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Bana, le "monstre" de la Morna et de la chanson capverdienne

Samedi 4 octobre 2008

Vous connaissez tous probablement Cesária Évora, qu’on ne présente plus. Mais vous vous doutez bien que le Cap-Vert, malgré la petite taille de cet archipel au large de l’Afrique, regorge de talents musicaux ! Je vous avais déjà parlé de Lura, un peu de Tito Paris, mais pas encore de Bana.

Bana, c’est le monstre sacré de la musique là-bas. Comme la majorité de ses compatriotes, il a dû émigrer pour fuir la pauvreté de son pays, à Lisbonne en ce qui le concerne. Et bien lui en a pris si je puis dire : il a pu avoir le succès qu’il mérite, un succès qui lui permette de vivre de son Art. Et quel Art ! Il est véritablement doté d’un talent pour le chant, d’un talent pour la musique hors-normes. S’il est surnommé le monstre de la Morna, ce n’est pas uniquement à cause de sa très grande taille.

Il m’est impossible de ne pas bouger au son de cette musique, très justement intitulée « mexe mexe » (« bouge bouge »). J’adore.

Bana est également un ami avec un grand A, un cÅ“ur de la taille de son corps. Cesária Évora, même reconnue comme étant la reine de la Morna dans son pays, sombra dans 10 ans de misère et d’alcool : la musique ne payait malheureusement pas au Cap-Vert. Ce furent 10 années sans chanter, sans spectacles, rien. C’est Bana qui a finalement convaincu Cesária Évora de venir au Portugal, alors qu’elle venait de traverser les pires années de sa vie.

Elle fit plusieurs spectacles et concerts au Portugal, laissant le pire derrière elle. Puis un Français descendant de Cap-Verdiens nommé José da Silva ( \o/ c’est mon homonyme) découvre sa musique au Cap-Vert. Il la persuade de venir à Paris, où elle enregistre un album, album qui eu le succès que l’on sait…

Splendide duo avec Ildo Lobo : Bo Oio Preto , le créole portugais est vraiment beau à entendre avec de telles voix :)

Oui, je fais deux articles à la suite sur la musique du Cap-Vert, j’adore, pas vous ? C’est également le 50ème article de Lusitanie, champagne ! :p

Lura : chanteuse du Cap-Vert

Dimanche 21 septembre 2008
Lura en concert

Lura en concert

Je voudrais vous parler de Lura. Lura, je l’ai découverte il y a un peu plus d’un an, par hasard, au détour du web. J’ai tout de suite été accroché par sa voix mélodieuse, par la musique au rythmes africains entrainants, par la passion qui s’entend et qui se dégage de cette formidable chanteuse.

Je ne sais pas comment le Cap-Vert fait, mais c’est un pays qui regorge de talents musicaux, il suffit juste de penser à Cesaria Evora, avec qui elle a débuté sa carrière…

Lura est née et a grandi à Lisbonne. Le Cap-Vert, ce sont ses parents qui le lui ont transmis, c’est pourquoi elle chante en créole dans ses chansons. Et puis… les cap-verdiens sont la première communauté étrangère du Portugal, elle avait donc beaucoup d’amis de la même origine, ce qui explique pourquoi aujourd’hui elle dit que le Créole est sa langue maternelle. Est-ce que les Cap-verdiens sont vraiment étrangers ? Pour ma part, non. De toutes façon ce concept « d’étranger » ne veut rien dire, ils ne sont pas plus étrangers pour moi qu’une personne des Açores.

Je me demande vraiment comment un si petit pays fait pour avoir autant de talents musicaux. Ils ne sont que 500 000 habitants, au Cap-Vert (et 700 000 ailleurs, oui, il y a plus de Cap-Verdiens en dehors du Cap-Vert qu’au Cap-Vert).

Lura, il faut absolument la voir en concert. Pour y être allé, je vous jure que ça vaut le coup. Et oui, ça change vraiment d’aller voir une vraie chanteuse, qui se sentirait insultée si on lui proposait le playback. Elle joue beaucoup avec le public, elle danse, elle transmet une émotion qui est palpable tellement elle est forte. Je vous laisse regarder cette vidéo d’un concert à Paris, avec la chanson « Na Ri Na ».

Et pour le plaisir, bien sûr que je vous laisse d’autres vidéos de musiques que j’adore  :

« Ponciana ». Cette chanson nous raconte l’histoire d’une jeune fille du Cap-Vert qui est tombée amoureuse d’un émigré aux Pays-Bas. Elle tombe enceinte mais ses parents l’avaient promise en mariage à un autre homme… « Ponciana » est un nom générique de femme, lorsqu’on ne veut citer personne en particulier.

Dans cette vidéo d’un live, elle joue du batuque (batuku en Créole du Cap-Vert), un style musical traditionnel et une danse du Cap-Vert. J’adore :D ! La chanson se nomme « Raboita Di Rubon Manel »

« Vazulina » : superbe vidéo clip :) Superbe musique :) Superbe Lura :)

Si jamais elle repasse à Paris, je vous tiendrais au courant, on s’y retrouve?

PS : Je vous avais déjà dit qu’elle dansait, aussi ?