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Buraka Som Sistema : champions du Kuduro =D

Vendredi 24 avril 2009

Façam BARUUUUULHOOOOO!!! Ou, en Français, MAKE SOME NOISE!!

Ouais. Pas moins. Ce soir, j’ai décidé de vous présenter un groupe de la ville d’Amadora, plus précisément de Buraca, un quartier de la banlieue de Lisbonne, qui, si on voulait faire une analogie, est à Lisbonne ce que Sarcelles est à Paris. Amadora, en bonne ville de banlieue, est une ville où beaucoup d’Africains habitent, surtout des Angolais. Voilà pour le contexte de cet article.

Buraca Som Sistema, c’est un groupe de Kuduro issu d’Amadora. Un formidable groupe, aux sons terriblement entraînants, comme se doit d’être le genre musical Kuduro! Le Kuduro, qui surgit dans les banlieues des grandes villes d’Angola vers le début des années 90, arrive naturellement au Portugal par le biais de sa grande communauté angolaise, et n’a depuis pas cessé de gagner en popularité. Les Buraca Som Sistema ont réussi à dépasser les frontières de la lusophonie, avec des concerts au Royaume Uni où ils ont fait le générique de la série « Skins », aux Pays-Bas.

Sur les vidéos que j’ai choisi, vous pouvez vous rendre compte très rapidement qu’il FAUT danser pour vraiment apprécier le Kuduro des Buraka Som Sistema. Cette première vidéo présente le Kuduro en Angola, on peut y observer les prouesses acrobatiques des danseurs de Kuduro, qui rendent hommage au sens même du terme : « cul dur », ou cul serré. Selon la légende, l’un des pionniers du Kuduro, Tony Amado, en regardant un film où Jean Claude Van Damme dansait bourré, a décidé de danser pareil, et ça a donné la danse du Kuduro. Et ouais!

La danse est vraiment surpuissante. Je sais pas, tu regardes la vidéo de la musique « Sound of Kuduro », et tu comprends même pas très bien ce que tu vois tellement ils font des trucs surhumains. Vous remarquerez que cette musique africaine est totalement électronique : c’est même carrément le premier style de musique africain électro. Et ouais. mais on peut également faire du kuduro, juste avec des percussions!

Sur cette vidéo, c’est un énorme concert, avec deux musiques enchainées à la suite, d’abord avec la collaboration de Petty sur « Wege Wege », puis de Deize Tigrona sur « Aqui para vocês », une brésilienne vraiment très sexy comme il faut pour : 1) son pays 2) le style de musique =D !!

En France, on surveillera les petits gars Fofodji, des Angolais vivant à Limoges. Voici une vidéo, il y a du potentiel, on les encourage bien fort! =D


Fofodji – Toi fais gaffe from Ben Le Pat on Vimeo.

Et, pour finir en beauté, en écoutant l’album des Buraca Sound Sistema sur Deezer, et comme on dit dans un bon concert de Kuduro : FACAM BARULHOOOOOOO !!

Marisa Cruz : Miss Portugal 1993

Mardi 25 novembre 2008
Marisa Cruz. Source : site officiel de Marisa

Marisa Cruz. Source : site officiel de Marisa

Et oui les gens, Marisa Cruz a été Miss Portugal, en 1993, qui s’en souvient? Pour qui ne sait pas, Marisa Cruz est donc (forcément…) une très belle femme portugaise, née en Angola, qui est devenu, après sa consécration de Miss, une mannequin et présentatrice très connue, devenant le sex-symbol portugais de référence. Son nom complet est Carla Marisa da Cruz, au fait, ce qui explique que sur d’anciennes vidéos de shows télé, ce soit « Carla Cruz » qui soit mentionné. Elle a du vouloir prendre ses distances par rapport au célèbre présentateur de télé Carlos Cruz (ils n’ont strictement rien à voir). Lorsque l’on connait les problèmes de Carlos Cruz avec la justice (notamment à cause du procès Casa Pia), on peut comprendre.
(Lire la suite…)

Bonga en concert

Jeudi 13 novembre 2008

Bonga est un monument de la musique africaine. Athlète accompli (recordman du 400m dans les années 60), il lutta activement pour l’indépendance de son pays contre le joug colonial portugais et la dictature fasciste de Salazar.

Son histoire mérite que l’on s’y attarde longuement, j’y reviendrais, mais je voulais vous donner un petit avant-goût de sa musique, de sa présence sur scène, avec cette vidéo d’un live de Bonga.

Il sera donc en concert:

  • Vendredi 14 novembre 2008, à Vernouillet, dans l’Eure-et-Loire, 20h30 à la Salle des Fêtes.
  • Samedi 29 novembre à Villepinte, 20h30, à l’espace Jacques Brel
  • Jeudi 11 décembre, à Coulommiers, 20h30 à la Sucrerie (festival Africolor).

Le kiela, ancêtre du jeu d'échecs?

Mardi 4 novembre 2008

Il existe un jeu de plateau plus ancien que les échecs. Ce jeu a une origine africaine, et est communément considéré comme étant le plus ancien des jeux (du moins selon les dires de Bernardo Campos, « ambassadeur » du kiela). C’est le kiela, aussi connu sous d’autres noms un peu partout en Afrique. Le kiela est aujourd’hui principalement joué au nord de l’Angola, et est très important pour la culture orale locale. On dit de lui qu’il contribue à promouvoir la paix, parce que le jeu « transforme les ennemis en amis ».

Jeu du kiela, source : kiela-game.com

Jeu du kiela, source : kiela-game.com

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site officiel de Bernardo Francisco Campos : www.kiela-game.com. Pour avoir des infos sur les règles, on pourra consulter le site anglophone Wikimanqala

« …la philosophie informatrice du Kiela est de la paix -à ceux que les conflits et les divergences doivent dissiper par voie de l’intelligence , de l’intolérance mutuelle et du bon sens et du respect pour la vie humaine . »
Ing. Fernando Faria de Oliveira (PORTUGAL)

L’état Angolais et les principales sociétés angolaises ont donné un bon coup de pouce à la promotion de ce jeu, en instituant un tournoi de Kiela, en installant plusieurs tables publiques de jeu un peu partout dans le pays (notamment dans les casernes des militaires) ou en le divulguant également à l’étranger.

Un ami est à Luanda, en Angola

Mardi 4 novembre 2008

Ce pseudo m’intriguait depuis longtemps, sur MSN : l’un de mes contacts avait, à coté de son pseudo normal, un curieux @angola . Pour tirer les choses au clair, rien de tel que d’aller lui parler. C’est à ça que ça sert, MSN, au final… voici un rapide aperçu de la conversation (abrégée) :

- alors, c’est quoi ce @angola dans ton pseudo?
- Je suis à Luanda maintenant!
- Ah bon? O_o Mais qu’est ce que tu fiches là?
- Je travaille pour la police angolaise, je m’occupe de la base de données des criminels, on a des connexions avec Interpol, etc.
- Waouh O___o Et tu gagnes bien ta vie?
- J’ai pas à me plaindre, mais j’ai plus de dépenses qu’au Portugal. Ici, c’est du genre : tout ce qui est vice est pas cher (clopes, alcool, prostituées…), tous les biens essentiels sont hors de prix (yaourts à 3 euros).
- O__o hum ok. Et c’est cher pour aller en Angola?
- 1200 euros aller – retour , 7 heures et demie d’avion.
- T’as de la chance quand même, super job!
- Tiens, regarde ce que je vois de ma fenêtre :

Luanda, de nuit

Luanda, de nuit

- Waaaah ça tue!! Quelle chance de voir ça de sa chambre!
- Je suis en fait sur une presqu’île, nommée Ilha de Luanda.
- Et tu comptes rester combien de temps?
- J’aimerais rester pour une durée indéterminée, mon boulot ici est autrement plus passionnant!

On l’aura compris, il est content d’y être, et Lusitanie.fr a maintenant un correspondant à Luanda :)

Sur cette capture de Google Maps de Luanda, mon pote habite sur la longue presque-île que vous pouvez voir tout à gauche. Il y a une immense plage à cet endroit !

Vue satellite de Luanda, source : google maps

Vue satellite de Luanda, source : google maps

Luanda a l’air d’être une très chouette ville, vue comme ça, de loin. Mais mon ami me dit que c’est évidemment très trompeur. C’est une ville pauvre, de 4 millions d’habitants (sûrement plus), mais tournée vers l’avenir : son premier centre commercial a ouvert ses portes en 2007, avec 100 boutiques et 8 salles de cinéma, le Belasshoping. Perso, je suis vraiment content de voir que ça s’arrange pour l’Angola, après toutes ces années de guerre, qui étaient un pur gâchis dans un pays avec de telles potentialités…

Immense favela de Luanda

Immense favela de Luanda

Beatbox : Vodafone et SP & Wilson

Vendredi 26 septembre 2008

Le human beatbox, c’est l’art d’imiter de la musique instrumentale avec la bouche. C’est extraordinaire de voir ce que certains peuvent faire uniquement avec leur bouche, on dirait qu’ils ont avalé tout un orchestre ! :)

Les publicités portugaises sont parfois très créatives, pour peu de moyens employés. L’histoire de cette pub de chez Vodafone (plus grand opérateur de téléphonie mobile européen, ils détiennent une très importante participation chez SFR) est exemplaire. Les publicitaires ont vu la vidéo sur Youtube de Joseph « Poolpo », qui faisait une démonstration du beatbox pendant le casting de la Nouvelle Star, l’adaptation française de Pop Idol.

Ni une ni deux, ils l’ont fait venir pour faire de la pub pour Vodafone au Portugal. La question que beaucoup se posent alors, c’est pourquoi avoir fait appel à un Français, alors qu’il y a de très bon beatboxers portugais? Perso, je pense que c’était pour le buzz, ça le fait de dire qu’on a recruté à l’étranger via Youtube, « l’histoire » fait rêver. C’est ça aussi la pub.

Et comme on est dans le beatbox, je vais vous présenter un groupe de hip-hop portugais, SP & Wilson, formé donc par ses deux membres, « SP » et « Wilson ».

SP est un jeune Angolais qui a grandi en Angola, au Portugal, au Brésil et finalement en Angleterre. Revenu au Portugal en 2004, fort de ses multiples influences musicales, il s’unit avec Wilson et fondent le groupe de beatbox « SP & Wilson ».

Wilson est né en Angola, et vit au Portugal depuis ses 5 ans. Il devient producteur de bon nombre de groupes avant de joindre ses forces avec SP.

SP & Wilson, c’est surprenant, ça passe sur le MTV local, et c’est influencé par le Kuduro d’Angola, ça s’entend.

C’est ce qui me fait dire que finalement, ils étaient peut-être tout simplement plus chers à l’embauche que Poolpo pour faire la pub de Vodafone Portugal…

élections en Angola 2008

Lundi 8 septembre 2008
Armes d'Angola

Armes d'Angola

L’Angola s’ouvre enfin à la démocratie. Du moins, c’est ce qu’on dirait.

Le parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1975, le MPLA (Movimento Popular de Libertação de Angola, mouvement populaire de libération d’Angola), a obtenu 81,72% des voix. Le principal parti de l’opposition, l’UNITA (União Nacional para a Independência Total de Angola, Union Nationale pour l’Indépendance Totale d’Angola), contre qui le MPLA a livré une guerre sanglante pendant presque toute l’indépendance du pays, n’a eu, lui, que 10,49%.

Face à un tel désequilibre, même si les élections ont été justes et transparentes comme le disent l’Union Européenne et tous les observateurs, on se doute bien que le pays n’est pas encore rentré dans une période de démocratie totale comme par chez nous, occidentaux.

L’UNITA a véritablement changé de visage, depuis la mort de son vieux leader Jonas Savimbi : c’est devenu un parti qui protège et défend la paix, contrairement à ce qui s’était passé en 1992, lorsque l’UNITA n’avait pas reconnu le résultat des premières élections libres du pays, qui donnaient la victoire au MPLA, replongeant une nouvelle fois le pays dans une guerre civile sans fin.

Localisation de l'Angola

Localisation de l'Angola

Espérons que pendant les 4 ans de mandat que le MPLA vient de décrocher, l’UNITA fera bonne opposition, ce qui permettra d’avoir un organisme vigilant vis à vis des politiques du gouvernement, qui a fait de la lutte contre la corruption son nouveau credo. Espérons également que les partis sauront voir au delà de leurs affinités ethniques comme il était de rigueur jusqu’à il n’y a pas si longtemps…