Partir au Portugal en voiture
Il y a de cela quelques années, j’allais, avec mes parents, au Portugal en voiture. C’était une époque où l’avion était cher, avant l’arrivée des compagnies low-cost. Depuis, je préfère presque tout le temps partir en avion, on arrive au pays bien plus rapidement. Sans trop de bagages, c’est sûr, sans voiture non plus, mais il se trouve que j’ai ce qu’il faut là-bas. Mais cette fois-ci, un évènement m’a forcé à prendre la voiture, et conduire les 1650 kms qui me séparent de Leiria, dans la région Centre portugaise. L’éruption volcanique en Islande, en clouant les avions au sol, m’a permis de redécouvrir un voyage, avec les yeux du conducteur. Après quelques péripéties pour trouver une voiture de location disponible, c’est finalement une Renault Modus diesel qui nous conduira sur les routes de France, d’Espagne et du Portugal. Départ de Paris le vendredi, arrivée prévue au Portugal le lendemain.
Cette journée de vendredi 16 avril 2010 restera gravée dans ma mémoire : l’avion ne décollera pas, mais il faut absolument partir au Portugal, j’ai des choses de prévues à y faire. Un rapide coup d’œil sur les trains pour s’apercevoir que le Sud Express est complet jusqu’à mardi pour me décider à prendre une voiture de location. Je n’ai pas pu choisir la voiture de location, c’était tout simplement la dernière disponible! Une petite Renault Modus diesel fera donc l’affaire. Pas le temps de préparer quoique ce soit, on met juste nos valises prévues pour l’avion, et on s’en va. L’avion devait décoller à 10h du matin, nous quittons Paris à 18h00. Pas de GPS, pas de carte routière, juste les souvenirs d’autres voyages.
Partir à 18h00, ce n’est clairement pas le meilleur horaire pour commencer un si long voyage. Mais je me souviens que nous partions en soirée, dans le temps, juste après le boulot. Mon père, tout comme moi, préférait voyager de nuit : la route est plus calme. Mais sortir de Paris un vendredi soir, départ de week-end et de vacances, après le boulot, c’est juste une connerie. Il nous a fallu deux heures pour sortir du périph! A la fatigue de la journée vient s’ajouter la fatigue de sortir d’un vilain embouteillage. Direction A10 après l’A6, tout droit vers Orléans, Tours, Poitiers, Bordeaux… bref, on va manger de l’autoroute. Nous avons échangé de conducteur à Tours, sur l’aire d’autoroute : ça fatigue de conduire aussi longtemps de suite, on a la chance d’être deux conducteurs, on se relaie. On en profite pour faire notre premier plein du voyage, nous étions partis avec une seule moitié de plein. 54 euros de carburant pour 43 litres, il n’y a pas à dire, le gazole en France, c’est cher! On en profite tout de même pour acheter une carte Michelin de France, et une autre Espagne / Portugal : ça va servir.
Après avoir dîner confortablement sur le resto de l’aire d’autoroute, un bon vieux steak frites, on repart. Direction bordeaux, il n’y a plus de distraction possible. Le principal ennemi, c’est l’ennui, et les radars sur l’autoroute. Je ne sais pas vous, mais c’est très difficile pour moi de conduire à vitesse légale sur une autoroute, on a l’impression qu’on se traîne… Surtout lorsque l’on sait qu’on a un long voyage à faire, que l’autoroute est en excellent état et que nous avons une voiture très stable. Enfin bref, c’est un autre débat cette limitation de vitesse que je trouve saugrenue sur autoroute à trois voies. La nuit est tombée depuis bien longtemps, il y a beaucoup moins de monde sur la route, ça circule bien, un vrai régal. Mais malheureusement, les yeux commencent à piquer, il vaut mieux s’arrêter près de Bordeaux et trouver un endroit où dormir.
Nous avions choisi de prendre l’autoroute, par ignorance de la route alternative. Dans mes souvenirs, nous passions par la N10, en passant par Angoulême. Je me souviens de mon père me dire que c’était beaucoup moins cher. Par fatigue ou par peur de se tromper, j’ai pris l’autoroute : c’est quand même la solution la plus simple, tout est indiqué. De plus, il est relativement simple de trouver où dormir, l’hôtel Campanile n’est jamais très loin. L’avantage de Campanile, c’est que cet hôtel est ouvert à tout moment, même à 2h30 du matin. Le désavantage de Campanile, c’est que tout est automatique, tu peux prendre ta chambre sans voir d’être humain. Il n’y a même pas de couloirs, on rentre directement dans sa chambre par l’extérieur. C’est pratique, on ne dérange personne, mais bon…
Le matin, on se lève, une douche, et c’est reparti ! On conduit tout le temps jusqu’en Espagne, jusqu’à Vitoria. Au programme, de splendides paysages que mon collègue conducteur n’a pas pu apprécier à leur juste valeur. Moi, j’ai pu faire ces quelques photos que je vous montre :) Après Bordeaux, c’est la forêt des Landes qui commence, et qui va nous accompagner jusqu »au Pays Basque. C’est fou comme ce paysage peut ressembler parfois au Portugal : de gigantesques pinèdes au bord de la mer… Mais c’est beaucoup plus plat. La route est longue, on peut le dire que l’Aquitaine en autoroute, à 130 km/h peut être d’un ennui parfois… l’arrivée au Pays Basque est presque une délivrance.
Il y a beaucoup moins de différences de paysages entre le Pays Basque espagnol et français, qu’entre le Pays Basque français et le reste de l’Aquitaine. On comprend un peu pourquoi les Basques ont un tel sentiment d’autonomie… Leur pays est magnifique. Lorsque l’on sort des Landes, et que l’on voit se dresser, au bout de la route, le début des Pyrénées, majestueuses, qui se jettent directement dans la mer, il y a de quoi rêver. La route est longue, mais au Pays Basque, elle est plus facile. Du moins depuis quelques années et la construction d’une longue série de tunnels qui passent directement sous la montagne. Je me souviens avec émotion des routes de montagne, lorsque j’étais gamin, aux virages interminables et dangereux. Aujourd’hui, le principal ennui, ce sont les nombreux péages à cet endroit.
Les péages sont une coupure lors d’un long voyage non négligeable. Un changement de rythme qui réveille. Mais ils sont toujours redoutables, avec toutes ces voitures, ces camions qui ralentissent et qui font la queue. Il n’est pas rare d’avoir le droit à d’authentiques embouteillages, comme ce fut le cas lors de notre voyage retour! L’énorme péage de Saint-Arnoult, où plusieurs autoroutes se croisent, fut atroce. Mais bon, atroce parce qu’on veut juste se remettre à rouler, pas pour rester coincer derrière des voitures. Les péages ont aussi l’énorme défaut de vous demander de l’argent :D 81,97 euros de péage au total pour le voyage aller, ce n’est pas rien, surtout si on additionne le prix de la location de voiture et l’hôtel, qui n’étaient pas prévu au budget initial de notre voyage en avion.
Plus on descend vers le sud, et plus on croise des camions qui viennent du Portugal. C’est dingue le nombre de camionneurs portugais sur ces routes! Les aires de repos sont également colonisées par des portugais, c’est un peu le parfum du pays avant l’heure. De nos jours, avec la fin des frontières, où seul un dernier péage français et une simple plaque espagnole t’indiquent que tu changes de pays, on a de plus en plus de mal à vraiment savoir quand est-ce qu’on quitte un pays pour un autre : le bitume est identique des deux cotés, les aires de repos parlent toutes les langues des deux cotés. Pour faire un voyage culturel, il vaut mieux passer par la nationale : on va moins vite, mais on ne paie pas d’autoroutes, et on découvre de biens jolis paysages. C’est ce que nous avons fait au retour, entre Bordeaux et Poitiers. Ici, la route nationale 10 est très bonne, avec juste quelques endroits moins « rapides ». On peut rouler à 110 km/h, et surtout, la route est plus directe, car on passe par Angoulême. Pour 20 km/h de moins en moyenne, ça vaut le coup, vu les économies : c’est 20 euros de péage si on passe par l’autoroute, sans compter le carburant consommé en plus.
L’Espagne est un grand pays. Il sera aussi long à traverser que la France, avec des paysages qui, à partir de la route qui relie Burgos à Vitoria, peuvent être aussi monotones que les Landes : c’est la Meseta espagnole. Du point de vue du conducteur, c’est le bitume qui succède au bitume. Du point de vue du photographe, c’est un peu différent. Il y a le temps de regarder cette maison isolée, cette ferme, ce nid de cigogne. Sans doute pouvons nous aussi voir ce petit village avec son église en pierre. Nous reviendrons sûrement ici, pour un voyage culturel : on s’arrête de ville en ville, pour visiter et découvrir. L’arrêt à Vitoria pour échanger de conducteur, faire le plein et manger un peu ne nous a pas vraiment donné envie de tenter l’expérience à nouveau : le restaurant de l’aire d’autoroute était sale, avec beaucoup de fumeurs. Il semble qu’en Espagne, il ne soit pas encore interdit de fumer dans un espace public dédié à la restauration. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai horreur d’avoir l’odeur de tabac dans les narines quand je mange.
A partir de Vitoria je prends la voiture, et je conduis tout le long jusqu’à la destination finale. On passe par Burgos, Valladolid, Salamanca… toutes des villes qui sont sans doute fascinantes à visiter, mais qui, pour un franco-portugais, représentent surtout des étapes sur une autoroute. On sait que lorsque l’on arrive à Salamanque, nous sommes presque au Portugal. Encore plus à Ciudad Rodrigo. Les autoroutes en Espagne ne sont pas chères. A part au Pays Basque, où on paye pour chaque tronçon de route, le reste du pays permet de traverser de très grandes étendues sans rien payer.
Lorsque l’on arrive au Portugal, on le sait uniquement parce que l’on traverse sous les anciennes douanes, qui ont juste été conservées par symbolisme. Il n’y a plus de barrière, plus de police qui contrôle, plus de frontière, plus rien. Il peut bien y avoir des policiers qui surveillent, mais ils ne vous arrêteront plus comme avant. Et je trouve ça génial! On rentre dans la première ville portugaise, Vilar Formoso, comme on entre dans n’importe quelle autre ville : pas de passeport, juste une voiture qui roule sur la route. Par contre, on voit qu’on est arrivé au Portugal : l’autoroute est finie. Il va falloir chercher un peu notre route pour aller à Leiria. On décide de faire un peu de tourisme final, je sais à ce moment là que nous arriverons à temps pour dîner. En passant par Mangualde au lieu de Aveiro, on peut regarder un peu les très beaux paysages du Centre du Portugal… :D Au retour, en revanche, comme nous sommes partis de nuit, pas de questions : on passe par Aveiro puis Viseu, l’autoroute est en excellent état et c’est plus rapide.
Il aura fallu deux pleins et demi pour faire le voyage de Paris à Leiria. Soit 125 euros de carburant environ. On doit également ajouter les 80 euros de péage, et la nuit d’hôtel, à 65 euros. Au total, sans même parler des frais de la voiture, nous avons déboursé pour venir 270 euros, à deux. On commence à faire des économies si on est plusieurs à se partager les frais ;)
Petite astuce, ou pas : il vaut mieux dormir en Espagne qu’en France, tout comme il vaut mieux faire le plein en Espagne qu’en France. Le gazole y coûte 20% de moins. Pour dormir, les hôtels ne sont pas avares en espace (notre chambre était énorme), et ont le bon goût d’être moins chers : 55 euros. Ensuite, il y a toujours la possibilité de faire tout le voyage d’un seul coup, comme beaucoup de mes cousins. Mais pas pour cette fois en ce qui nous concerne : on était pas préparés. Une prochaine fois sans doute, maintenant qu’on a vu qu’au final, c’est pas si terrible que ça un voyage en voiture vers le Portugal, si on a une voiture récente et de la patience ! :D
Mots-clefs : argent, franco-portugais, voiture, voyager























30 avril 2010 - 10 h 28 min
Ton récit est exactement ce que je vis tous les ans, quand je descends également en direction de Leiria.
Ce voyage, je l’ai fais également depuis tout petit avec mes parents, tous les ans, avec les fameux Pyrénées dont tu parles et ces routes dangereuses, et le fossé pas loin des roues de la voiture (ne parlons pas des poids lourds qui arrivaient en face…..). Je me rappelle aussi des interminables bouchons en Espagne car il y avait souvent des accidents, et la clim, à l’époque, n’existait pas. Vive le petit ventilo sur le tableau de bord. C’est pour celà d’ailleurs que les parents partait le soir, pour éviter la canicule de l’Espagne.
Mon père faisait le trajet tout seul, d’une traite (ma mère ne conduit pas), et les arrêts se faisaient pour le minimum (pipi, et manger). On mettait plus de 20h pour arriver.
Aujourd’hui, je fais la même route mais de jour, et on mets un peu moins de 18h; je part tôt le matin. Je ne part pas la nuit car je ne tiens pas, je m’endort relativement vite. Avec les enfants derrière, je préfère ne pas prendre de risque.
Je prends l’autoroute tout le long, de Paris à Leiria (sauf les Landes, limité à 110 mais passage obligatoire. Très jolie paysage effectivement). Tout se fait dans le confort.
Comme tu le dis, l’ennui est le pire ennemi, surtout en Espagne avec ces routes droites, en plein soleil. Tu te dis que le moindre pépin avec la voiture va te coûter une séance de bronzage en plein cagnard. Les stations d’essence sont nombreuses, mais trop peu se trouvent directement en sortie d’autoroute. Beaucoup de panneau t’indique des stations en pleine ville et j’ai déjà perdu 1h comme ca, à chercher une station.
Enfin, ce trajet est pour moi comme un pélérinage. Pour le moment, ca ne me dérange pas de le faire, s’apprécie beaucoup, même si j’accuse au niveau fatigue en arrivant (une Super Bock / sardinha et HOP, dodo).
Merci à ton billet qui me fait revivre ce voyage :)
1 mai 2010 - 4 h 14 min
Muito bonito, este blogue; e com a essência certa…
Abraço.
10 mai 2010 - 1 h 15 min
Moi aussi, j’y vais en voiture. J’aime pas les avions car je n’aime pas ce que je ne maîtrise pas!
Et il y a 2100km entre l’endroit où je vis et la ville qui m’a vue naître, Nazaré! Et franchement c’est bien long. Alors je mets à peu près cinq ans à m’en remettre!
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Merci pour le partage et bonne semaine*******
14 novembre 2010 - 21 h 05 min
MOI je suis luxembourgeois d’orirgine portugaise et espagnole ET chaque npel est paques je descend en voiture au portugal direction Evora (Alentejo) je pars avec mon pere (car jai que 13
10 janvier 2011 - 0 h 23 min
Bonjour,
Merci pour ce récit de voyage: on s’y croirait. Après avoir vécu 3 ans au Portugal (Aveiro) pour le boulot de mon père, j’y retourne tous les ans depuis 1984! C’est dire, si les routes, je les ai vues évoluer… J’ai donné le virus à mon mari puis à ma fille, qui aujourd’hui apprend le portugais au collège tellement elle aime ce pays.
Maintenant, nous partons avec une caravane (en 2 jours) pour découvrir les coins les plus reculés et les plus typiques de ce pays.
Quand parfois nous y allons aux petites vacances, nous descendons en une seule fois (environ 18h pour 1650km)) en respectant les limitations de vitesse. Notre fille, qui y va depuis l’âge de 3 mois, rêve en regardant la route…
Saudade quand ut nous tiens
Ah oui, nous avons fini par faire une halte à Burgos et à Salamanca: c’est vraiment une belle ville, c’est à voir!
10 juin 2011 - 16 h 55 min
bonjours… bom ma question c’est de savoir combien je vais paye de luxembourg jusqu’au portugal avec une voiture a escance? parcque c’est ma premier fois… et j’aimerais bien savoir si c’est tres chair ..
1 juillet 2011 - 19 h 33 min
moi je abite on france je suis depuis l’age de 14ANS je suis net a aveiro ma ville de naissance
7 août 2011 - 22 h 57 min
Moi je Parts Samedi ou Dimanche en Voiture Pour Leiria et comme a chaque Fois le stress du voyage mais en arrivant c la joie de pouvoir être chez soit
16 avril 2012 - 17 h 13 min
J’ai fait maintes fois ce trajet avec mes parents sans jamais prendre l’autoroute ni clim. La France ça allait, mais l’Espagne c’était long et monotone.
Ca me dirais de refaire ce trajet au moins une fois.