Archive pour la catégorie ‘Blog’

Un drapeau du Portugal sur les Champs-Élysées

Dimanche 23 novembre 2008

En me baladant sur les Champs-Elysées pour admirer l’illumination de Noël traditionnelle de Paris, je tombe nez à nez avec un drapeau du Portugal :)

Drapeau du Portugal sur les Champs

Drapeau du Portugal sur les Champs


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Gastronomie chinoise au Portugal

Mardi 11 novembre 2008

Les chinois et les portugais se connaissent depuis longtemps, avec l’ancienne possession portugaise de Macao, qui a été sous autorité portugaise pendant 500 ans. C’est naturellement qu’on en retrouve un peu partout au Portugal. Pour illustrer ceci, juste une photo, prise lors d’une réunion de famille dans un restaurant chinois de la ville de Leiria :

Table de restaurant chinois, garnie comme il faut

Table de restaurant chinois, garnie comme il faut

On y mange bien :) Vous avez-vu cette table? Il le fallait bien, avec la concurrence des restaurants portugais qui vous servent toujours copieusement, il ne faut pas hésiter. C’est un peu différent des traiteurs chinois que nous pouvons avoir sur Paris, hein?

Consulat du Portugal à Paris

Mercredi 5 novembre 2008
Consulat du Portugal, rue Georges Berger à Paris

Consulat du Portugal, rue Georges Berger à Paris

L’autre jour, j’ai eu besoin de faire un nouveau passeport. Il a donc fallu aller au Consulado Geral de Portugal à Paris, le consulat portugais. Cette entité permet aux portugais habitant à Paris de s’occuper de pratiquement toute leur relation avec l’État Portugais et l’administration nationale. Passeports, cartes d’identité, demandes de nationalités et ainsi de suite.

Entrée du Consulat du Portugal à Paris

Entrée du Consulat du Portugal à Paris

Idéalement situé, dans un quartier très agréable (et très cher…) et tout proche du parc Monceau, le consulat est accessible : le métro Monceau est juste à coté. En sortant, c’est juste la rue à l’opposé de la porte principale du parc, au 6 rue Georges Berger.

Rue Georges Berger

Rue Georges Berger

A l’entrée, un homme nous guide suivant la formalité : pour un passeport, je prends un ticket pour l’attente, je monte au premier étage et je vais à la salle d’attente, me dit-il. J’ai le numéro 44.

Salle d'attente

Salle d'attente

Si vous regardez l’écran en haut à droite sur la photo, vous pourrez distinguer un numéro 42 : il n’y a que deux personnes devant moi pour un passeport. C’est vrai qu’il est 13h, et qu’il n’y a que deux autres personnes à part moi dans la grande salle d’attente. Tant mieux, ça ne sera pas long. Pour me distraire, je peux prendre un exemplaire du journal franco-portugais « Lusojornal », de distribution gratuite.

On apprend d’ailleurs dans la dernière édition que la chaîne de télévision franco-portugaise CLP-TV est fermée et que ses patrons sont partis sans rien dire, ne répondant pas aux appels. On peut craindre pour l’avenir de cette chaîne qui a cessé d’émettre il y a quelques semaines déjà. Enfin, ceci était un aparté.

Couloirs du consulat

Couloirs du consulat

Quelques courtes minutes plus tard, le numéro 44 est affiché sur l’écran, à coté des images de la télévision portugaise RTPi. Je vais donc au bureau indiqué par l’écran, et j’y suis reçu comme si j’avais un rendez-vous. Je m’assois et le fonctionnaire prend mes données. Il vous faudra juste votre carte d’identité portugaise pour faire la demande d’un passeport. C’est simple. La photo, les empreintes digitales et la signature sont faites sur la machine de saisie des données biométriques. Nous parlons bien là du nouveau passeport électronique.

C’est vraiment bien fait à ce niveau, j’ai donc fait ma demande de passeport sans stress ni soucis. Seul ombre au tableau, son prix : 70 euros. C’est cher quand même, et si vous êtes un peu pressé et que vous voulez le recevoir dans à peine deux jours (alors qu’il vient de Lisbonne), il vous en coûtera 45 euros de plus, soit 115 euros.

Pour d’autres paperasses administratives où il faudrait une photo d’identité, pas d’inquiétude : il y a à l’intérieur du bâtiment des photomatons :)

Enfin voilà, j’attends maintenant avec impatience mon passeport flambant neuf, que je devrais recevoir à la fin de cette semaine, déjà! Après la fermeture des anciens consulats de Nogent sur Marne et de Versailles pour restriction budgétaire, on pouvait craindre une baisse de qualité du service. Si baisse il y a eu, j’imagine qu’avant on nous servait des petits fours pendant qu’on nous massait les pieds lors de la très courte attente? Un petit conseil sinon : si vous aussi vous faites comme moi et venez à l’heure du déjeuner pour vous occuper de vos papiers, évitez de manger dans les boulangeries du coin, leurs sandwitchs me semblent trop chers pour ce que c’est : on voit qu’on est dans un quartier de bourgeois…

Consulat Portugais

Consulat Portugais

Consulado Geral de Portugal em Paris

6 rue Georges Berger 75017 Paris

Ouverts les jours ouvrés, de 8h à 19h.

Carlos Mar : pop, folk, rock en franco-portugais

Vendredi 24 octobre 2008

Connaissez-vous Carlos Mar ? Cet auteur compositeur interprète est un artiste luso-descendant qui chante en Portugais. Si vous voulez le découvrir, rien de mieux que de le voir en live. Il sera à l’Orient Express, 12 rue Claude Tillier, à Paris, samedi prochain dès 20h30 où vous pourrez entendre sa musique.

A caminho de Carlos Mar

A caminho de Carlos Mar

Avec les sept titres de son album « A Caminho », dont la chanson « San Sebastian » que j’aime beaucoup, il nous transporte dans un monde poétique et onirique. Écoutez quelques titres sur son myspace et découvrez l’entretien que Carlos Mar m’a accordé pour Lusitanie.fr :)

Lusitanie.fr : Tu habites en France, mais tu chantes en Portugais, pourquoi ce choix ? Est-ce que ça ne devient pas un handicap auprès de ton public français ?

Carlos Mar : Quand j’ai commencé à écrire mes premiers textes, je l’ai d’abord fait dans la langue de Molière. Mais le résultat ne me plaisait pas. La façon de structurer les phrases, les sonorités, les mots n’étaient pas en phase avec les émotions et les messages que je voulais transmettre.
J’ai donc commencé à écrire en Portugais et le lien s’est fait très naturellement.

Chanter en Portugais n’est pas forcément un handicap pour le public français, notamment le public parisien qui souhaite découvrir des univers un peu différents. D’ailleurs, aujourd’hui mon public est essentiellement Français même si des Portugais viennent régulièrement me voir en concert.

Carlos Mar en concert

Carlos Mar en concert

Un handicap est quand même bien présent lorsque j’aborde des structures professionnelles de la musique en France (labels, majors,..) car une niche de folk/rock/pop en Portugais est improbable et aura du mal à se faire une place dans les radios ou dans les bacs.

Pour finir, n’oublions pas que la communauté portugaise (sans parler de la communauté lusophone) est très importante en France et que de mon point de vue, le principal handicap pour moi et pour d’autres artistes lusophones c’est le faible appui et d’aide des structures culturelles portugaises en France.
A quand l’ouverture d’un café culturel qui ouvre ses portes aux artistes qui veulent s’exprimer ? La création d’un Festival Musical Lusophone ? Une aide financière pour que ces artistes s’expriment au Portugal ? etc, …

Affiche du concert à l'Orient Express

Affiche du concert à l'Orient Express

L : Comment les Portugais de France perçoivent ta musique d’influence folk, différente de ce qu’ils ont l’habitude d’entendre en Portugais ?

CM : Il m’est très difficile de connaître la part des Portugais de France qui ont pris connaissance de mon projet mais ceux qui m’ont vu en concert semblent apprécier puisqu’ils continuent à venir me voir régulièrement, à m’encourager en me laissant des messages sur mes sites, à acheter mon album,…
Ma musique semble plutôt plaire à la tranche 30-40 ans mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg. Les 20-25 ans semblent moins réceptifs car plus tournés vers du R&B, Hip Hop…

L : Tu travailles surtout avec des Français, as-tu déjà pensé à réaliser un album avec des Portugais ?

CM : Le fait de travailler avec des Français n’a pas été un choix délibéré.
D’ailleurs, lorsque j’ai commencé mon projet en solo, il n’y avait que des Portugais. La nationalité n’est pas une priorité pour moi. Ma priorité est de travailler avec des gens sérieux et motivés et avec qui je partage un certain nombre de valeurs musicales et personnelles. Mais pour répondre à ta question, oui, je pense inviter un ou deux Portugais sur mon prochain album, parce que j’admire leur parcours et que leur personnalité m’inspire.

L : Comment tes collaborateurs français perçoivent la langue portugaise?

CM : Mes collaborateurs apprécient le Portugais pour sa musicalité même s’ils ne le comprennent pas. Je dois dire que certains maîtrisent mieux l’accent que d’autres ;-).

L : Comment vois-tu le retour à la langue portugaise de la part d’artistes qui initialement chantaient en Anglais ?

CM : Le fait de chanter en Portugais ne va pas me faire dire que musicalement la musique sera meilleure. Par contre, ce que je peux dire c’est que le Portugal n’a jamais été un pays anglophone et que le Portugais est une belle langue qui mérite une meilleure place dans la musique.

Mais où en est-on des quotas radios pour la musique portugaise ?
Je me souviens déjà qu’à l’époque de sa mise en place, la polémique s’était installée dans le milieu (majors, radios,…) pour comprendre ce qu’on qualifiait de « chanson portugaise » : une chanson chantée en Portugais ? une chanson faite par des Portugais ? ou une chanson faite au Portugal ? etc.

Appuyées par les maisons de disques, les nouvelles générations de musiciens au Portugal ne parient que sur l’Anglais. Malgré l’existence de très bons projets en Anglais, je pense que la musique portugaise est aujourd’hui menacée. Donc, un retour au Portugais sera toujours profitable s’il s’inscrit dans une logique personnelle, culturelle, musicale.

L : As-tu un message à faire passer dans tes chansons, es-tu un chanteur engagé ?

CM : Il est évident que j’ai des messages à faire passer dans mes chansons. Je pense que c’est le besoin primaire de tout artiste qui rend sa musique publique, celui de partager. Dans ma chanson « Condenado », je parle de la drogue, et plus précisément des difficultés d’un individu à s’en sortir ; dans « Lutar até ao fim » sur une rythmique joyeuse j’aborde le thème du harcèlement moral, dans « Saudade » je parle du manque d’un être aimé,…
Je ne me considère pas un chanteur « engagé » comme on a l’habitude de l’entendre, mais j’écris et je chante des thèmes qui me touchent ou qui me révoltent.

L : Est-ce que des concerts sont prévus au Portugal ? Si oui, où et quand ?

CM : Pour l’instant je n’ai pas de confirmation pour des concerts au Portugal.
Je prévois d’y aller courant 2009 et faire une série de concerts à Porto, Braga, Famalicão et Lisbonne, voire dans d’autres villes.

Merci à l’équipe de lusitanie.fr et à très bientôt
Carlos MAR

Lusitanie.fr : merci à toi Carlos et bonne route :)

Chloé Deyme : une Française qui chante le Brésil

Mercredi 22 octobre 2008
Chloé Deyme au Habana Jazz

Chloé Deyme au Habana Jazz

Je viens de recevoir une invitation pour découvrir un « merveilleux répertoire de musique brésilienne » chanté par une française « brésilienne de cÅ“ur », Chloé Deyme, le dimanche 26 octobre, lors d’un concert au Habana Jazz, une salle parisienne.

Chloé sera entourée de Gerson Saeki à la Contrebasse, Philippe Baden Powell au Piano, et Mathieu Gramoli à la Batterie. Le concert sera l’occasion d’entendre une voix française interpréter des morceaux de Joao Bosco, Baden Powell, Chico Pinheiro, Djavan parmi d’autres, mais également écouter des compositions originales. Elle mélange jazz et bossa nova, un cocktail original :)

L’entrée est gratuite, il est donc conseillé de réserver si on veut y dîner.

Le site du Portugal et des Portugais : Portugal Story

Mardi 21 octobre 2008

Je vous présente dans cet article un site internet sur le Portugal, Portugal Story. C’est un site d’actualités très complet sur le Portugal, classées par rubriques, très populaires au sein de la communauté portugaise :) : foot, tourisme, culture, cuisine, médias, associations…

Chacune des rubriques est divisée en plusieurs sous-rubriques (pour le foot, on a la selecção A, les espoirs, la Liga, et ainsi de suite…). Vous y trouverez également les infos principales sur le Portugal, la politique, la géo ou l’Histoire.

Portugal Story

Portugal Story

Si vous recherchez des infos d’actualité sur le foot portugais, c’est le site qu’il vous faut!

Portos, tos, guesh, portuga, tuga ? Oui, je suis franco-portugais

Jeudi 2 octobre 2008

Parfois, certains sobriquets peuvent être ridicules au possible, d’autres peuvent être offensants…

Je me demandais quelle était l’utilité du mot « tuga » ? Dérivé de portuga, qui lui même est dérivé de portugais. Nan, je ne suis pas un tuga. Eu sou português. Le mot avait surtout été lancé avec l’Euro 2004, et la télé l’a franchement promu. Perso, j’ai trouvé ça… je sais pas, pour un pays fondé en 1143, il n’y avait pas besoin d’inventer un nouveau terme pour se nommer.

Mais ça reste mon avis.

En France, la culture banlieusarde a adopté « portos », puis, « tos ». Portos, comme le mousquetaire, Portos, surtout comme le vin. Il y a les Ritals, les Reubeus, les Renois et les Portos. Quelque part, c’est gratifiant de se prendre un sobriquet, ça veut dire que la communauté est assez grande pour se faire remarquer. Quel est le sobriquet des Lettons en France ? Voilà, vous m’avez compris :)

Au Portugal, les Ukrainiens sont appelés les « ukras », par exemple.

Et « guesh » alors ? Ben de Portugais, si on fait l’accent, ça donne portuguech, ce qui fini par donner « guesh », ce qui rime en « wesh ». Pour moi un guesh, c’est un petit franco-portugais de banlieue, en gros. Je précise que personne au Portugal ne saura de quoi vous parlez si vous leur dites « portos », « tos » ou « guesh »…

Donc je suis bien franco-portugais. Et vous, vous vous reconnaissez dans un de ces sobriquets?

Un maçon portugais trouve un trésor, son accent fait rire Cauet

Mardi 23 septembre 2008

Paulo Ferreira est un jeune homme de 27 ans. Il est venu en France pour travailler, en tant que maçon, comme tant d’autres Portugais avant lui. C’est une étape presque classique dans la vie d’un jeune sans formation au Portugal. En revanche, contrairement aux émigrés des années 60-70, les Portugais d’aujourd’hui ne restent plus en France que quelques années, le temps de se faire un peu d’argent.

Paulo a eu un coup de pot immense, c’est le moins que l’on puisse dire : il a trouvé un trésor faramineux, lors de travaux dans une maison du Loir-et-Cher. La Loi l’oblige a partager son « butin » avec le propriétaire de la maison (classée monument historique et datant du XVème siècle), mais il a quand même pu mettre aux enchères 285 pièces de monnaie françaises et espagnoles remontant à Louis XIII et la Renaissance.

Ces magnifiques pièces d’or et d’argent ont été adjugées 300 000 euros.

Pas mal. C’est un bon coup de pouce pour ce jeune papa, qui avait du démissionner pour ne pas avoir à subir les pressions de son patron, qui voulait toucher lui aussi le pactole… (et sans recevoir les indemnités chômage).

Bon, ok, et Cauet dans tout ça? Et bien figurez-vous que Paulo a été invité sur son plateau de télé, pour parler de son extraordinaire trouvaille, comme vous pouvez le voir sur la vidéo.

Paulo est un type sympa, et modeste et ça se voit, même sur cette vidéo. Il veut juste passer des vacances cet été avec la famille au Portugal, et se payer un petit voyage à Tahiti, après avoir remboursé ses dettes, et peut-être se construire une maison, pour lui et sa femme Amanda.

Donc la question que je me pose, c’est : pourquoi les gens autour de lui rigolent ? En quoi un accent prononcé est-il motif à la dérision ? Ne devrions-nous pas plutôt applaudir son effort de s’exprimer dans une langue qu’il ne connaît pas ? D’ailleurs, s’il continue ses efforts, il aura tôt fait de maîtriser la langue française, sauf si on le décourage avec ce foutage de gueule généralisé.

Mentalités de petits Français, connus à l’étranger pour être des chauvins imbus d’eux-mêmes : Cauet n’a pas arrangé les choses. Les commentaires sur Youtube sont pour la plupart assez démonstratifs également.

En attendant, c’est bien Paulo qui a empoché 300 000 euros.

Peut-on rire de tout ?

Oui, bien sûr, mais on ne peut pas se moquer de tout. Rire et se moquer, ce sont deux choses totalement différentes.

Fin du vote par correspondance pour les émigrés portugais

Samedi 20 septembre 2008

L’annonce a été faite, ça y est, l’assemblée a approuvé le texte de loi : les émigrés ne pourront plus voter par correspondance. Plus du tout. Avant ils ne pouvaient déjà pas voter pour les législatives, maintenant, ils ne pourront plus voter tout court.

L’ancien critère évoqué pour ne pas voter aux législatives étaient la faible information qu’un émigré pouvait avoir de son pays d’origine, mais ceci n’est absolument plus valable à l’heure d’Internet et de la télévision câblée. Alors ?

Le Parti Socialiste Portugais (PS) a voté cette loi, parce que selon lui, il existait trop de fraudes (plusieurs centaines de bulletins de votes avaient été « perdus » par exemple, lors des précédentes élections). Désormais, il faut être présent physiquement au bureau de vote.

Le PSD, le parti de l’opposition, lui, dit que le PS n’a rien trouvé de mieux pour bâillonner le vote des émigrés. Il faut dire que le peu d’émigrés qui votent le font massivement pour le PSD, et ce depuis toujours depuis que le Portugal est une démocratie. Le foot est bien plus intéressant que la politique, en terres étrangères.

Personnellement, je pense qu’il vaut mieux voter à l’ambassade du Portugal. C’est cool pour les Parisiens qui peuvent le faire.

Les nouveaux stades de foot au Portugal : euro 2004

Lundi 15 septembre 2008

Qui voyage au Portugal aura tôt fait de remarquer que le pays est fan et fou de foot. C’est un engouement populaire, où pratiquement tout le monde a un club « du cÅ“ur » parmi les « trois grands » (os três grandes), c’est-à-dire les trois plus gros clubs portugais : Sporting Clube de Portugal, Sport Lisboa e Benfica et Futebol Clube do Porto. D’ailleurs, si vous voulez savoir le mien, et ben… ce n’est pas l’un des deux clubs de la capitale :)

stade de beira mar, aveiro

Stade d’Aveiro

Mais cet engouement a parfois des répercussions que l’ont pourrait qualifier de bizarres : 10 magnifiques stades ont été construits, pour accueillir l’euro 2004. Ok, le Portugal a désormais 10 stades modernes, qui servent de modèle aux futurs nouveaux stades à construire à l’étranger. Mais est-ce qu’une telle compétition sportive devait provoquer un tel investissement de la part de l’Etat ? 445 millions d’euros ont directement été investis par l’Etat Portugais dans les 6 stades publics (les autres n’ayant pas eu besoin de l’Etat), ce qui ne représente qu’une partie du montant total investi dans la construction de ces enceintes sportives.

Aujourd’hui, il y a tellement d’autres choses qui auraient besoin d’investissement, tellement de monuments à récupérer, tellement de promotion à faire… mais non, on se fait des stades comme si le Portugal était une France ou une Allemagne. Surdimensionné, vous l’aurez compris. Regardons le stade du Beira-Mar, club de Aveiro. La ville a 74 000 habitants. Le stade, lui, a 30 000 places. Le club a du mal à avoir 1500 supporters lors de ses matchs (il évolue en D2).

Il faut comprendre que le choix des nouveaux stades ne s’était pas vraiment fait par l’importance du club (seuls 3 clubs sont vraiment importants au Portugal), mais à l’importance de la ville. C’est ainsi que Leiria, Aveiro, ou la région de l’Algarve ont eu un stade, par exemple. Parce que ces régions sont importantes, et cela à permis de dynamiser le tourisme lors de l’euro 2004.

Dynamiser le tourisme, vraiment ? Si au moins le Portugal avait gagné son match contre la Grèce… :D (oui, c’était un match bizarre, cette finale).

Stade de Leiria

Stade de Leiria

L’autre question à soulever, c’est pourquoi tant d’importance donnée à certains architectes ? On ne me fera pas croire à moi qu’il n’existe que 3 ou 4 architectes au Portugal. Alors pourquoi Tomas Taveira (malgré de nombreux scandales sexuels le concernant) a pu concevoir pas moins de trois stades de l’euro 2004, sur les 10 ? Le stade de Aveiro (Estádio Municipal de Aveiro), du Sporting de Lisbonne (Alvalade XXI) et de Leiria (Estádio Dr. Magalhães Pessoa) sont de lui. Ok, ils sont jolis, mais bon… un seul suffisait, non ? Cet euro 2004 aurait pu aussi être un moyen de faire marcher l’architecture portugaise, histoire de renouveler un peu cet aspect au Portugal (même si c’est un petit pays, trop souvent les mêmes noms reviennent).

On pourrait croire qu’une fois les stades finis, la dépense s’arrêterait là. Mais non en fait. Il y a les dépenses de manutention et d’entretien. Le stade de l’Algarve coûterait aux deux municipalités qui l’ont financé (Loulé et Faro) la somme de 1,7 millions d’euros par an (il faut dire qu’une grosse partie de cette dépense correspond au remboursement de l’emprunt que les deux municipalités avaient fait pour construire le stade). C’est un stade sous-utilisé. Il se situe effectivement dans une zone touristique de premier ordre, et je pense que la seule solution, c’est que le Farense, qui est un club que j’aime bien et qui avait évolué pendant longtemps en première division (primeira liga) reviennent en D1 et devienne un club de premier ordre. Il faut dire, à sa défense, que beaucoup de clubs européens qui choisissent cette région du Portugal pour faire leurs stages d’été pourraient utiliser ce très joli stade.

Ces stades sont des équipements sportifs de premier ordre, utilisés par beaucoup de citoyens de leurs villes respectives, mais qui sont parfois trop petites pour de tels investissements. Le maire de Viseu a dit : « je devrais aller à Fatima à pied pour remercier la Vierge de ne pas avoir de stade dans ma ville ». Et il a raison, pour Viseu (qui est pourtant une grande ville), un tel stade serait une folie. Ces nouveaux stades sont également trop axés foot. Seul le stade de Leiria a été prévu dès le départ pour la pratique de l’athlétisme, par exemple. Heureusement qu’ils servent parfois à faire de grands concerts.

dragon sur le stade, fc porto

Stade du Dragon

Les plus beaux stades sont finalement ceux des trois grands, qui étaient amplement justifiés : Alvalade XXI du Sporting, le nouveau stade da Luz (Estádio da Luz), du Benfica, et le stade du Dragon (Estádio do Dragão), du Fc Porto. Eux n’ont pas de problème à remplir leurs stades régulièrement avec leurs matchs. Eux seuls ont les 5 étoiles de l’UEFA pour un stade, ce qui veut dire qu’on peut y réaliser n’importe quel type de match d’une grande compétition de football (la France n’en a qu’un seul, le Stade de France, là vous réalisez mieux l’ampleur de la dépense portugaise en stades, hein?). Bref, l’euro 2004 n’avait besoin que de 6 stades, pas de 10. Surtout qu’un très beau stade n’a même pas été utilisé, le Estádio Nacional do Jamor, et qui, rénové, aurait parfaitement pu servir (37 000 places actuellement). Ce stade, un investissement de Salazar, ne sert plus qu’aux finales de Coupe du Portugal, encore de l’argent jeté par les fenêtres.

Dix stades ont donc été construits :

Estádio Algarve, 30 000 places, 4 étoiles de l’UEFA. Trois clubs y jouent : Farense, Louletano et Portimonense. Il est surtout utile comme espace de spectacles (concerts) pour l’Algarve, région touristique de première importance.

Estádio Cidade de Coimbra, 30 000 places. C’est le stade de la troisième ville du pays, Coimbra, et de son club mythique, Académica. Il fut inauguré avec un concert des Rolling Stones, du jamais vu à Coimbra.

Estádio Municipal de Braga, ou désormais Estádio AXA, 30 000 places, stade du Sporting de Braga. Braga est une des villes les plus importantes du pays, et se devait d’avoir un grand stade. Il faut dire que le club est à la hauteur de la ville. Le stade est surnommé « a pedreira », ce qui veut dire carrière, en Portugais, car le club a justement été fait dans une ancienne carrière. Cette particularité en fait l’un très joli stade, certains disent même que c’est le plus beau stade du monde. Merci à son architecte Souto Moura, ce stade est l’exemple de la récupération d’un ancien espace dégradé comme le pouvait être une carrière. Le nom de « AXA » vient de la compagnie d’assurances, qui a payé cher pour que l’on rebaptise le stade à son nom. Pas mal, comme technique, tout le monde est content (ils ont du débourser 4 millions d’euros apparemment). Mais bon, c’est aussi le plus cher de tous les stades : 140 millions d’euros!

Estádio D. Afonso Henriques, à Guimarães. 30 000 places également, et stade du Vitoria de Guimarães. La légendaire rivalité existant entre les villes de Guimarães et de Braga se répercute également dans le football : ces deux villes ne sont distantes que de quelques dizaines de kilomètres. Fallait-il vraiment deux grands stades aussi proches ? Ne pouvaient-ils pas partager leur stade ? Ok pour les deux clubs de Lisbonne, mais là… et encore, à Lisbonne, ils auraient pu faire comme Milan, en fait : l’Inter et l’AC Milan partagent le même stade! Et moi je dis bravo (c’est le stade Giuseppe Meazza, habituellement appelé San Siro). Mais au Portugal, ça serait presque un crime que de parler de ça, dommage (hormis donc, l’exception de l’Algarve). C’est tout de même l’un des stades les moins chers, seulement 34 millions d’euros, une broutille.

Estádio da Luz, à Lisbonne. 65 000 places, c’est le stade du plus grand club portugais (en termes de supporters), le Benfica, et c’est aussi celui qui a le plus de places du Portugal. A l’entrée, vous pouvez y voir la statue de leur plus mythique joueur, Eusébio Da Silva Ferreira, qui évoluait dans les années 60. Il a été construit sur les décombres de l’ancien stade du Benfica (comme par ailleurs pour une bonne partie des autres nouveaux stades).

Estádio do Bessa Século XXI, à Porto. 30 000 places, c’est le stade du Boavista FC. Ce club, après le scandale du sifflet doré (corruption des arbitres entre autres), a plongé en D2, mais remontera vite. C’est sans doute l’un des stades les mieux conçus, commercialement parlant. On voit que le Boavista était un club fondé par des anglais, et qui a toujours eu des inspirations britanniques : ces gens là ne gaspillent pas leur argent au hasard. Le stade a donc été prévu pour abriter d’autres types de compétitions sportives, et est aussi une grosse galerie marchande. Malheureusement pour le Boavista, il semblerait que pour payer les dettes du club, le stade a été saisi… on se demande bien à qui la banque peut bien revendre le stade <_< …

Estádio do Dragão, à Porto. 52 000 places, c’est le stade du Fc Porto, et, pour moi, c’est le plus beau ! :D Une Å“uvre d’Art. Il vient en remplacement de l’ancien Estádio das Antas, qui n’était décidément plus un stade à la hauteur d’un club si prestigieux et glorieux et beau et… ok j’arrête. Il a coûté 98 millions d’euros.

Estádio Dr. Magalhães Pessoa, à Leiria. 30 000 places, encore un stade surdimensionné par rapport à la ville. Même si ma famille est originaire de la région de Leiria, je ne suis pas fou : je vois bien que même avec beaucoup de bonne volonté, jamais on ne remplira ce stade, seulement avec des matchs où viendrait l’un des trois Grands. Il faut dire aussi que les billets sont très chers, je n’ai jamais compris qui pouvait avoir les moyens de se payer une place pour voir un simple match de foot, alors qu’on peut l’avoir gratuit à la télé… mais tout de même, 83 millions d’euros, pour une ville de 62000 habitants (agglomération comprise). Si on divise le nombre d’habitants par l’investissement du stade, chaque habitant a déboursé 1300 euros.

Alvalade XXI, à Lisbonne. 50 000 places, c’est le stade du Sporting de Lisbonne. Très joli stade, très coloré, comme les deux autres stades conçus par l’architecte Tomas Taveira. Il a coûté 89 millions d’euros.

Estádio Municipal de Aveiro. 30 000 places, c’est le stade du Beira-Mar. Encore un stade de trop…

Heureusement que ces stades vont servir pendant au moins 50 ans, si on divise leur coût par le nombre d’années, ça semble moins impactant. Comment, le TGV ? Oui oui, ça vient.


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