Archive pour la catégorie ‘Société’

Eglise des Portugais de Paris, Sanctuaire Notre Dame de Fatima

Dimanche 12 octobre 2008

Les Portugais ont une église qui leur est consacrée à Paris, comme je vous le disais lors d’un précédent billet sur la nouvelle église de Fatima. C’est le sanctuaire Notre Dame de Fatima, église Marie Médiatrice de toutes les Grâces. Cette basilique votive fut construite à l’issue de la libération de Paris en 1944, selon le souhait du Cardinal Suhard. Finalisée en 1954, elle est l’Å“uvre de l’architecte Henri Vidal.

Notre Dame de Fatima, église Marie Médiatrice

Notre Dame de Fatima, église Marie Médiatrice

Façade de la basilique votive

Façade de la basilique votive

Beau temps à Paris, boulevard Serrurier

Beau temps à Paris, boulevard Serrurier

Construite sur l’ancienne enceinte de Paris, cet espace abandonné était un quartier populaire et industriel du Paris qui se construisait. Comme on peut le voir sur cette photo de 1955 (provenant du site officiel de l’église), elle était isolée, construite sur des terrains vagues. Il était prévu que cette église desservirait les futurs quartiers résidentiels de la population ouvrière, mais il arrive un évènement imprévu pour cette église construite avec la générosité des catholiques de Paris : la construction du boulevard périphérique. L’église se retrouva ainsi isolée, vide de fidèles, qui préféraient se rendre dans d’autres églises plus proches de leurs demeures. Par manque de fidèles, elle fut fermée, et, comme tout endroit abandonné, fut envahie par des gamins et des rôdeurs. Son état était catastrophique, il fallut la murer, plus personne ne sachant que faire de ce pourtant si bel ouvrage.

Basilique au milieu des terrains vagues, 1955

Basilique au milieu des terrains vagues, 1955

Le projet pour un nouvel hôpital pour enfants dans le 19ème arrondissement (que vous pouvez voir sur les photos), l’hôpital Robert Debré, date de 1981, ce qui redonna espoir au Cardinal de Paris, feu Monseigneur Lustiger pour le renouveau de cette église. Mais cela ne suffisait pas. Lors d’un voyage en 1984 à Fatima au Portugal, Monseigneur Lustiger, voyant l’espace réservé aux migrants se rendit compte que l’église portugaise de la cité universitaire était trop petite pour tant de fidèles.

Derrière l'église

Derrière l’église

Vitraux, vus de dehors

Vitraux, vus de dehors

Beaucoup d'enfants viennent jouer sur le parvis

Beaucoup d’enfants viennent jouer sur le parvis

Jolie décoration de l'église

Jolie décoration de l’église

Il fut ainsi décidé que l’église abandonnée de Marie Médiatrice allait retrouver une nouvelle vie en la consacrant au portugais de Paris. En 1988, l’église rouvrit ses portes, le 13 mai, jour de Marie et de Notre Dame de Fatima. C’était il y a 20 ans déjà, je me souviens d’y être allé avec mes parents. Aujourd’hui, l’église fête ses 20 ans, avec des commémorations spéciales pour le 12 et 13 octobre, comme à Fatima. L’église est vivante, avec de nombreux enfants qui y vont pour le catéchisme, de nombreuses messes, c’est un formidable point de rencontre pour la communauté portugaise, certains venant de très loin pour y assister à la messe en langue portugaise.

Plaque inaugurale de l'église

Plaque inaugurale de l'église

Chapelle au sous-sol

Chapelle au sous-sol

Le catéchisme est donné dans le sous-sol, dans la chapelle de l’église. C’est un catéchisme donné en Portugais. On peut voir une classe sur la gauche. De nombreuses classes de caté ont lieu simultanément, ce qui explique la présence de nombreux parents dans l’église, alors qu’il n’y a pas de messe. Les prêtres en profitent pour être disponibles pour la confession.

Catéchisme portugais

Catéchisme portugais

Attente de confession

Attente de confession

On peut voir au fond à droite un prêtre qui parle à un paroissien, sur cette photo.

Statue de Saint Antoine

Statue de Saint Antoine

Santa Casa da Misericordia de Paris

Santa Casa da Misericordia de Paris

La décoration intérieure de l’église est, je trouve, plus jolie que celle de l’énorme nouvelle église de Fatima, malgré l’architecture typique des années 50. C’est sans doute grâce à la vie que les paroissiens ont su donner à cet endroit, avec des fleurs, des statues (ici celle de Saint Antoine) et de nombreux autres détails. On peut voir sur la statue un emblème bien connu des Portugais : celui de la « Santa Casa da Misericordia », ici la section de Paris. C’est une institution catholique de bienfaisance plusieurs fois centenaire. On y observe les « quinas », écussons bleus à points blancs, que l’on retrouve sur le drapeau national portugais. Je ne savais pas qu’ils avaient une section à Paris, le sanctuaire français de Fatima en étant le siège. C’est une institution riche, ils gèrent notamment les jeux de loterie au Portugal, les revenus du « totoloto » (loto portugais) ou d’euromillions leur revenant, par exemple. Tant mieux que cet argent serve à faire le bien et la paix, paix que nous pouvons lire sur le plafond de l’église, avec le mot latin « PAX ». L’église possède vraiment de beaux volumes, la communauté portugaise a une église digne de son importance à Paris.

Plafond avec l'inscription PAX

Plafond avec l’inscription « PAX »

Vitraux de l'église

Vitraux de l’église

Porte principale de l'église

Porte principale de l’église

On aurait pu éviter les lumières à boules...

On aurait pu éviter les lumières à boules…

Image de Sainte Marie

Image de Sainte Marie

La façade possède plusieurs motifs. L'espèce de balle de foot est en fait un haut-parleur.

La façade possède plusieurs motifs. L’espèce de balle de foot est en fait un haut-parleur.

Imposant clocher, séparé de l'église.

Imposant clocher, séparé de l’église.

Marches devant l'église

Marches devant l’église

L’église est bilingue, et propose de nombreuses messes dans les deux langues. Vous pouvez voir les horaires sur la photo.

Horaires de l'église portugaise de Paris

Horaires de l'église portugaise de Paris

Pour finir cet article, deux petites photos rigolotes, qui montrent bien que les Portugais de Paris sont peut-être loin du Portugal, mais qu’il reste toujours très présent dans les esprits. Regardez un peu ce qu’il y a sur le rétroviseur des voitures stationnées en face du sanctuaire, ou le petit coussin aux couleurs du Benfica sur la dernière image :D

Voitures de portugais

Voitures de portugais

Coussin de benfiquista, adepte du Benfica

Coussin de benfiquista, adepte du Benfica

Extrême droite portugaise : partido nacional renovador

Mardi 7 octobre 2008

Le PNR, Partido Nacional Renovador (parti national rénovateur) est, comme tout les partis d’extrême-droite, ridicule. Ridicule par ses idéologies racistes et passéistes, ridicule par ses idées fantaisistes sur l’économie, si elles ne sont pas absentes, ridicule par ses dirigeants, régulièrement appelés aux tribunaux.

Le PNR n’est qu’une pâle copie du Front National français, il suffit de regarder le logo, qui est une flamme. Pourquoi je parle de ce parti ridicule qui ne représente que 0,1% des voix (moins de 10 000 personnes ont voté pour eux lors des dernières législatives) ? Parce qu’ils ont mis une énorme affiche à Lisbonne !

Affiche du PNR

Affiche du PNR

Pâle copie de l’affiche suisse qui avait défrayé la chronique il y a quelques temps. Ce n’est pas un parti, c’est une bande mafieuse de gens rétrogrades. Je pense que Dieu merci, les Portugais se souviennent encore assez bien de Salazar pour pouvoir dire : « extrême-droite, on a déjà donné, non merci ».

  • Ils veulent expulser tous les étrangers (parce qu’ils volent le boulot des Portugais, tenez, un peu comme mes parents qui ont volé le boulot des Français ?).
  • Ils veulent renforcer la politique de natalité et criminaliser l’avortement : les femmes ne sont bonnes qu’à pondre des petits Portugais blancs.
  • Voila, c’est 99% de leur programme politique.

Pfff…

Voitures de police au Portugal

Lundi 6 octobre 2008

J’ai risqué ma peau pour vous faire ces photos de voitures de police, cet été, j’espère que vous saurez les apprécier. Non je plaisante, j’ai juste fait les photos normalement :) J’aime bien leurs voitures, il y a pas mal de petits détails sympa dessus.

voitures de police stationnées

voitures de police stationnées

La photo a été prise non loin du château de Leiria, devant le commissariat. Ce sont de chouettes places de parking, non ? Notez que le camion de la fourrière a les lettres de « policia » marquées à l’envers sur le devant du véhicule, pour que les conducteurs les voient à l’endroit dans leurs rétroviseurs.

Voitures de police, avant et arrière

Voitures de police, avant et arrière

Les voitures des policiers sont vraiment très bien signalisées, impossible de les louper, avec des bandes réfléchissantes colorées un peu partout sur la carrosserie. Ce sont de belles Skoda, une marque appartenant au groupe VAG (Volkswagen-Audi). Autant dire que ce sont des voitures de très bonne qualité, tout en restant moins chères qu’une Audi : l’Etat a fait un bon choix avec cette marque de voitures, à mon avis.

url de site sur une voiture

url de site sur une voiture

Ce qui peut attirer l’attention, c’est l’url du site officiel de la police, marqué sur les voitures. PSP veut dire « Polícia de Segurança Pública« , police de sécurité publique. C’est la police principale de l’Etat, chargée de la sécurité des biens et des personnes, principalement dans les villes. L’autre police bien connue au Portugal est la PJ, « Polícia Judiciária« , chargée des enquêtes, mais leurs voitures sont des voitures civiles normales (logique…). La GNR, « guarda  nacional republicana« , équivalent de la gendarmerie nationale, eux, s’occupent plutôt des milieux ruraux.

Vous remarquerez que les plaques d’immatriculation portugaises ont, en plus de l’habituel logo européen, un petit rectangle jaune à droite. C’est en fait la date de mise en circulation du véhicule, ici décembre 2007. Ils avaient introduit cette nouvelle plaque d’immatriculation pour lutter contre les personnes qui font venir des voitures d’occasion de l’étranger, et ainsi aider la vente du neuf…

Voiture de police municipale de Lisbonne

Voiture de police municipale de Lisbonne

Parfois, la PSP n’est pas suffisante pour la sécurité d’une ville, comme par exemple Lisbonne. A ce moment, la ville a le droit de se constituer une police propre, la police municipale. Ils ont le même rôle que la PSP, mais se cantonnent à leur ville. Comme vous pouvez le voir sur la photo (prise à Lisbonne), leurs voitures sont beaucoup moins bien signalisées que celles de la PSP. On peut y voir également le blason de la ville, sur les portières et le capot.

En résumé, les policiers ont de chouettes voitures, on comprend pourquoi lorsqu’on était petits, on aimait tellement jouer avec ;)

Association écolo Quercus : vidéo Global Warming

Dimanche 5 octobre 2008

Quercus, une association de défense de l’environnement et du développement durable, a fait une superbe vidéo. Sortie le 18 septembre dernier, la vidéo nous parle des animaux qui dépriment à cause du réchauffement climatique.

Réalisée tout en 3D par l’agence McCann Erickson, elle a le mérite de se faire comprendre par n’importe qui dans le monde entier, c’est un petit bijou de la pub, mais un peu triste tout de même… je vous laisse découvrir.

Quercus est une ONG indépendante qui sait se faire remarquer, et ils arrivent bien souvent à leurs fins. « Quercus » est un nom latin, qui signifie « chêne ». Le chêne était le plus répandu des arbres au Portugal, mais il n’existe de nos jours plus que quelques reliques de forêts de chênes.

Merci Quercus. Et merci Diogo Anahory et José Carlos Bontempo, les directeurs créatifs de chez McCann Erickson, pour cette vidéo écologique :)

Lisboagate : scandale immobilier à la mairie de Lisbonne

Jeudi 2 octobre 2008

C’est ça aussi le Portugal, la corruption à tous les étages, hérités de la dictature. Cette fois, nous parlons d’un immense scandale, l’attribution abusive de logements sociaux de la part de la mairie de Lisbonne à des employés de la mairie, des politiques, des journalistes… un authentique « Lisboagate »…

Toits de Lisbonne

Toits de Lisbonne

Le scandale est de taille : 3000 logements sont concernés, avec un loyer mensuel qui serait en moyenne de 35 euros. Le cas le plus flagrant est l’occupation en plein centre ville d’un duplex pour 146 euros par mois de la part de la responsable à la mairie de l’habitation et de l’action sociale, jusqu’en 2007, pendant 20 ans. Elle a une pension de 3000 euros par mois, et pire, se dit avoir la conscience tranquille et ne démissionnera pas.

Les gens là-bas sont tellement habitués à ce système, qu’ils ne voient même plus à quel point ils peuvent être en tort. Comment, quoi, qu’est ce qui justifie une telle injustice, avec l’argent du peuple en plus?

L’actuel maire de Lisbonne, Antonio Costa, au début de son mandat, a établi de clarifier justement une fois pour toutes l’attribution des logements sociaux, avec des règles strictes, et un contrôle serré. Il a par ailleurs souligné que tous les cas de « fraude » qui ont été détectés datent d’avant son mandat. Autant dire que les autres maires de Lisbonne ont fait n’importe quoi, ou, n’ont pas eu dans leur priorités la régularisation de ces situations. João Soares, député socialiste et ancien maire de Lisbonne (et accessoirement fils de Mario Soares, ancien Président de la République) est venu immédiatement critiquer son confrère de parti (tous deux socialistes), pour lui reprocher le manque de solidarité envers ses prédécesseurs.

Vous voyez à quoi ressemble parfois la politique par là-bas ? Heureusement, ça change, et le fait que l’on sache maintenant, que l’on soit informé de ce genre de scandales permet d’améliorer le pays. Il change, en bien. En attendant, les sièges des partis à Lisbonne paient des loyers à la mairie qui varient de 4 à 75 euros…

Haut-commissaire pour les réfugiés de l'ONU, António Guterres

Mercredi 1 octobre 2008

Antonio Guterres est un ancien premier ministre socialiste du Portugal, de 1995 à 2002. Aimé des Portugais, la principale critique qui lui était faite était son manque d’autorité. Trop gentil. Pas de majorité absolue.

Ce furent 7 années où il était difficile de gouverner le pays, car pour le faire avancer dans un sens ou dans l’autre, il fallait que les décisions puissent être prises. Or, elles étaient souvent bloquées, précisément par un travail de l’opposition qui mettait des bâtons dans les roues à tout prix. Du moins c’est comme ça que je l’avais perçu à l’époque. Les guignols de l’info portugais, le « contra-informação » faisaient répéter à la marionnette de Guterres à chaque sketch « Ã© a vida« , « c’est la vie », dans un signe de résignation fataliste vis à vis de son impuissance. C’était effectivement le entiment qui se dégageait de cette époque du gouvernement.

Antonio Guterres. Source : wikipedia

Antonio Guterres. Source : wikipedia

On se souviendra également de Guterres en tant que catholique, dans un parti majoritairement constitué d’athées ou d’agnostiques, ce qui lui valait beaucoup d’opposition interne, en plus de l’opposition classique des autres partis. Le cas le plus flagrant dont je me souviens eu lieu lors du premier référendum pour ou contre l’avortement : le Parti Socialiste était pour l’avortement, tandis que lui, premier secrétaire, était contre. Le premier référendum fut donc négatif pour les femmes qui voulaient avoir le droit d’avorter, de très peu. Probablement que la position d’Antonio Guterres n’y est pas étrangère.

Il se démet de ses fonctions de premier-ministre le lendemain du résultat des élections municipales, où le parti de l’opposition, le PSD, avait clairement remporté la majorité des municipalités. Il avait dit à l’époque que c’était pour éviter la « jungle politique », le désordre : si le pays avait été difficile à gouverner jusque là, il serait carrément impossible de le faire désormais.

Voilà pour l’homme politique, qui fut également président de l’internationale socialiste de 1999 à 2005.

Élève brillant, diplômé en ingénierie électrotechnique avec une moyenne finale de 19/20, il fut élu meilleur élève des lycées du Portugal. Tandis qu’il était au pouvoir, il eu un grand malheur : sa femme mourut de maladie prolongée en 1998, d’un cancer. Il se remariera en 2001.

C’est en 2005 qu’il devint le Haut-commissaire pour les réfugiés de l’ONU, mandaté jusqu’en 2009. Et c’est clairement quelqu’un taillé pour le poste au sein de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), de par ses qualités humaines et son sens de la diplomatie. Cette institution a reçu à deux reprises le prix Nobel de la paix, en 1954 et en 1981. Pour attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes des réfugiés, de plus en plus nombreux, le haut-commissariat pour les réfugiés de l’ONU fait appel à des « ambassadeurs de bonne volonté », des personnalités très médiatiques. Angelina Jolie, Giorgio Armani ou Barbara Hendricks en font partie.

Jamais le rôle de l’agence de l’ONU n’a été si vital. Depuis 2006, avec l’Irak, l’Afghanistan, les conflits « oubliés » africains, il existe une recrudescence de guerres et de combats qui sèment la panique. Forte de ses 6300 employés, de sa présence dans 110 pays, elle protège et aide 32,9 millions de personnes ! Le budget 2007 a été de 1 milliard de dollars. Même budget réuni par l’Union Européenne pour venir en aide à la production agricole des pays pauvres, face à la crise alimentaire mondiale actuelle. Bien peu, si on pense à l’ampleur de la tâche, bien peu si on pense aux 700 milliards dont on parle pour sauver le système financier occidental de la crise actuelle… priorités pour le moins étranges. Immorales nous dit Antonio Guterres.

Le Haut-commissaire pointe lui même ces inégalités flagrantes et scandaleuses. Lorsque l’on parle des immigrés qui envahissent l’Europe, ce qui serait le résultat de ces guerres, il faut se souvenir que ce n’est qu’une infime partie de la population totale réfugiée, qui est dans son écrasante majorité dans des pays du sud et limitrophes des pays en conflit : Pakistan, Iran, Syrie….

Il ne nous reste plus qu’à souhaiter tout le bonheur du monde à Antonio Guterres dans sa lourde tâche de venir en aide aux réfugiés, qui n’a jamais été aussi difficile depuis la seconde guerre mondiale…

Documentaire sur le Portugal de la Première Guerre Mondiale

Mardi 30 septembre 2008

La télé portugaise a tourné ce mois-ci un documentaire sur les soldats portugais qui ont participé à la première guerre mondiale, aux côtés de Français et d’Anglais. En effet, la jeune république du Portugal (depuis 1910) avait décidé de participer à la Grande Guerre à partir de 1916, afin de reprendre une place perdue dans le « concert des nations ».

Soldats portugais. Source : wikipedia

Soldats portugais. Source : wikipedia

Ils ne savaient pas que les 55 000 hommes partis du Portugal (le Corpo Expedicionário Português) allaient souffrir autant : 10% n’en a pas réchappé, et le pays a plongé dans une profonde crise, ce qui, plus tard, mènerait à la dictature de Salazar. Au total, 200 000 hommes ont été mobilisés pour 10 000 morts (la guerre faisant rage aussi en Afrique ou en Asie…), ce qui était un effort de guerre aux coûts socio-économiques bien au dessus des capacités nationales. Le pays n’a rien gagné à cette guerre (on ne gagne jamais), ni même le prestige d’avoir été du coté des vainqueurs : c’est un trop petit pays, et la leçon fut retenue lors de la seconde guerre mondiale : le Portugal est resté neutre.

Le documentaire retrace le parcours des combattants lors de la bataille de la Lys, qui eu lieu en avril 1918, et qui fut une catastrophe complète pour l’armée portugaise. On y découvrira les anciens quartiers généraux des Portugais, à la Peylouse, à Béthune (Nord-Pas-de-Calais). Le commandant des forces armées portugaises, le général Tamagnini, avait son quartier général au manoir de la Peylouse.

Le travail de la télévision portugaise passera sur RTP (et RTPi) le 11 novembre, à l’occasion des 90 ans de l’armistice, en prime-time. C’est avant tout un travail d’enquête et de mémoire, il est vrai que de nos jours, on dirait que le Portugal a oublié sa participation à la guerre. Si on y pense bien, la participation n’a pas été glorieuse…

Voir la télé portugaise en France

Mardi 30 septembre 2008

Si on veut regarder la télévision en Portugais en France, il existe plusieurs chaînes disponibles sur différents opérateurs. Pour les abonnés de Free, dont je fais partie, nous pouvons regarder les trois chaînes de télévision portugaises émises internationalement. Il n’est pas possible d’avoir les chaînes émises en territoire portugais, malheureusement, et les télévisions brésiliennes sont rares.

Logo de RTPi

Logo de RTPi

RTP Internacional, plus connue sous le sigle RTPi : chaîne publique, est la première a avoir été émise à l’international, spécialement prévue pour les émigrés. C’est la chaîne la plus ancienne, et qui présente le plus d’émissions dédiées aux émigrés. Elle est disponible sur Free, dans le bouquet gratuit. Cette chaîne, limitée aux productions nationales, n’a pas la qualité que peut avoir RTP 1 ou RTP 2 au Portugal, ce qui est dommage.

Logo de Sic Internacional

Logo de Sic Internacional

SIC Internacional : c’est le penchant international de la première chaîne privée portugaise, SIC. Comme pour RTPi, elle n’est malheureusement pas aussi bien que la chaîne portugaise émise là-bas, je trouve. C’est une chaîne de télévision généraliste pour toute la famille, qui passe avant tout des productions nationales. Les transmissions de matchs de foot y sont bridées, pour une histoire de droits télévisés (pas de Champions League, par exemple). Le principal attrait est, pour moi, les informations. La chaîne sur Free est payante, 3 euros par mois, ce qui est raisonnable pour une chaîne de qualité.

Ces deux chaînes émettent dans le monde entier, pour peu que l’on aie la chance de l’avoir sur notre abonnement ou que l’on aie une parabole pointée sur le bon satellite.

Logo de CLP-TV

Logo de CLP-TV

CLP-TV : cette petite chaîne a été créée à Paris, par des franco-portugais, pour des franco-portugais avant tout, mais pas uniquement. Elle est également retransmise au Luxembourg, et au Portugal. Intéressante pour ses infos et ses reportages qui parlent des Portugais de France. Je n’ai découvert cette chaîne que récemment, elle ne fait partie du bouquet Free que depuis le 24 septembre, avec l’arrivée de nouvelles chaînes émettant en langue étrangere. CLP-TV émet également en Français, au moment où je vous écris, ils passent une série avec Serge Lama…

Le problème, c’est qu’il est difficile de voir des matchs de foot portugais sur ces chaînes, pour des raisons de droit comme je l’ai dit. Comme on peut capter RTPi au Portugal, par exemple, la chaîne ne peut pas retransmettre les matchs, pour ne pas faire de concurrence à SporTV (la chaîne sport au Portugal) ou TVI, qui ont les droits là-bas sur les matchs. Il y en a qui les passent en différé, ou qui s’arrangent lors de cas de force majeure (matchs da selecção) pour retransmettre en parallèle, vous-vous souvenez ?

Il existe sinon d’autres chaînes qui émettent en Portugais, des chaînes brésiliennes, comme TV Globo (une des plus puissantes chaînes au niveau mondial) ou, diffusée sur Free, Record Internacional (aucun rapport avec le journal sportif portugais). Il n’est pas possible à ma connaissance, de voir des chaînes de pays comme le Cap-Vert ou l’Angola :(

Si vous avez la chance d’avoir une antenne satellite, vous pouvez toujours prendre un abonnement à Zon TVCabo, avec le décodeur portugais.

Formation adulte au Portugal : programme "Novas oportunidades"

Lundi 29 septembre 2008
Logo Novas oportunidades

Logo Novas oportunidades

Comme je vous l’avais dit dans mon précédent article, le Portugal investi massivement dans l’éducation et la formation. L’un des piliers de cet investissement est le programme « Novas oportunidades », nouvelles opportunités, qui va permettre a des milliers de personnes de retrouver les bancs du lycée pour récupérer une formation qu’ils n’avaient pas eu. Une très grande partie de la population active portugaise n’a pas de qualifications, n’ayant pas fini le lycée, ou même le collège : en 2001, selon l’OCDE, 9% de la population était analphabète ! Pour continuer sur ces chiffres, le nombre d’années de scolarisation par habitant au Portugal était de 8,2. En France, c’est 11,5. Le Portugal est derrière un pays comme la Turquie, 9,6, et largement en dessous de la moyenne de l’OCDE, 12. L’OCDE au vu de ces chiffres, suggère au Portugal d’investir massivement dans l’enseignement secondaire, ce que le Portugal avec cette initiative, est en train de faire.

Le programme se dirige aux adultes qui n’ont pas complété la 9ème année d’études ou le lycée, avec pour but d’augmenter leurs qualifications. Au travers des reconnaissances des compétences acquises au cours d’une carrière professionnelle, les adultes peuvent rentrer directement au lycée, même s’ils n’avaient pas complété le collège : c’est la reconnaissance que le travail est tout aussi formateur que la théorie de l’école (même plus, si vous voulez mon avis…).

Pour mesurer l’ampleur de l’impact de cette mesure, je peux vous dire qu’au village de mes parents, il existe déjà plusieurs adultes qui vont fréquenter ces cours, dont mon propre père. Un large choix de formations professionnelles de niveau secondaire (lycée) sont à leur disposition. La flexibilité du programme prend en compte les réalités de ce nouveau type d’élèves, qui n’ont pas tout leur temps disponible. C’est pourquoi les horaires de cours sont à négocier avec les profs, ainsi que le type de formation.

Au début de l’année, il y a eu une grande réunion au lycée technique de Pombal (ETAP, ecole technique et artistique de Pombal), avec tout les intéressés par la formation adulte de la municipalité de Pombal. Il s’agissait de leur présenter l’initiative « Novas oportunidades », et de leur faire découvrir les formations qu’ils pouvaient choisir.

Pour que la formation se fasse, il faut un minimum d’élèves. C’est le rôle du coordinateur (coordinatrice dans ce cas) : faire en sorte que tout le monde se retrouve avec une formation, même si ce n’est pas tout à fait ce qu’ils demandaient, et aux bons horaires. Les chômeurs préfèrent le matin, les travailleurs préfèrent le soir.

Ce n’est clairement pas une mince affaire, mais pour que ce soit un succès, comme on le voit, la population est fortement mise à contribution. Ce n’est pas l’Etat qui impose, mais bien la population qui soumet ses conditions, la formation a été conçue de façon très locale.

Les critères d’évaluation des acquis se fera selon des critères internationaux : la formation leur sera véritablement utile. Par ailleurs, les formations proposées prennent en compte les réalités socio-professionnelles d’une région. Pombal est une ville industrielle, au secteur du BTP puissant : on aura plutôt des formations en rapport avec l’industrie et le bâtiment, tandis que vers des villes plus agricoles, les formations se feront plutôt en rapport avec l’agriculture.

L’état a pour objectif la formation d’au moins 350 000 adultes par ce biais d’ici 2010. C’est véritablement un chiffre ambitieux, mais qui semble réalisable, vu l’engouement suscité chez les personnes qui n’avaient pas eu la chance, bien souvent, de pouvoir étudier. Mes parents se souviennent bien : pour aller au collège, il fallait faire tous les jours 5 kms à pied de bon matin, puis 5 kms à pied le soir. Nombreux étaient ceux qui préféraient tout simplement aider les parents dans les champs, ou partir directement sur leur moto à l’usine (à l’âge de 14 ans) ou, plus vieux, partir en France (mon père est parti en France à l’âge de 17 ans…).

Pas trop la place pour les études, donc.

Le dernier avantage de cette formation, c’est qu’elle donne le droit aux élèves d’acheter un ordinateur portable à bas prix (150 euros pour un ordi qui en vaut au moins 700…) avec le programme e-escola, ce qui intéresse fortement mon père :D

Ordinateur Magellan : ordinateur pour écoliers et collégiens

Dimanche 28 septembre 2008
Computador Magalhães

Computador Magalhães

Le Portugal a une très forte volonté d’améliorer l’éducation de sa population, quel que soit son âge. C’est une priorité du gouvernement, qui au lieu de lancer des paroles vaines, concrétise réellement cet objectif, ou du moins essaie. D’importants programmes d’éducation pour adultes, et d’importantes initiatives modernes pour les plus jeunes démarrent cette année. Une de ces initiatives est le « Computador Magalhães« , Ordinateur Magellan. L’objectif de cet ordinateur est de faire en sorte qu’il n’y aie pas d’enfant de primaire qui ne sache pas se servir d’un ordinateur au Portugal.

Est-ce que le pari sera tenu? Seul l’avenir nous le dira, mais ce qui est sûr, c’est que l’Etat se donne les moyens de réussir son pari, avec cet ordinateur portable, le premier de fabrication nationale, à bas prix, pour tous. 500 000 ordinateurs ont été livrés pour les élèves de primaire, cette année ! Bas prix, cela veut dire « jamais plus de 50 euros ». Les enfants les plus pauvres ne paieront rien. Lorsque l’on sait qu’un élève coûte à sa famille environ 150 euros par an rien qu’en livres de classe, ce qui est énorme, il fallait bien que l’ordinateur soit à un si faible coût pour qu’il soit universellement adopté. Les modèles achetés dans le commerce peuvent coûter jusqu’à 285 euros : il existe dans le commerce le modèle « Descobrir » (découvrir), pour les enfants, et le modèle « 60 minutos » (60 minutes), qui est en fait adapté aux adultes qui font leurs premiers pas dans le monde de l’informatique. Le modèle distribué dans les écoles primaires pour une modique somme (qui varie donc suivant les revenus des parents) se nomme lui e-escolinha (e-petite école).

L’ordinateur est fabriqué à Matosinhos (banlieue de Porto), par l’entreprise portugaise JP Sá Couto, en partenariat avec Intel. C’est en fait l’évolution du Classmate PC d’Intel (donc bon, « technologie portugaise », c’est vraiment à mettre entre guillemets…). Il est tout petit et résistant ; il fallait bien, pour des enfants… Il possède des caractéristiques techniques tout à fait honnêtes, suffisantes pour accompagner l’enfant quelques années dans sa scolarité :

  • Processeur : Intel ULV 900Mhz
  • RAM : 1 Go
  • Disque Dur : 30 Go
  • Ecran : 9 pouces
  • Webcam, enceintes stereo, micro, 2 ports USB, port cartes SD, WiFi, ethernet.
  • Batterie : 3 heures
  • Système Opératif : Windows XP et Linux Caixa Magica (une distribution portugaise de Linux).

L’ordinateur est évidemment rempli de logiciels d’apprentissage, tous en Portugais. Sur Linux, ils ont installé Open Office, sur Windows, Microsoft Office.

Ordinateur pour enfants Magellan

Ordinateur pour enfants Magellan

Perso, je trouve que ce petit ordi est très bien équilibré, les enfants vont véritablement avoir un très bon outil entre les mains pour acquérir de bonnes bases en informatique, avec la part belle aux logiciels issus de l’open source (Linux, Firefox, Open Office), j’applaudis. Mais, comme partout, ce qui fera la différence au final, ce ne sont pas les outils, mais les professeurs chargés d’enseigner aux enfants à s’en servir…

Le Portugal, à travers le consortium constitué de JP Sá Couto, Prologica et Intel, a la volonté d’exporter dans le monde entier cet ordinateur. Et apparemment, ça a l’air de marcher, avec des commandes fermes d’un million d’ordinateurs de la part du Venezuela (info fraîche d’aujourd’hui).

Pour supporter les 180 euros de coût de fabrication à l’unité de chaque ordinateur, l’Etat compte sur les contrats d’internet mobile que les parents d’élève pourront signer pour leur Magalhães : les trois opérateurs de téléphonie mobile nationaux (TMN, Vodafone et Optimus) devront reverser une partie de l’argent à l’Etat.

Au final, avoir un ordinateur avec l’internet mobile est véritablement accessible à tous :)


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