1144, et devint rapidement l’ordre le plus puissant du pays (et d’Europe). Le monastère de Alcobaça y fut pour beaucoup, et reflète les principes de l’ordre, qui se réclament des Bénédictins : ascétisme et rigueur liturgique avec le travail en tant que valeur cardinale.

Les murs extérieurs demandent un petit coup de peinture...

Les murs extérieurs demandent un petit coup de peinture…

La place devant le monument est agréable et dégagée : on respire.

La place devant le monument est agréable et dégagée : on respire.

Un de mes points de vue préférés du monastère

Un de mes points de vue préférés du monastère

Le monastère traversa les époques, et connu beaucoup d’adversités : en 1810, avec les invasions napoléoniennes du Portugal, commandées par André Masséna, le monastère avait été partiellement incendié. C’est rigolo, à Paris il y a un boulevard qui porte le nom de Masséna, Masséna qui est mort immensément riche, tandis que le Portugal plongea dans une crise sans précédent. Merci Masséna, tu le mérites ton nom à un boulevard Parisien ! La plus grande adversité ne fut pas, cependant, les invasions napoléoniennes pour le monastère, mais bien l’extinction des ordres religieux au Portugal en 1833. Bon nombre de monastères très importants ont connu de cette période un triste sort, totalement abandonnés, comme ce fut le cas pour le Monastère de Seiça dont je vous avait déjà parlé auparavant.

Mosteiro de Alcobaça - porta do dormitorio

La façade du dortoir du monastère

La rue a récemment été refaite, valorisant cette section de l'édifice

La rue a récemment été refaite, valorisant cette section de l’édifice

Vivement les prochains travaux de restauration

Vivement les prochains travaux de restauration

Fontaine, contre le mur du monastère

Fontaine, contre le mur du monastère

L’exemple de cet abandon peut se traduire, j’imagine, par l’abandon des bâtiments qui jouxtent le monastère. Ils en font visiblement partie, mais ne sont plus utilisés, ni mis en valeur, comme on peut le voir sur les photos. Pas assez d’argent pour tout refaire, alors que le potentiel de ces édifices est tout simplement gigantesque : qui ne rêverait pas de passer une nuit dans un ancien palais ? Pourquoi ne pas en faire quelque chose ? Le mot qui me vient souvent à la bouche quand je vois la quantité de jolis édifices à l’abandon au Portugal, c’est « dommage ». On comprend pourquoi :(

Cour derrière le monastère

Cour derrière le monastère

Tout est délabré, à l'abandon. On devine juste la splendeur passée.

Tout est délabré, à l’abandon. On devine juste la splendeur passée.

Dommage.

Dommage.

Comme pour mon article sur le Monastère de Batalha, je ne vous montre que l’extérieur du monastère pour l’instant, l’intérieur se fera dans des articles ultérieurs. C’est trop long pour que je le poste en une seule fois, et croyez-moi, l’intérieur en vaut franchement le coup, il est magnifique ! Ne serait-ce que pour les tombeaux de Inês de Castro et de Dom Pedro… mais chut, ça sera pour un prochain article :D

Un pigeon s'en va du monastère

Un pigeon s’en va du monastère

Les murs blancs reflètent la lumière du Portugal

Les murs blancs reflètent la lumière du Portugal

Superbe détail du monastère, avec les armes du Portugal

Superbe détail du monastère, avec les armes du Portugal

Statue de la façade

Statue de la façade

Des arbres ont été plantés devant l'édifice, je me demande s'ils ne gâcheront pas la vue quand ils seront grands ?

Des arbres ont été plantés devant l’édifice, je me demande s’ils ne gâcheront pas la vue quand ils seront grands ?

Un des plus hauts paniers de basket que je connaisse =D

Un des plus hauts paniers de basket que je connaisse =D

Documentaire sur le Portugal de la Première Guerre Mondiale

Mardi 30 septembre 2008

La télé portugaise a tourné ce mois-ci un documentaire sur les soldats portugais qui ont participé à la première guerre mondiale, aux côtés de Français et d’Anglais. En effet, la jeune république du Portugal (depuis 1910) avait décidé de participer à la Grande Guerre à partir de 1916, afin de reprendre une place perdue dans le « concert des nations ».

Soldats portugais. Source : wikipedia

Soldats portugais. Source : wikipedia

Ils ne savaient pas que les 55 000 hommes partis du Portugal (le Corpo Expedicionário Português) allaient souffrir autant : 10% n’en a pas réchappé, et le pays a plongé dans une profonde crise, ce qui, plus tard, mènerait à la dictature de Salazar. Au total, 200 000 hommes ont été mobilisés pour 10 000 morts (la guerre faisant rage aussi en Afrique ou en Asie…), ce qui était un effort de guerre aux coûts socio-économiques bien au dessus des capacités nationales. Le pays n’a rien gagné à cette guerre (on ne gagne jamais), ni même le prestige d’avoir été du coté des vainqueurs : c’est un trop petit pays, et la leçon fut retenue lors de la seconde guerre mondiale : le Portugal est resté neutre.

Le documentaire retrace le parcours des combattants lors de la bataille de la Lys, qui eu lieu en avril 1918, et qui fut une catastrophe complète pour l’armée portugaise. On y découvrira les anciens quartiers généraux des Portugais, à la Peylouse, à Béthune (Nord-Pas-de-Calais). Le commandant des forces armées portugaises, le général Tamagnini, avait son quartier général au manoir de la Peylouse.

Le travail de la télévision portugaise passera sur RTP (et RTPi) le 11 novembre, à l’occasion des 90 ans de l’armistice, en prime-time. C’est avant tout un travail d’enquête et de mémoire, il est vrai que de nos jours, on dirait que le Portugal a oublié sa participation à la guerre. Si on y pense bien, la participation n’a pas été glorieuse…

Mosteiro de Seiça : monastère abandonné

Vendredi 12 septembre 2008

Le dernier jour de mes vacances, nous avons fait un tour à proximité de la maison familiale en voiture. Mon père recherchait une fête de village pas (trop) loin qu’un collègue du boulot lui avait indiquée. Qu’elle ne fut pas notre surprise, après avoir pris une route plus ou moins au pif, de découvrir… ce que vous voyez sur la photo.

Monastère de Seiça, vue latérale

Monastère de Seiça, vue latérale

Mon Dieu, qu’est ce que c’est que ça ? C’est énorme ! Voilà ce que nous nous sommes dit, en voyant cet imposant édifice mystérieux en bordure d’une petite route de campagne, perdue au milieu de rien. On dirait une église hantée… Et c’est presque le cas : c’est en fait le Monastère de Seiça, Mosteiro de Seiça, un ancien monastère datant de temps immémoriaux, d’avant même la fondation du pays (1143). Seiça est une localité de la freguesia de Paião, dans le concelho de Figueira da Foz.

Je décide de me rapprocher et d’aller voir de plus près ce bel ouvrage totalement abandonné, malgré la nuit qui tombe, propice à se faire dévorer par un loup garou ou un fantôme.

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