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Prononciations foireuses de noms Portugais : joueurs de foot

Jeudi 16 octobre 2008

Je me posais une question en écoutant le match de foot tout à l’heure, avec les commentaires français : pourquoi font-ils semblant de prononcer « Ã  la portugaise » ?

On a le droit à des noms totalement farfelus, avec une prononciation totalement approximative. Le mieux, quand on ne sait pas comment ça se prononce, c’est de le faire à la française, ou alors, faire comme Thierry Roland et s’informer au préalable. Je ne vais pas leur jeter la pierre quand même, parce qu’ils ont quand même eu bon pour quelques noms. Enfin, « avoir bon », c’est à dire que l’approximation de la prononciation portugaise en parlant Français est correcte, ils ne parlaient pas en Portugais ni n’avaient cette prétention.

Analysons quelques noms :

Nuno Gomes. Ils prononçaient « Nugno Gomèsse ». Et bien non, on ne prononce pas « Nugno », mais bien Nuno. C’est navrant de voir qu’en essayant de prononcer « Ã  la portugaise », ils font en fait une approximation espagnole. Combien de fois j’ai entendu mon propre prénom, José, prononcé à l’espagnole ? On ne le dira jamais assez, mais José se prononce en Portugais jouzè. Et même en Espagnol, il aurait fallu une tilde sur le n, « Ã± », pour qu’il faille prononcer le son « gn »… Notez qu’en Portugais, le ñ n’existe pas, on écrit « nh » pour prononcer le « gn » français.

Un autre nom : Pepe. Ce joueur d’origine brésilienne n’a pas d’accents sur son prénom. Alors pourquoi dire « pépé » ? Pepe se prononce naturellement « pèpe ». Je me souviens d’ailleurs de Thierry Roland insister à juste titre sur ce point lors d’un précédent match,  un ami portugais lui ayant fait la remarque.

Miguel. Aucun piège me direz vous ? Et bien si, la commentatrice prononçait « migouel ». Ben non, perdu, Miguel, c’est Miguel. Et je détecte en Portugais, mais je n’ose pas trop imaginer le nombre de personnes étrangères dont j’écorche le nom juste parce que j’entends quelqu’un le dire « Ã  sa façon », et que je répète par réflexe…

Enfin bon, rien ne sera pire que la ville de Porto, qui en Anglais s’écrit « Oporto ». Parce qu’en Portugais, on dit tout le temps « O Porto« , « le Port ».

Fin de l'agrégation de Portugais en France

Lundi 13 octobre 2008

Nous le savions déjà, c’est confirmé depuis quelques temps : il n’y aura pas d’agrégation de Portugais cette année. La raison avancée ? Il y aurait selon le gouvernement déjà trop de professeurs de Portugais, qualifié de « langue rare ».

Je trouve ça marrant, de qualifier la 6ème langue la plus parlée au monde de « rare ». Elle est devant le Français, par exemple. La langue Russe aussi a perdu son agrégation. J’avais déjà évoqué l’inadéquation d’une langue si importante au niveau mondial avec sa représentativité dans le système éducatif français, il est triste de voir que l’Etat ne parie pas plus sur l’enseignement des langues. Il est dommage de voir que la France confirme ce que les pays étrangers en pensent : chauvins repliés sur eux-mêmes, très peu ouverts au monde et à sa diversité culturelle. Il est beaucoup plus rare de trouver un Français sachant parler convenablement Anglais que partout ailleurs en Europe…

Malgré tout, les Portugais de France, et leurs enfants, continuent de chérir la langue du pays de Camões, en allant à l’école portugaise en France. Un reportage de la chaîne info France 24 nous fait découvrir une école portugaise à Pontault-Combault (qui est quand même en France la ville la plus remplie de Portugais…), je vous mets la vidéo dans cet article.

Avec la montée en puissance du Brésil, devenu la 8ème puissance économique mondiale, je trouve que la France fait preuve d’un manque de vision frappant. Ne faudrait-il pas plutôt parier beaucoup plus sur l’enseignement du Portugais (et du Russe, rappelons-le) afin d’avoir un avantage pour les futures relations entre les deux pays, plutôt que d’attendre que les Brésiliens viennent nous parler en Français ? Et comment crédibiliser l’enseignement du Portugais en France, si on fait perdre l’espoir aux étudiants de Portugais actuels de décrocher un jour l’agrégation ? Comment attirer de nouveaux étudiants ?

Formation adulte au Portugal : programme "Novas oportunidades"

Lundi 29 septembre 2008
Logo Novas oportunidades

Logo Novas oportunidades

Comme je vous l’avais dit dans mon précédent article, le Portugal investi massivement dans l’éducation et la formation. L’un des piliers de cet investissement est le programme « Novas oportunidades », nouvelles opportunités, qui va permettre a des milliers de personnes de retrouver les bancs du lycée pour récupérer une formation qu’ils n’avaient pas eu. Une très grande partie de la population active portugaise n’a pas de qualifications, n’ayant pas fini le lycée, ou même le collège : en 2001, selon l’OCDE, 9% de la population était analphabète ! Pour continuer sur ces chiffres, le nombre d’années de scolarisation par habitant au Portugal était de 8,2. En France, c’est 11,5. Le Portugal est derrière un pays comme la Turquie, 9,6, et largement en dessous de la moyenne de l’OCDE, 12. L’OCDE au vu de ces chiffres, suggère au Portugal d’investir massivement dans l’enseignement secondaire, ce que le Portugal avec cette initiative, est en train de faire.

Le programme se dirige aux adultes qui n’ont pas complété la 9ème année d’études ou le lycée, avec pour but d’augmenter leurs qualifications. Au travers des reconnaissances des compétences acquises au cours d’une carrière professionnelle, les adultes peuvent rentrer directement au lycée, même s’ils n’avaient pas complété le collège : c’est la reconnaissance que le travail est tout aussi formateur que la théorie de l’école (même plus, si vous voulez mon avis…).

Pour mesurer l’ampleur de l’impact de cette mesure, je peux vous dire qu’au village de mes parents, il existe déjà plusieurs adultes qui vont fréquenter ces cours, dont mon propre père. Un large choix de formations professionnelles de niveau secondaire (lycée) sont à leur disposition. La flexibilité du programme prend en compte les réalités de ce nouveau type d’élèves, qui n’ont pas tout leur temps disponible. C’est pourquoi les horaires de cours sont à négocier avec les profs, ainsi que le type de formation.

Au début de l’année, il y a eu une grande réunion au lycée technique de Pombal (ETAP, ecole technique et artistique de Pombal), avec tout les intéressés par la formation adulte de la municipalité de Pombal. Il s’agissait de leur présenter l’initiative « Novas oportunidades », et de leur faire découvrir les formations qu’ils pouvaient choisir.

Pour que la formation se fasse, il faut un minimum d’élèves. C’est le rôle du coordinateur (coordinatrice dans ce cas) : faire en sorte que tout le monde se retrouve avec une formation, même si ce n’est pas tout à fait ce qu’ils demandaient, et aux bons horaires. Les chômeurs préfèrent le matin, les travailleurs préfèrent le soir.

Ce n’est clairement pas une mince affaire, mais pour que ce soit un succès, comme on le voit, la population est fortement mise à contribution. Ce n’est pas l’Etat qui impose, mais bien la population qui soumet ses conditions, la formation a été conçue de façon très locale.

Les critères d’évaluation des acquis se fera selon des critères internationaux : la formation leur sera véritablement utile. Par ailleurs, les formations proposées prennent en compte les réalités socio-professionnelles d’une région. Pombal est une ville industrielle, au secteur du BTP puissant : on aura plutôt des formations en rapport avec l’industrie et le bâtiment, tandis que vers des villes plus agricoles, les formations se feront plutôt en rapport avec l’agriculture.

L’état a pour objectif la formation d’au moins 350 000 adultes par ce biais d’ici 2010. C’est véritablement un chiffre ambitieux, mais qui semble réalisable, vu l’engouement suscité chez les personnes qui n’avaient pas eu la chance, bien souvent, de pouvoir étudier. Mes parents se souviennent bien : pour aller au collège, il fallait faire tous les jours 5 kms à pied de bon matin, puis 5 kms à pied le soir. Nombreux étaient ceux qui préféraient tout simplement aider les parents dans les champs, ou partir directement sur leur moto à l’usine (à l’âge de 14 ans) ou, plus vieux, partir en France (mon père est parti en France à l’âge de 17 ans…).

Pas trop la place pour les études, donc.

Le dernier avantage de cette formation, c’est qu’elle donne le droit aux élèves d’acheter un ordinateur portable à bas prix (150 euros pour un ordi qui en vaut au moins 700…) avec le programme e-escola, ce qui intéresse fortement mon père :D

Ordinateur Magellan : ordinateur pour écoliers et collégiens

Dimanche 28 septembre 2008
Computador Magalhães

Computador Magalhães

Le Portugal a une très forte volonté d’améliorer l’éducation de sa population, quel que soit son âge. C’est une priorité du gouvernement, qui au lieu de lancer des paroles vaines, concrétise réellement cet objectif, ou du moins essaie. D’importants programmes d’éducation pour adultes, et d’importantes initiatives modernes pour les plus jeunes démarrent cette année. Une de ces initiatives est le « Computador Magalhães« , Ordinateur Magellan. L’objectif de cet ordinateur est de faire en sorte qu’il n’y aie pas d’enfant de primaire qui ne sache pas se servir d’un ordinateur au Portugal.

Est-ce que le pari sera tenu? Seul l’avenir nous le dira, mais ce qui est sûr, c’est que l’Etat se donne les moyens de réussir son pari, avec cet ordinateur portable, le premier de fabrication nationale, à bas prix, pour tous. 500 000 ordinateurs ont été livrés pour les élèves de primaire, cette année ! Bas prix, cela veut dire « jamais plus de 50 euros ». Les enfants les plus pauvres ne paieront rien. Lorsque l’on sait qu’un élève coûte à sa famille environ 150 euros par an rien qu’en livres de classe, ce qui est énorme, il fallait bien que l’ordinateur soit à un si faible coût pour qu’il soit universellement adopté. Les modèles achetés dans le commerce peuvent coûter jusqu’à 285 euros : il existe dans le commerce le modèle « Descobrir » (découvrir), pour les enfants, et le modèle « 60 minutos » (60 minutes), qui est en fait adapté aux adultes qui font leurs premiers pas dans le monde de l’informatique. Le modèle distribué dans les écoles primaires pour une modique somme (qui varie donc suivant les revenus des parents) se nomme lui e-escolinha (e-petite école).

L’ordinateur est fabriqué à Matosinhos (banlieue de Porto), par l’entreprise portugaise JP Sá Couto, en partenariat avec Intel. C’est en fait l’évolution du Classmate PC d’Intel (donc bon, « technologie portugaise », c’est vraiment à mettre entre guillemets…). Il est tout petit et résistant ; il fallait bien, pour des enfants… Il possède des caractéristiques techniques tout à fait honnêtes, suffisantes pour accompagner l’enfant quelques années dans sa scolarité :

  • Processeur : Intel ULV 900Mhz
  • RAM : 1 Go
  • Disque Dur : 30 Go
  • Ecran : 9 pouces
  • Webcam, enceintes stereo, micro, 2 ports USB, port cartes SD, WiFi, ethernet.
  • Batterie : 3 heures
  • Système Opératif : Windows XP et Linux Caixa Magica (une distribution portugaise de Linux).

L’ordinateur est évidemment rempli de logiciels d’apprentissage, tous en Portugais. Sur Linux, ils ont installé Open Office, sur Windows, Microsoft Office.

Ordinateur pour enfants Magellan

Ordinateur pour enfants Magellan

Perso, je trouve que ce petit ordi est très bien équilibré, les enfants vont véritablement avoir un très bon outil entre les mains pour acquérir de bonnes bases en informatique, avec la part belle aux logiciels issus de l’open source (Linux, Firefox, Open Office), j’applaudis. Mais, comme partout, ce qui fera la différence au final, ce ne sont pas les outils, mais les professeurs chargés d’enseigner aux enfants à s’en servir…

Le Portugal, à travers le consortium constitué de JP Sá Couto, Prologica et Intel, a la volonté d’exporter dans le monde entier cet ordinateur. Et apparemment, ça a l’air de marcher, avec des commandes fermes d’un million d’ordinateurs de la part du Venezuela (info fraîche d’aujourd’hui).

Pour supporter les 180 euros de coût de fabrication à l’unité de chaque ordinateur, l’Etat compte sur les contrats d’internet mobile que les parents d’élève pourront signer pour leur Magalhães : les trois opérateurs de téléphonie mobile nationaux (TMN, Vodafone et Optimus) devront reverser une partie de l’argent à l’Etat.

Au final, avoir un ordinateur avec l’internet mobile est véritablement accessible à tous :)

Disparités entre l'enseignement du Portugais et son importance

Mardi 23 septembre 2008

Le Portugais est la troisième langue européenne la plus parlée dans le monde, après l’Anglais et l’Espagnol, et la 6ème langue tout court au niveau mondial. Je ne parle bien sûr que des 230 millions de personnes qui l’ont pour langue maternelle.

La croissance économique du Brésil, qui est en train de se faire la place de géant qu’il mérite (la moitié de l’Amérique du Sud, c’est le Brésil, avec ses 190 millions d’habitants) se répercute également sur le prestige de la langue portugaise, une langue au vocabulaire extrêmement riche, influencée par l’expansion maritime des Portugais aux XVème siècle et les contacts qui en découlèrent avec le reste du monde.

Le Portugais, qui est une langue relativement facile à apprendre de par sa proximité linguistique avec l’Espagnol, avec le Français ou l’Italien (langues romanes, d’origine latine), n’est pourtant quasi pas enseignée en France. De plus, au niveau littéraire, elle est très peu reconnue : un seul prix Nobel de littérature obtenu pour une langue si importante au niveau mondial. Merci José Saramago, digne représentant de la langue portugaise, mais certainement pas le seul, et, selon les points de vue, pas le meilleur non plus. Les prix Nobel de littérature ne sont de toute façon clairement pas représentatifs (un seul prix arabe, un seul chinois, et 26 anglais en plus d’un siècle… ).

Pourquoi une telle méconnaissance? Peut-être parce que pendant longtemps, le Brésil était un pays du tiers-monde, que le Portugal était un petit pays européen sclérosé par la dictature, et que les émigrés Portugais ne contribuaient pas à donner du pays une image de pays d’écrivains.

C’est un comble, au pays des poètes (pensons un instant à Fernando Pessoa ou Sofia de Mello Breyner Andresen). Mais il faut dire que le Portugal ne valorisait pas non plus ses écrivains, le pays lisant très peu lui-même. Heureusement ça change, le pays étant de plus en plus cultivé, un très gros effort a été fait avec l’éducation depuis son entrée dans l’Union Européenne.

La langue portugaise annonce donc clairement un déficit de prestige dans le monde, malgré son importance de facto. Surtout en Afrique d’ailleurs, le Portugais y sert beaucoup de Lingua Franca.

Quelques chiffres, à méditer :

A la rentrée 2004, seuls :

  • 0,02% des collégiens et lycéens français avaient le Portugais en LV1
  • 0,018% des collégiens et lycéens avaient le Portugais en LV2
  • 0,4% l’avaient en LV3

Nous savons que dans les prochaines années, il y aura forcément plus de demande de la part du marché professionnel de lusophones. Tant mieux pour les franco-portugais :)

Apprendre le Portugais : ressources gratuites sur Internet

Jeudi 18 septembre 2008

Pour apprendre à parler la langue portugaise, rien de mieux que… d’habiter là-bas quelques années, si on fait un petit effort, ça fini par rentrer tout seul. Oui, il faut aller vers les autres et ne pas avoir peur de s’exprimer, même un peu. J’ai souvent vu des étrangers qui habitaient au Portugal et qui même au bout de 15 ans ne savaient toujours pas parler…

Ah mais vous ne pouvez pas habiter là-bas quelques années ? Bon, alors il y a un autre moyen. Regardez la télé portugaise. RTPi, la chaîne publique portugaise internationale est disponible un peu partout, par exemple chez le FAI Free. Vous ne comprendrez pas grand chose dans un premier temps, mais vous vous habituerez au moins à la sonorité :)

Pour comprendre quelque chose, il existe quelques sites qui peuvent vous aider. Je ne peux pas vous en dire vraiment du bien ou du mal, étant bilingue, je ne me rends pas vraiment compte :D Mais je sais au moins si c’est des charlatans ou pas en regardant ce qu’ils écrivent.

- Un petit cours de Portugais chez portugalmania : très fun et facile à suivre pour avoir des notions basiques. Je conseille de commencer par là.

- Un site un peu plus technique tourné vers le Portugais du Brésil, http://pages.infinit.net/roger46/ , vous y trouverez ce qu’il faut savoir en conjugaison, en orthographe…

- L’académie d’Amiens propose plusieurs ressources pour apprendre et appliquer,  avec des contenus multimédia.

- Finalement, l’organisme le plus fiable, Instituto Camões (chargé de défendre la langue portugaise, un service du ministère des affaires étrangères portugais) propose plusieurs exercices pour apprendre à lire en Portugais.

Et si vous voulez en savoir plus sur des études de Portugais plus conventionelles, je vous conseille d’aller voir du côté de l’Association pour le Développement des Études Portugaises, Brésiliennes, d’Afrique et d’Asie lusophones, ADEPBA.