Articles taggés avec ‘Cap-Vert’

"Morrer na praia", mourir sur la plage

Dimanche 30 novembre 2008

La langue portugaise fourmille d’expressions, de proverbes et autres dictons, adaptées à chaque situation. Pour ce premier article inaugural de la catégorie « langue » (portugaise), je voudrais vous parler d’une expression typiquement lusophone : « mourir sur la plage », « morrer na praia« .

Morrer na Praia, par Neiba

Morrer na Praia, par Neiba


(Lire la suite…)

Bana, le "monstre" de la Morna et de la chanson capverdienne

Samedi 4 octobre 2008

Vous connaissez tous probablement Cesária Évora, qu’on ne présente plus. Mais vous vous doutez bien que le Cap-Vert, malgré la petite taille de cet archipel au large de l’Afrique, regorge de talents musicaux ! Je vous avais déjà parlé de Lura, un peu de Tito Paris, mais pas encore de Bana.

Bana, c’est le monstre sacré de la musique là-bas. Comme la majorité de ses compatriotes, il a dû émigrer pour fuir la pauvreté de son pays, à Lisbonne en ce qui le concerne. Et bien lui en a pris si je puis dire : il a pu avoir le succès qu’il mérite, un succès qui lui permette de vivre de son Art. Et quel Art ! Il est véritablement doté d’un talent pour le chant, d’un talent pour la musique hors-normes. S’il est surnommé le monstre de la Morna, ce n’est pas uniquement à cause de sa très grande taille.

Il m’est impossible de ne pas bouger au son de cette musique, très justement intitulée « mexe mexe » (« bouge bouge »). J’adore.

Bana est également un ami avec un grand A, un cÅ“ur de la taille de son corps. Cesária Évora, même reconnue comme étant la reine de la Morna dans son pays, sombra dans 10 ans de misère et d’alcool : la musique ne payait malheureusement pas au Cap-Vert. Ce furent 10 années sans chanter, sans spectacles, rien. C’est Bana qui a finalement convaincu Cesária Évora de venir au Portugal, alors qu’elle venait de traverser les pires années de sa vie.

Elle fit plusieurs spectacles et concerts au Portugal, laissant le pire derrière elle. Puis un Français descendant de Cap-Verdiens nommé José da Silva ( \o/ c’est mon homonyme) découvre sa musique au Cap-Vert. Il la persuade de venir à Paris, où elle enregistre un album, album qui eu le succès que l’on sait…

Splendide duo avec Ildo Lobo : Bo Oio Preto , le créole portugais est vraiment beau à entendre avec de telles voix :)

Oui, je fais deux articles à la suite sur la musique du Cap-Vert, j’adore, pas vous ? C’est également le 50ème article de Lusitanie, champagne ! :p

Nèg'Marrons et Cesaria Evora chantent le Cap-Vert

Samedi 4 octobre 2008

Le groupe de dancehall français et la chanteuse capverdienne chantent dans une superbe musique, un véritable hommage au Cap-Vert, intitulée « Petites ÃŽles ». En effet, Jacky des Nèg’Marrons est originaire du Cap-Vert :D

Ils ont demandé à la « Diva dos pés descalços » (aux pieds-nus) du Cap-Vert, Cesaria Evora, s’ils pouvaient collaborer sur « Petites ÃŽles ». Cesaria, comme on peut le voir sur la vidéo, a été d’accord. Vous pouvez retrouver cette musique sur l’album des Nèg’Marrons « Les Liens Sacrés », sorti en juin dernier.

La musique est en fait une reprise de « Petit Pays ».

Personnellement, ça me fait bizarre d’écouter les Nèg’Marrons rapper sur « Petit Pays » de Cesaria. Je préfère la Morna (style musical capverdien) sans ajouts. Pour rappel, je vous mets Cesaria Evora en live, chantant justement « Petit Pays ».

C’est beau =’) Vivement un concert d’elle à Paris !

Concert de Mariza à Paris, avec Tito Paris

Samedi 27 septembre 2008

J’aimais le Fado.

Désormais, je l’adore. Oui, je reviens du concert de Mariza au Cirque d’Hiver Bouglione. Je vous l’avais dit que j’irais, dans un précédent article. Et c’était fabuleux. Oui. La sublime Mariza, la digne représentante de la nouvelle génération du Fado, était accompagnée par de fantastiques musiciens.

Entrée du Cirque dHiver

Entrée du Cirque d'Hiver

En fait, j’utilise beaucoup de superlatifs pour Mariza, mais… ce sont juste des Vrais musiciens en fait. La musique moderne que nous écoutons – trop – souvent à la télé à donné la part belle aux amateurs, qui font de l’à peu près. Lorsqu’on se retrouve face à des gens qui savent vraiment jouer ou chanter, de par leur immense talent et surtout leur long apprentissage, on ne peut que ressentir une claque.

Lustre du Cirque, richement decoré

Lustre du Cirque, richement décoré

Mariza est un condensé de talent, avec une voix mélodieuse et puissante, pleine de sentiment. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le cadre du Cirque d’Hiver était somptueux à regarder, mais. Oui, parce qu’il y a un mais : nous étions mal assis. Ok, nous étions tout en haut derrière, dans des mini fauteuils (je me cognais les genoux contre la place de devant). De plus, un cirque, même somptueux, ne se prête pas à un Fado. Un Fado, c’est intimiste, c’est quelque chose de fort partagé entre les artistes, les fadistas, et le public. Le décor n’a pas à distraire de l’essentiel, c’est à dire la musique, et les stars de la soirée. De plus, ce soir, nous avions un son « Ã©trange », sur certaines musiques, on entendait que partiellement notre chanteuse Mariza. Dommage.

La piste du Cirque

La piste du Cirque

Le problème, c'est qu'on était trop loin pour admirer la guitare portugaise...

Le problème, c'est qu'on était trop loin pour admirer la guitare portugaise...

Le Cirque d’Hiver n’a pas vraiment une très bonne acoustique, il n’avait pas été prévu pour ça. Mais malgré tout, le talent des interprètes est si puissant qu’il arrive à faire oublier ces handicaps de la salle. Salle qui était, comme il est évident sur les photos, archi comble. Comble d’un public mixte, avec une bonne moitié de Portugais (ah ça, il y a même eu quelques « Ã© fadista! » dans la salle) :)

Mariza s’est adressée en Français au public, d’ailleurs, un Français qu’elle ne maitrise pas, mais elle fait l’effort de le parler. C’est un peu frustrant de la voir avoir du mal à s’exprimer, elle qui a l’élocution d’une diva… ah mais c’est une Diva, justement. Mais je vous rassure amis portugais, elle s’est également adressée en Portugais, en s’excusant de ne pas l’avoir fait plus tôt. C’est à ce moment là qu’on comprend que la moitié de la salle était portugaise. Mais, il fallait bien qu’elle se fasse comprendre par tout le monde, et donc, elle utilisait le Français, vu que a priori, les Portugais présents parlent également le Français.

Tito Paris, chanteur et compositeur Cap-Verdien

Tito Paris, chanteur et compositeur Cap-Verdien

L’invité très spécial de Mariza pour cette série de concerts, le Cap-Verdien Tito Paris, est resté pour trois chansons : un duo et danse avec Mariza (la chance *_* ), une musique originale que je vous mets en vidéo juste après, et la fameuse musique Cap-Verdienne que Cesaria Evora a immortalisé dans le marbre de la culture mondiale, « Saudade ».

Tito Paris danse avec Mariza

Tito Paris danse avec Mariza

Cette chanson qu’il nous a jouée pendant le concert se nomme « Danca Ma Mi Criola ». C’est trop entrainant, ça donne trop envie de bouger :) c’est vraiment dommage que Tito Paris ne soit pas plus connu, c’est dingue le nombre de perles qui nous passent à côté. Enfin, un petit peu moins avec Lusitanie.fr :D

Tito, pour parler encore un peu de lui, est venu au Portugal à l’âge de 17 ans, à la demande de Bana (une légende musicale du Cap-Vert), afin de jouer dans son groupe. Il connait donc bien le Portugal est le milieu de la musique portugaise. Un peu comme tout les autres Cap-Verdiens en fait, les deux pays continuent à entretenir de profondes relations d’amitié.

Lors de son interprétation de « Saudade », il a remplacé, pour faire plaisir à son public, l’endroit « São Nicolau » (patelin du Cap-Vert d’où est originaire le compositeur de la musique) par « Cabo Verde » ou, d’autres fois, par « Portugal ». C’est vrai que ça fait plaisir, mais bon, il y avait quand même derrière moi des gens qui chantaient avec le São Nicolau. Pas plus mal comme ça.

Toute la joie de chanter de Mariza

Toute la joie de chanter de Mariza

Il ne faut pas beaucoup de moyens pour jouer du Fado. Une voix, une guitare… et c’est tout. C’est limite si il n’y avait déjà pas trop de monde au concert ce soir, avec un guitariste acoustique, un bassiste, un percussionniste, et un pianiste / trompettiste, en plus de l’obligatoire joueur de guitare portugaise (mon dieu ce que j’adore cet instrument).

Le bassiste et le guitariste acoustique accompagnent Mariza

Le bassiste et le guitariste acoustique accompagnent Mariza

Ah la la… c’était vraiment dommage que je sois dos à la star des instrumentistes, le joueur de guitare portugaise, Angelo Freire. Je ne le connaissais pas avant ce soir, il me semble très jeune pour tant de talent : il nous a livré une « guitarrada » fabuleuse (c’est un solo de guitare). Il faut vraiment avoir des doigts de fée pour jouer comme il joue ! La guitare portugaise, c’est ce qui donne cette sonorité si spéciale au Fado !

Tonerre dapplaudissements

Tonerre d'applaudissements

La salle était vraiment enthousiaste, avec des applaudissements à tout rompre plusieurs fois pendant le concert. C’était magique. Toute la salle debout pour applaudir la Diva du Fado, Mariza, c’est pas tous les jours. Et dire que ce n’est que la première soirée, demain elle remet ça :)

Musique sans micro

Musique sans micro

Pour nous remercier d’avoir été un public si fantastique, Mariza et les deux guitaristes vont jouer, tenez vous bien, sans micros, sans amplis. Juste avec leurs voix et leurs instruments. Comme on en joue dans les rues de Lisbonne, quoi.

Fabuleux. Le son dont je me plaignais au début n’était plus un problème. Tout était parfaitement équilibré. La sublime voix de Mariza, malgré des problèmes flagrants de sonorisation de la salle, montait jusqu’à mes oreilles, les caressant de façon suave et mélodieuse… La salle observait un silence religieux pour l’écouter, la moindre personne qui toussait s’entendait. Ah oui, c’est clair que là, n’importe qui aurait pu gêner leur prestation.

Mais sincèrement, je préfère le Fado comme ça. Au naturel. Proche. Sans les artifices des micros, des hauts parleurs, des mauvais réglages sonores. Je suis encore estomaqué d’avoir entendu ça, c’est donc ça une vraie chanteuse… waouh.

La soirée touchait à sa fin. Mariza, après les multiples « encore », revient nous jouer, pour finir, « gente da minha terra ». Mon Dieu ce que cette musique est belle avec sa voix. Elle a tout au long du concert fait un juste milieu entre son nouvel album, « Terra », avec ses anciens morceaux. Ce nouvel album vaut vraiment la peine d’être écouté sans modération, j’aime beaucoup « Rosa Branca ». Mariza chante, mais elle danse aussi beaucoup, comme au début du Fado, qui n’est pas forcément une musique triste (du moins celui de Lisbonne).

Mercis et encores

Mercis et encores

De gauche à droite : Simon James, pianiste et trompettiste, Angelo Freire, virtuose de la guitare portugaise, Tito Paris, compositeur Cap-Verdien, Mariza, Diogo Clemente à la guitare classique, et une personne dont j’ignore le nom, je fais un appel ici. Le percussionniste aux cheveux longs, il s’appelle comment ? Mariza avait dit « Vicky » ou « Ricky », pas très bien entendu… il est très bon en plus, comme il l’a démontré lors de son solo. La dernière personne, le bassiste, Marino de Freitas.

Pour ceux qui regrettent de ne pas être venu au concert, je vous rassure, elle vient à peine de commencer sa tournée mondiale : elle fera plus de 100 concerts dans 21 pays, elle finira bien par passer près de chez vous :) Je vous laisse avec le premier clip officiel de « Terra », la chanson « Rosa Branca ».

Lura : chanteuse du Cap-Vert

Dimanche 21 septembre 2008
Lura en concert

Lura en concert

Je voudrais vous parler de Lura. Lura, je l’ai découverte il y a un peu plus d’un an, par hasard, au détour du web. J’ai tout de suite été accroché par sa voix mélodieuse, par la musique au rythmes africains entrainants, par la passion qui s’entend et qui se dégage de cette formidable chanteuse.

Je ne sais pas comment le Cap-Vert fait, mais c’est un pays qui regorge de talents musicaux, il suffit juste de penser à Cesaria Evora, avec qui elle a débuté sa carrière…

Lura est née et a grandi à Lisbonne. Le Cap-Vert, ce sont ses parents qui le lui ont transmis, c’est pourquoi elle chante en créole dans ses chansons. Et puis… les cap-verdiens sont la première communauté étrangère du Portugal, elle avait donc beaucoup d’amis de la même origine, ce qui explique pourquoi aujourd’hui elle dit que le Créole est sa langue maternelle. Est-ce que les Cap-verdiens sont vraiment étrangers ? Pour ma part, non. De toutes façon ce concept « d’étranger » ne veut rien dire, ils ne sont pas plus étrangers pour moi qu’une personne des Açores.

Je me demande vraiment comment un si petit pays fait pour avoir autant de talents musicaux. Ils ne sont que 500 000 habitants, au Cap-Vert (et 700 000 ailleurs, oui, il y a plus de Cap-Verdiens en dehors du Cap-Vert qu’au Cap-Vert).

Lura, il faut absolument la voir en concert. Pour y être allé, je vous jure que ça vaut le coup. Et oui, ça change vraiment d’aller voir une vraie chanteuse, qui se sentirait insultée si on lui proposait le playback. Elle joue beaucoup avec le public, elle danse, elle transmet une émotion qui est palpable tellement elle est forte. Je vous laisse regarder cette vidéo d’un concert à Paris, avec la chanson « Na Ri Na ».

Et pour le plaisir, bien sûr que je vous laisse d’autres vidéos de musiques que j’adore  :

« Ponciana ». Cette chanson nous raconte l’histoire d’une jeune fille du Cap-Vert qui est tombée amoureuse d’un émigré aux Pays-Bas. Elle tombe enceinte mais ses parents l’avaient promise en mariage à un autre homme… « Ponciana » est un nom générique de femme, lorsqu’on ne veut citer personne en particulier.

Dans cette vidéo d’un live, elle joue du batuque (batuku en Créole du Cap-Vert), un style musical traditionnel et une danse du Cap-Vert. J’adore :D ! La chanson se nomme « Raboita Di Rubon Manel »

« Vazulina » : superbe vidéo clip :) Superbe musique :) Superbe Lura :)

Si jamais elle repasse à Paris, je vous tiendrais au courant, on s’y retrouve?

PS : Je vous avais déjà dit qu’elle dansait, aussi ?