Archive pour la catégorie ‘Histoire’

Vimara Peres, premier comte de Portucale

Vendredi 3 octobre 2008

Il y a eu, avant le pays que l’on nomme aujourd’hui le Portugal, un comté, le Comté de Portucale, ou Comté de Portugal. Ce nom correspond en fait à deux comtés, qui ont existé à deux périodes distinctes de l’Histoire. Pour faire la distinction entre les deux comtés, il est usuel de nommer le premier comté par Condado de Portucale, et le deuxième de Condado Portucalense. Je vais donc vous parler du Condado de Portucale et de son fondateur, Vimara Peres.

Statue de Vimara Peres à Porto. Source : wikipedia

Statue de Vimara Peres à Porto. Source : wikipedia

Vimara Peres est né en Galice, en l’an 820. La péninsule ibérique était alors pratiquement toute entière sous contrôle musulman, hormis le petit royaume des Asturies. Devenu seigneur de guerre et vassal du Roi des Asturies, Léon et Galice Alphonse III, il fut envoyé combattre les occupants musulmans. C’est lui qui repris définitivement aux Maures les villes actuelles de Porto et Gaia, connues à l’époque sous le nom de Portucale. On était alors en l’an 868, et il devint cette même année le premier Comte de Portucale. Il fonda une petite ville, non loin de Braga, nommée Vimaranis, dérivée de son propre nom, et en fit sa capitale. C’est la ville moderne de Guimarães, éternelle rivale de Braga ! Guimarães est surnommée par les Portugais « berceau de la nation ». C’est à partir du comté que Vimara organise le repeuplement chrétien de la région, avec beaucoup de succès.

Vimara mourut en 873, laissant le pouvoir à son fils, Lucidio Vimaranes. Une dynastie était fondée, qui allait durer jusqu’en 1071, avec pour dirigeants des comtes, (comite), des ducs (dux) ou des princes (princeps), n’existant pas véritablement de hiérarchie entre ces différents titres pour le comté.

Le dernier comte mourut donc en 1071, à la bataille de Pedroso, qui l’opposait au roi de Galice, Garcia II. Le comte, Nuno Mendes, tentait lors de cette bataille perdue, d’obtenir une plus grande autonomie pour son comté. Avec la défaite, le comté revint intégralement à Garcia II, devenu roi de Galice et Portucale.

Mairie de Porto

Mairie de Porto

Documentaire sur le Portugal de la Première Guerre Mondiale

Mardi 30 septembre 2008

La télé portugaise a tourné ce mois-ci un documentaire sur les soldats portugais qui ont participé à la première guerre mondiale, aux côtés de Français et d’Anglais. En effet, la jeune république du Portugal (depuis 1910) avait décidé de participer à la Grande Guerre à partir de 1916, afin de reprendre une place perdue dans le « concert des nations ».

Soldats portugais. Source : wikipedia

Soldats portugais. Source : wikipedia

Ils ne savaient pas que les 55 000 hommes partis du Portugal (le Corpo Expedicionário Português) allaient souffrir autant : 10% n’en a pas réchappé, et le pays a plongé dans une profonde crise, ce qui, plus tard, mènerait à la dictature de Salazar. Au total, 200 000 hommes ont été mobilisés pour 10 000 morts (la guerre faisant rage aussi en Afrique ou en Asie…), ce qui était un effort de guerre aux coûts socio-économiques bien au dessus des capacités nationales. Le pays n’a rien gagné à cette guerre (on ne gagne jamais), ni même le prestige d’avoir été du coté des vainqueurs : c’est un trop petit pays, et la leçon fut retenue lors de la seconde guerre mondiale : le Portugal est resté neutre.

Le documentaire retrace le parcours des combattants lors de la bataille de la Lys, qui eu lieu en avril 1918, et qui fut une catastrophe complète pour l’armée portugaise. On y découvrira les anciens quartiers généraux des Portugais, à la Peylouse, à Béthune (Nord-Pas-de-Calais). Le commandant des forces armées portugaises, le général Tamagnini, avait son quartier général au manoir de la Peylouse.

Le travail de la télévision portugaise passera sur RTP (et RTPi) le 11 novembre, à l’occasion des 90 ans de l’armistice, en prime-time. C’est avant tout un travail d’enquête et de mémoire, il est vrai que de nos jours, on dirait que le Portugal a oublié sa participation à la guerre. Si on y pense bien, la participation n’a pas été glorieuse…

Mosteiro de Seiça : monastère abandonné

Vendredi 12 septembre 2008

Le dernier jour de mes vacances, nous avons fait un tour à proximité de la maison familiale en voiture. Mon père recherchait une fête de village pas (trop) loin qu’un collègue du boulot lui avait indiquée. Qu’elle ne fut pas notre surprise, après avoir pris une route plus ou moins au pif, de découvrir… ce que vous voyez sur la photo.

Monastère de Seiça, vue latérale

Monastère de Seiça, vue latérale

Mon Dieu, qu’est ce que c’est que ça ? C’est énorme ! Voilà ce que nous nous sommes dit, en voyant cet imposant édifice mystérieux en bordure d’une petite route de campagne, perdue au milieu de rien. On dirait une église hantée… Et c’est presque le cas : c’est en fait le Monastère de Seiça, Mosteiro de Seiça, un ancien monastère datant de temps immémoriaux, d’avant même la fondation du pays (1143). Seiça est une localité de la freguesia de Paião, dans le concelho de Figueira da Foz.

Je décide de me rapprocher et d’aller voir de plus près ce bel ouvrage totalement abandonné, malgré la nuit qui tombe, propice à se faire dévorer par un loup garou ou un fantôme.

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Ancienne unité de mesure portugaise : Alqueire

Samedi 6 septembre 2008

J’entends souvent les gens du village parler de « alqueire » en tant qu’unité de mesure. Je me suis souvent demandé à quoi ça pouvait bien correspondre concrètement, jusqu’au jour où je suis tombé sur le récipient de la photo ci-contre.

Mesure d'un alqueire

Mesure d'un alqueire

C’est un récipient qui correspond exactement à un alqueire, l’unité de mesure pour tout ce qui est « sec » (non liquide, donc, comme des haricots, du maïs, de la farine, et ainsi de suite). Ce n’est que récemment que les gens du village ont commencé à parler en litres et en kilogrammes, devant faire bien souvent la conversion en alqueires : il ne se servent donc plus du récipient de mesure.

L’alqueire, un mot d’origine arabe (facile à reconnaître, il commence par « al ») était en fait les corbeilles ou les sacs que l’on mettait sur les animaux de bât. Ces sacs étaient plus ou moins uniformisés, correspondant au poids que l’animal pouvait supporter. Ce qui explique pourquoi la mesure de l’alqueire est variable suivant les régions et les époques.

Officiellement, on a choisi pour uniformiser dans tout le pays cette unité de mesure, l’alqueire de Lisbonne, qui équivaut à 13,9 litres et qui se subdivise en oitavas et en quartas. Il y a bien d’autres unités de mesure, mais c’est surtout l’alqueire qui revient.

Il faut savoir que c’est un decret datant de 1859 qui a instituté le système métrique au Portugal : comme quoi, il en a fallu du temps pour que les gens s’adaptent.


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