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Bruna Real, prof de primaire qui pose nue pour Playboy

Lundi 17 mai 2010
Photo de Bruna Real dans Playboy

Photo de Bruna Real dans Playboy

La ville de Mirandela, située dans la région de Trás-os-Montes n’est pas habituée à faire la une de la plupart des journaux portugais. C’est une ville d’ordinaire paisible, dans une des régions les plus « profondes » du Portugal, un peu comme la Creuse en France, pour vous faire une idée. Mais voila, une femme de Mirandela vient perturber toute cette tranquillité provinciale : une simple prof de musique, enseignante en primaire. Pourquoi? Il se trouve qu’elle est jolie, et qu’elle a posé pour l’édition nationale de Playboy… décryptage du scandale, avec photo à l’appui, comme vous pouvez le voir, à titre purement informatif :D

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Accord orthographique de la langue portugaise

Vendredi 17 octobre 2008

La langue portugaise est une langue riche de sa présence sur quatre continents, dans les deux hémisphères, forte des millions d’hommes et de femmes qui la parlent. Mais jusqu’à très récemment, il existait entre le portugais du Brésil et le portugais du Portugal et des pays africains d’importantes différences d’orthographe.

Ces différences sont un frein au prestige de la langue, sont un frein à son rayonnement culturel à travers le monde. Les pays lusophones, conscients de ce fait, ont tenté plusieurs fois par le passé de se rapprocher.

Avec l’avènement de la République Portugaise, en 1910, une importante et profonde réforme orthographique de la langue portugaise eu lieu : désormais, on écrit le portugais pratiquement comme ça se prononce. C’est à ce moment là que tout les Da Sylva sont devenus des Da Silva. Vous le saviez, ça, vous? C’est à ce moment là que la ville de Thomar devint Tomar. C’est à ce moment là que « pharmacia » devint « farmácia ». Le portugais s’éloigne de l’orthographe français, qui n’a toujours pas connu de révision de telle ampleur. Mais le portugais devient du coup une langue moderne, débarrassée des illogismes orthographiques hérités du passe.

Pays de la lusophonie (source Wikipedia)

Pays de la lusophonie (source Wikipedia)

Sauf que… les Portugais avaient fait cette profonde réforme unilatéralement, sans demander leur avis aux Brésiliens. Moyen comme comportement, non? Il y aura donc par la suite plusieurs tentatives de rapprochement, avec l’importante réforme de 1943, qui vint résoudre une bonne partie des différences problématiques entre les deux orthographes.

Aujourd’hui, je vous annonce que j’écris mal le Portugais. Depuis le 21 juillet 2008 très exactement, date de la promulgation du texte de loi qui change l’orthographe de 1,6% des mots portugais (du Portugal). Mais depuis ce jour, j’écris très bien le Portugais du Brésil. Et oui, désormais, les deux orthographes sont identiques! :D

Je signale au passage que de très nombreuses résistances se sont fait sentir au Portugal, et se font toujours sentir, contre ce qui est considéré comme un appauvrissement de la langue. L’accord était prêt depuis 1990, il a fallu 18 ans de discussions pour qu’il passe enfin en pratique, c’est dire si c’est polémique. Au Brésil en revanche, l’accord a plutôt été applaudit…

Personnellement, je n’appellerais pas ça un appauvrissement, même si le mot est moins « esthétique ». Il fallait bien uniformiser les deux langues un jour où l’autre, et c’est la norme de la simplification et de la rationalisation qui est en vigueur, pour faciliter l’apprentissage du Portugais dans le monde.

Alors, qu’est ce qui change? Principalement une histoire d’accents, et de lettres muettes. Nous écrivions « objecto » (pour « objet ») en Portugais du Portugal, désormais nous devrons écrire comme les Brésiliens : « objeto« .

Les Brésiliens n’utiliseront plus le tréma. Un mot comme « freqüência » s’écrira « frequência« . Ils perdent également d’autres accents, jugés inutiles, comme par exemple l’accent de « idéia« , qui devient « ideia« , comme au Portugal.

En ce qui concerne certains mots commençant par H, par exemple « húmido« , le texte de l’accord ne se prononce pas : les deux orthographes, « húmido » ou « Ãºmido » (à la façon brésilienne) sont donc correctes.

Ce qui m’ennuie le plus dans cet accord, c’est que beaucoup de mots s’éloignent du Français. C’était plus facile pour moi d’écrire sans fautes. Voyez par exemple le mot « acto » (pour « acte »), qui devient « ato« . Je n’ai pas l’impression qu’un jour je puisse m’habituer à écrire comme ça, même si il est vrai qu’on ne prononce plus le C depuis très longtemps.

Ce tableau montre ce qui change principalement pour les brésiliens (je l’ai piqué à Wikipedia, trop la flemme):

Norme brésilienne (pt-BR)Accord orthographique
lingüiçalinguiça
pingüimpinguim
freqüênciafrequência
qüinqüênioquinquênio
assembléiaassembleia
idéiaideia
européiaeuropeia
abençôoabençoo
enjôoenjoo
vôovoo

Pour le reste du monde lusophone, voici un tableau des principaux changements :

Norme portugaise (pt-PT)Accord orthographique
acçãoação
actoato
afectoafeto
aspectoaspeto
respectivorespetivo
infecçãoinfeção
óptimoótimo
concepçãoconceção
recepçãoreceção
intersecçãointerseção
intercepçãointerceção
assépticoassético
EgiptoEgito
adoptaradotar
há-dehá de
hão-dehão de

Je vous le dis, ça va être dur de m’habituer. D’ailleurs, je crois que je ne m’habituerais pas. Impossible d’écire « Egito » au lieu de « Egipto« . J’ai presque l’impression d’insulter les égyptiens. Mais si on y pense bien, si on voulait vraiment bien faire, on aurait du dire « Aegyptus« … D’ailleurs on devra toujours écrire « egípcio« , pour égyptien, avec un P, alors qu’on retire le P dans le nom du pays?

Je vous l’avais dit que j’étais pour une uniformisation des langues latines par un retour au latin parlé, après avoir subi une réforme de son orthographe et de sa grammaire? Tout ce qui rapproche les différents peuples par la langue me fascine. Bravo pour cet accord, mais voilà, ça ne va pas être facile à nous faire avaler la pilule, et encore moins que l’on change notre façon d’écrire.

Avec cet accord, le Brésil et le Portugal pourront enfin mettre en commun leurs efforts de la promotion de la langue portugaise. Le Brésil pourra enfin aider les pays lusophones africains dans l’éducation. Il n’y aura plus qu’un seul dictionnaire pour l’ensemble de la communauté lusophone.

Youpi.

Fin de l'agrégation de Portugais en France

Lundi 13 octobre 2008

Nous le savions déjà, c’est confirmé depuis quelques temps : il n’y aura pas d’agrégation de Portugais cette année. La raison avancée ? Il y aurait selon le gouvernement déjà trop de professeurs de Portugais, qualifié de « langue rare ».

Je trouve ça marrant, de qualifier la 6ème langue la plus parlée au monde de « rare ». Elle est devant le Français, par exemple. La langue Russe aussi a perdu son agrégation. J’avais déjà évoqué l’inadéquation d’une langue si importante au niveau mondial avec sa représentativité dans le système éducatif français, il est triste de voir que l’Etat ne parie pas plus sur l’enseignement des langues. Il est dommage de voir que la France confirme ce que les pays étrangers en pensent : chauvins repliés sur eux-mêmes, très peu ouverts au monde et à sa diversité culturelle. Il est beaucoup plus rare de trouver un Français sachant parler convenablement Anglais que partout ailleurs en Europe…

Malgré tout, les Portugais de France, et leurs enfants, continuent de chérir la langue du pays de Camões, en allant à l’école portugaise en France. Un reportage de la chaîne info France 24 nous fait découvrir une école portugaise à Pontault-Combault (qui est quand même en France la ville la plus remplie de Portugais…), je vous mets la vidéo dans cet article.

Avec la montée en puissance du Brésil, devenu la 8ème puissance économique mondiale, je trouve que la France fait preuve d’un manque de vision frappant. Ne faudrait-il pas plutôt parier beaucoup plus sur l’enseignement du Portugais (et du Russe, rappelons-le) afin d’avoir un avantage pour les futures relations entre les deux pays, plutôt que d’attendre que les Brésiliens viennent nous parler en Français ? Et comment crédibiliser l’enseignement du Portugais en France, si on fait perdre l’espoir aux étudiants de Portugais actuels de décrocher un jour l’agrégation ? Comment attirer de nouveaux étudiants ?

Formation adulte au Portugal : programme "Novas oportunidades"

Lundi 29 septembre 2008
Logo Novas oportunidades

Logo Novas oportunidades

Comme je vous l’avais dit dans mon précédent article, le Portugal investi massivement dans l’éducation et la formation. L’un des piliers de cet investissement est le programme « Novas oportunidades », nouvelles opportunités, qui va permettre a des milliers de personnes de retrouver les bancs du lycée pour récupérer une formation qu’ils n’avaient pas eu. Une très grande partie de la population active portugaise n’a pas de qualifications, n’ayant pas fini le lycée, ou même le collège : en 2001, selon l’OCDE, 9% de la population était analphabète ! Pour continuer sur ces chiffres, le nombre d’années de scolarisation par habitant au Portugal était de 8,2. En France, c’est 11,5. Le Portugal est derrière un pays comme la Turquie, 9,6, et largement en dessous de la moyenne de l’OCDE, 12. L’OCDE au vu de ces chiffres, suggère au Portugal d’investir massivement dans l’enseignement secondaire, ce que le Portugal avec cette initiative, est en train de faire.

Le programme se dirige aux adultes qui n’ont pas complété la 9ème année d’études ou le lycée, avec pour but d’augmenter leurs qualifications. Au travers des reconnaissances des compétences acquises au cours d’une carrière professionnelle, les adultes peuvent rentrer directement au lycée, même s’ils n’avaient pas complété le collège : c’est la reconnaissance que le travail est tout aussi formateur que la théorie de l’école (même plus, si vous voulez mon avis…).

Pour mesurer l’ampleur de l’impact de cette mesure, je peux vous dire qu’au village de mes parents, il existe déjà plusieurs adultes qui vont fréquenter ces cours, dont mon propre père. Un large choix de formations professionnelles de niveau secondaire (lycée) sont à leur disposition. La flexibilité du programme prend en compte les réalités de ce nouveau type d’élèves, qui n’ont pas tout leur temps disponible. C’est pourquoi les horaires de cours sont à négocier avec les profs, ainsi que le type de formation.

Au début de l’année, il y a eu une grande réunion au lycée technique de Pombal (ETAP, ecole technique et artistique de Pombal), avec tout les intéressés par la formation adulte de la municipalité de Pombal. Il s’agissait de leur présenter l’initiative « Novas oportunidades », et de leur faire découvrir les formations qu’ils pouvaient choisir.

Pour que la formation se fasse, il faut un minimum d’élèves. C’est le rôle du coordinateur (coordinatrice dans ce cas) : faire en sorte que tout le monde se retrouve avec une formation, même si ce n’est pas tout à fait ce qu’ils demandaient, et aux bons horaires. Les chômeurs préfèrent le matin, les travailleurs préfèrent le soir.

Ce n’est clairement pas une mince affaire, mais pour que ce soit un succès, comme on le voit, la population est fortement mise à contribution. Ce n’est pas l’Etat qui impose, mais bien la population qui soumet ses conditions, la formation a été conçue de façon très locale.

Les critères d’évaluation des acquis se fera selon des critères internationaux : la formation leur sera véritablement utile. Par ailleurs, les formations proposées prennent en compte les réalités socio-professionnelles d’une région. Pombal est une ville industrielle, au secteur du BTP puissant : on aura plutôt des formations en rapport avec l’industrie et le bâtiment, tandis que vers des villes plus agricoles, les formations se feront plutôt en rapport avec l’agriculture.

L’état a pour objectif la formation d’au moins 350 000 adultes par ce biais d’ici 2010. C’est véritablement un chiffre ambitieux, mais qui semble réalisable, vu l’engouement suscité chez les personnes qui n’avaient pas eu la chance, bien souvent, de pouvoir étudier. Mes parents se souviennent bien : pour aller au collège, il fallait faire tous les jours 5 kms à pied de bon matin, puis 5 kms à pied le soir. Nombreux étaient ceux qui préféraient tout simplement aider les parents dans les champs, ou partir directement sur leur moto à l’usine (à l’âge de 14 ans) ou, plus vieux, partir en France (mon père est parti en France à l’âge de 17 ans…).

Pas trop la place pour les études, donc.

Le dernier avantage de cette formation, c’est qu’elle donne le droit aux élèves d’acheter un ordinateur portable à bas prix (150 euros pour un ordi qui en vaut au moins 700…) avec le programme e-escola, ce qui intéresse fortement mon père :D

Ordinateur Magellan : ordinateur pour écoliers et collégiens

Dimanche 28 septembre 2008
Computador Magalhães

Computador Magalhães

Le Portugal a une très forte volonté d’améliorer l’éducation de sa population, quel que soit son âge. C’est une priorité du gouvernement, qui au lieu de lancer des paroles vaines, concrétise réellement cet objectif, ou du moins essaie. D’importants programmes d’éducation pour adultes, et d’importantes initiatives modernes pour les plus jeunes démarrent cette année. Une de ces initiatives est le « Computador Magalhães« , Ordinateur Magellan. L’objectif de cet ordinateur est de faire en sorte qu’il n’y aie pas d’enfant de primaire qui ne sache pas se servir d’un ordinateur au Portugal.

Est-ce que le pari sera tenu? Seul l’avenir nous le dira, mais ce qui est sûr, c’est que l’Etat se donne les moyens de réussir son pari, avec cet ordinateur portable, le premier de fabrication nationale, à bas prix, pour tous. 500 000 ordinateurs ont été livrés pour les élèves de primaire, cette année ! Bas prix, cela veut dire « jamais plus de 50 euros ». Les enfants les plus pauvres ne paieront rien. Lorsque l’on sait qu’un élève coûte à sa famille environ 150 euros par an rien qu’en livres de classe, ce qui est énorme, il fallait bien que l’ordinateur soit à un si faible coût pour qu’il soit universellement adopté. Les modèles achetés dans le commerce peuvent coûter jusqu’à 285 euros : il existe dans le commerce le modèle « Descobrir » (découvrir), pour les enfants, et le modèle « 60 minutos » (60 minutes), qui est en fait adapté aux adultes qui font leurs premiers pas dans le monde de l’informatique. Le modèle distribué dans les écoles primaires pour une modique somme (qui varie donc suivant les revenus des parents) se nomme lui e-escolinha (e-petite école).

L’ordinateur est fabriqué à Matosinhos (banlieue de Porto), par l’entreprise portugaise JP Sá Couto, en partenariat avec Intel. C’est en fait l’évolution du Classmate PC d’Intel (donc bon, « technologie portugaise », c’est vraiment à mettre entre guillemets…). Il est tout petit et résistant ; il fallait bien, pour des enfants… Il possède des caractéristiques techniques tout à fait honnêtes, suffisantes pour accompagner l’enfant quelques années dans sa scolarité :

  • Processeur : Intel ULV 900Mhz
  • RAM : 1 Go
  • Disque Dur : 30 Go
  • Ecran : 9 pouces
  • Webcam, enceintes stereo, micro, 2 ports USB, port cartes SD, WiFi, ethernet.
  • Batterie : 3 heures
  • Système Opératif : Windows XP et Linux Caixa Magica (une distribution portugaise de Linux).

L’ordinateur est évidemment rempli de logiciels d’apprentissage, tous en Portugais. Sur Linux, ils ont installé Open Office, sur Windows, Microsoft Office.

Ordinateur pour enfants Magellan

Ordinateur pour enfants Magellan

Perso, je trouve que ce petit ordi est très bien équilibré, les enfants vont véritablement avoir un très bon outil entre les mains pour acquérir de bonnes bases en informatique, avec la part belle aux logiciels issus de l’open source (Linux, Firefox, Open Office), j’applaudis. Mais, comme partout, ce qui fera la différence au final, ce ne sont pas les outils, mais les professeurs chargés d’enseigner aux enfants à s’en servir…

Le Portugal, à travers le consortium constitué de JP Sá Couto, Prologica et Intel, a la volonté d’exporter dans le monde entier cet ordinateur. Et apparemment, ça a l’air de marcher, avec des commandes fermes d’un million d’ordinateurs de la part du Venezuela (info fraîche d’aujourd’hui).

Pour supporter les 180 euros de coût de fabrication à l’unité de chaque ordinateur, l’Etat compte sur les contrats d’internet mobile que les parents d’élève pourront signer pour leur Magalhães : les trois opérateurs de téléphonie mobile nationaux (TMN, Vodafone et Optimus) devront reverser une partie de l’argent à l’Etat.

Au final, avoir un ordinateur avec l’internet mobile est véritablement accessible à tous :)